PIERRE SOULAGES né le 24 décembre 1919 à 13H à Rodez

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Pierre Soulages a eu 100 ans le 24 décembre dernier. Né sous le signe du Capricorne dont la planète régente est Saturne, il a déjà accompli 3 cycles de cette dernière comme autant de boucles cristallisant son œuvre dans une rare pérennité.

Si l’Astrologie gagne encore à être étudiée, approfondie, considérée, c’est pour le regard qu’elle porte sur l’expression de ce qui est singulièrement humain c’est-à-dire le geste créateur et ses productions inattendues, incomprises souvent, car si près du mystère de l’être qu’il est vain et prétentieux d’en vouloir analyser les causes et les fins.

Par le thème astral, filigrane perceptif et vibratoire faisant apparaître le tissage et le rythme de destinées exceptionnelles, l’Astrologie fait surgir le sens et en reçoit à son tour la substance qui nourrira encore et encore sa matière-pensée, trop encombrée par les théories d’écoles et systèmes divers, afin de ne retenir que l’essentiel destiné à lui garder sa place unique et éternelle : relier l’homme terrestre à son origine astrale.

L’homme est aussi le fruit d’un terroir, pour Soulages c’est l’Aveyron. Monuments romans, dolmens, menhirs gravés, sont le paysage de sa jeunesse. Une visite de classe à l’abbatiale de Conques fait impression : « J’étais là à un point précis du transept, absolument transporté par ce que j’étais en train de voir. La musique des proportions, l’espace architectural, l’émotion. »

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Il a douze ans, au retour cyclique de Jupiter quand dans cette magnifique Abbatiale de Ste Foy de  Conques naît en lui le désir de devenir artiste. Signe de cette orientation fondamentale et déterminée, une pleine Lune, à douze ans, dans l’axe essentiel du thème, Milieu du Ciel-Fond du Ciel, ici, à 14° du Capricorne et du Cancer, axe solsticial, et pour Soulages commencement d’une longue gestation créatrice qui n’en finit pas de décliner ce moment initial pour le conduire vers un accomplissement toujours à atteindre  l’amenant parfois à brûler les toiles (été 2008) qui ne répondent pas à cette sévère exigence. Il a pris comme profession de foi esthétique, le « pur rien » du troubadour Guillaume d’Aquitaine qui dit l’insatisfaction perpétuelle du créateur. Le Soleil est en Capricorne et en secteur 9 dans le thème de naissance, la Lune est également en Capricorne, dixième signe du zodiaque et en maison 10. L’encadrement du Milieu du Ciel en Capricorne entre le Soleil en maison 9 en Capricorne et la Lune en maison 10 en Capricorne est une configuration rare. (Le peintre Georges Matthieu a également un Milieu du Ciel en Capricorne mais la Lune est en Vierge et le Soleil dans le Verseau). Les aspirations sont fortes, tenaces, tendent vers un absolu. Le secteur 9, domaine de l’abstrait reçoit au moment le plus sombre de l’année, un soleil hivernal qui porte la puissance créatrice de Soulages (soleil est maître de la maison 5 en Lion, cinquième signe), vers une lumière au delà du noir, l’ « outre noir ». « Outre noir » dit Soulages pour dire un au-delà du noir, une lumière reflétée, transmutée par le noir, « outre noir qui cessant de l’être devient émetteur de clarté, de lumière secrète, « outre noir », un champ mental autre que celui du simple noir ». Les deux luminaires culminant dans le thème de Soulages rappellent les deux lumières contenues dans l’idéogramme chinois Ming, l’une de type Yang, produite par une source lumineuse chaude et qui éclaire vers l’extérieur, l’autre de type Yin, lumière lunaire, froide, éclairant l’intérieur. (Lune maître du secteur 4 en Cancer, vie inconsciente portée au Zénith du secteur 10).

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Saturne est en  vierge partageant avec le Capricorne natal et avec l’Ascendant Taureau, l’élément Terre. Enracinement, sensation, propension à explorer diverses techniques, à provoquer la matière, à la creuser, à la griffer en attente de l’inattendu, fabriquer ses propres outils, verre, papier, afin d’intensifier, de développer de préciser ce qui surgit de manière fortuite. Puissance créative du maître d’Ascendant, Vénus en Scorpion qui échange son domicile avec un Mars adouci et équilibré en Balance. Il dit :« Les matières que j’utilise sont proches de ce qui m’est fraternel : la terre, les pierres, les vieux bois, le goudron, le fer rouillé… » L’action corrosive de l’acide a, dit-il, quelque chose qui appartient au Temps (Saturne encore) qui use et détruit les choses, il provoque en quelques minutes des formes que le temps mettrait des siècles à produire, c’est « du temps piégé par une matière ».

Soulages, solitaire, n’appartient à aucun groupe, à aucune école, il passe le concours des Beaux Arts à Paris mais n’intègre pas l’école, persuadé qu’elle dispense un enseignement médiocre et rentre à Rodez. (Mercure maître de Saturne dans son thème passe à ce moment là à l’opposition de Pluton, mais plus fondamentalement, la Lune culminant en maison 10 dans son thème de naissance est encadrée par le Soleil en Capricorne et Uranus dans son signe le Verseau, inclinant au non conformisme et à l’émancipation.)

A 27 ans, au moment du retour de la Lune à sa place natale, en 10 (l’activité professionnelle), il se consacre entièrement à la peinture. Dès 1948, à 29 ans il participe à des expositions et en 1949-1950 (Saturne a accompli une première révolution), sa première exposition personnelle à Paris a eu lieu et ses toiles commencent à entrer dans les plus grands musées du monde. L’étranger accueille son œuvre avec ferveur et Soulages voyage et séjourne au Japon, au Cambodge, en Inde, au Pakistan… (La Lune indice de popularité, de fécondité est en maison 10, la carrière. Le soleil symbole de succès, d’autorité est en maison 9, le lointain,  Jupiter symbole de réussite, de profit est maître de le secteur 9 et se trouve dans le signe solaire du Lion et en secteur 5, la création).

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Le tournant de 1979 est toujours souligné dans son parcours comme un moment de rupture, selon ses propres termes, Soulages passe alors à une « peinture autre », le noir lumière, la lumière y est reflétée, transformée par le noir. Il dit : « Peindre avec le noir c’est le moyen le plus véhément de faire naître une lumière, une lumière mais picturale, c’est-à-dire émanant de la toile, modulée par la nature et la qualité des contrastes qui l’ont fait naître. Le noir est une couleur de lumière ». En 1979, Soulages à 60 ans et sont accomplis deux cycles Saturniens. Le sixième signe de la Vierge occupe le secteur 6 et reçoit Saturne rétrograde, mobilisant les aspirations essentielles du secteur 10 vers un opus alchimique intériorisé et jamais achevé, tendu vers une ascèse des moyens et des formes. Ce tournant dans sa peinture, l’Astrologie le situe deux ou trois ans plus tôt, au moment d’une nouvelle lune progressant à la conjonction d’Uranus symbole de rupture, car la gestation de l’œuvre comporte des résurgences et des courants de fonds que l’on remarque dans les reprises de thèmes antérieurs, de procédés déjà utilisés : c’est ainsi que Soulages distingue dans sa recherche trois voies du noir : le noir sur fond, le noir associé à des couleurs, la texture du noir (outre noirs), ces trois voies s’entrelaçant, tantôt en suspens, tantôt reprises. Du charbon des dessins pariétaux dont ses Brou de noix des années 1947-49 tirent leur origine, jusqu’aux vitraux de l’abbatiale de Conques, la quête est la même, la révélation de la lumière au cœur de l’obscurité la plus intense, quête dont son thème de naissance est le blason.

En 1986, une commande d’Etat engage Soulages dans un travail de 8 années qui va consacrer sa carrière en ce lieu même où elle prit sa source 55 ans plus tôt. En cette abbatiale dont la beauté l’avait tant bouleversé, il dit avoir évacué le côté émotionnel (Lune en Capricorne) pour analyser froidement et précisément le bâtiment,(Saturne en Vierge) ce travail préparatoire scrupuleux correspond à la progression du Soleil et de la Lune en opposition, pleine Lune de 14° de la Vierge à 14° des Poissons, mettant à nouveau en évidence Saturne natal. Le récit de cette aventure par Soulages lui-même, est passionnante tant elle permet de comprendre le processus de réflexion et l’inventivité à l’œuvre. Soulages est amené à créer un verre particulier et deux états de cette matière, opaque comme la pierre ou bien transparent, état dits amorphe ou cristallisé, à la recherche d’une qualité métaphysique de la lumière.

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Pour Pierre Soulages, « l’œuvre vit du regard qu’on lui porte. Elle ne se limite ni à ce qu’elle est ni à celui qui l’a produite, elle est faite aussi de celui qui regarde. Ma peinture est un espace de questionnement et de méditation où les sens qu’on lui prête peuvent venir se faire et se défaire ». Le rapport artiste-œuvre-spectateur est une construction réciproque, affirmation inscrite dans la position du maître d’Ascendant Vénus en secteur 7, celui de l’échange, du dialogue et Mars maître de Vénus dans le septième signe, la Balance.

Artiste exceptionnel, artiste expérimental qui n’en finit pas de chercher et qui avoue « c’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche », Soulages aura son Musée à Rodez au printemps 2014. Là encore l’Astrologue s’émerveille de repérer que l’Ascendant au début du Taureau à la naissance rejoint maintenant, par progression, la place occupée par la conjonction Jupiter – Neptune en Lion  en signe et en maison  de création.

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L’enfant qui commença à peindre à 5 ans préférant tremper son pinceau dans l’encre noire plutôt que dans la couleur s’est construit à travers son œuvre,  cathédrale romane dont l’intériorité dense et profonde semblable aux grottes obscures de Pech-Merle, de Font-de-Gaume, d’Altamira ou de Lascaux, nous révèle au plus profond de cette obscurité originelle la trace d’un  chemin vers notre lumière.

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Quatuor pour un seul signe : le Scorpion LUCHINO VISCONTI

Luchino Visconti

« Je suis venu au monde le jour des morts par une coïncidence qui restera toujours scandaleuse » (Luchino Visconti), le 2 novembre 1906 à Milan, le jour des défunts, dans une ville où les Visconti ont régné pendant des siècles arborant sur leur blason une guivre dressée, ondoyante et dévorant un enfant. Le dévore t-elle où le met elle au monde ? Gérard de Nerval écrit qu’elle est « une mère cosmique qui engendre l’enfant verbe » et pour Visconti « Mourir ou naître c’est la même chose », les chaldéens n’avaient-ils pas un même mot pour désigner le serpent et la Vie. C G Jung dit encore qu’il symbolise l’obscurité du psychisme, ce qui est rare, incompréhensible et mystérieux.

Impressionné par ce totem familial partout représenté (sur les portraits, les meubles, les livres ou les cartouches de pierre), Visconti ne cessera d’en exprimer la complexité tout autant que celle de son ciel de naissance, riche des contrastes d’une personnalité puissante, terrifiante souvent, généreuse et tourmentée aussi.

Le Soleil est en Scorpion face à la Lune en Taureau, tension féconde entre un psychisme qui, d’une part, se plait à fouiller les ressorts morbides de l’être humain et les siens aussi, d’autre part, tente de maîtriser une sensibilité secrète et féconde imprégnée de la souveraine image maternelle de Donna Carla, qui donne à ses enfants une éducation raffinée, disciplinée, musicale surtout. Visconti se rappelle : « Peut-être est-ce là mon souvenir le plus cher ; je vois encore le reflet de la lumière incertaine sur mon violoncelle. Je sens le poids léger de la main de ma mère sur mon épaule ». Les Visconti ont leur loge attitrée à la Scala, à gauche de la scène, tout près de la fosse d’orchestre. Luchino baigne dans le monde féerique, de l’opéra et du théâtre. Verdi, Puccini, Wagner ou Strauss exaltent sa vie d’enfant et d’adolescent.

Pluton est à l’Ascendant Gémeaux. Astre des destructions et des transformations, il accentue  l’attirance de Luchino Visconti pour les histoires qui s’achèvent et les êtres qui se détruisent, pour les univers sombres et les méandres psychiques empruntés par un mal incarnant sa toute puissance. Il trouvera en Sartre, Camus ou Dostoïevski les leitmotivs obsédants d’Ossessione (Les amants diaboliques), des damnés (La chute de dieu, transposition germanique de Macbeth), de Rocco et ses frères (L’idiot de Dostoïevski) et de Mort à Venise d’après l’ouvrage de Thomas Mann. Chaque film a une source littéraire. Son chef  monteur, Mario Serandrei dit qu’il  « se sert de la pellicule comme l’écrivain se sert de l’encre », l’Ascendant étant en Gémeaux, Mercure en Sagittaire au trigone des nœuds lunaires occupant l’axe de la pensée et des moyens de créations et leurs  maîtres, Soleil et Saturne, en aspect bénéfique.

Le travail est essentiel pour le cinéaste, c’est dans ce domaine, le secteur 6, qu’il exprime sa nature profonde, l’endroit et l’envers du Scorpion, son intérêt pour l’implication sociale et politique dans les destins individuels et familiaux, une créativité hors norme, infatigable  et  par l’affrontement de Mars dans le septième signe avec Uranus en secteur 7, l’impossibilité de construire une vie sentimentale paisible, d’instaurer des compromis avec ses acteurs qu’il dresse et dompte comme les chevaux de son écurie, mêlant tyrannie et adoration , générosité et humiliation, la propension de ses films à déclencher des scandales, des polémiques et l’intervention de la justice.

Saturne érigé au zénith forge son  goût de la discipline militaire, de la perfection mais aussi dans le signe des Poissons, l’attirance pour les « vaincus », les victimes et les sacrifiés. Cette planète rythme l’existence de Luchino Visconti, elle scelle à 29 ans son premier élan amoureux vers Irma une jeune aristocrate dont la famille s’oppose au mariage. Après cette déception, Visconti se tournera vers des amours masculines. De la même façon que Marcel Proust, il vivra son homosexualité comme une malédiction et la sublimera dans une conception métaphysique de la Beauté : « Poser les yeux sur la beauté c’est déjà poser les yeux sur la mort » dit-il. La trentaine c’est aussi la rencontre avec Jean Renoir dont il devient l’assistant à Paris et qui lui transmettra ses convictions communistes. A son retour en Italie, son regard sur son pays d’origine en est bouleversé.  Au deuxième retour de Saturne à la soixantaine, la rencontre avec le jeune Helmut Berger, donnera un nouvel élan à son œuvre. « J’écrirai des histoires pour toi » lui dit-il. Le premier rôle qu’il lui confie est celui de Martin  dans « Les damnés ». Il sera sublime dans l’incarnation du Roi Lune, Louis II de Bavière.

Jupiter conduit le cortège planétaire. Sous sa gouverne : Saturne au milieu du Ciel en Poissons, Mercure et Vénus en Sagittaire, ces trois planètes gouvernant chacune les autres planètes. Jupiter en Cancer met en évidence l’attachement fidèle de Luchino Visconti aux traditions familiales, « La famille, une sorte destin auquel il est impossible d’échapper » dit-il,  l’abondance et la luxuriance des étés passés  au bord du Lac de Côme, lieu de villégiature de l’aristocratie milanaise dont André Suarès disait : « Partout, la montagne y enferme un monde clos sur son bonheur ». Grazzano et son château médiéval, témoin de l’histoire belliqueuse des Visconti, Grazzano et son château pour lesquels le comte Giuseppe Visconti,  père de Luchino, déploie des trésors de créativité, de générosité et d’inventivité, ses talents d’architecte et de metteur en scène. Décor de rêve, ferment de l’imagination de Luchino et de son inscription dans un temps long qui guidera ses œuvres vers l’axe vertébral de Saturne, astre du temps, trônant au plus haut du ciel natal. Cernobbio surtout, du côté maternel : La somptueuse villa Nuova construite à la fin du 19ème siècle et la villa Vecchia inhabitée. Jupiter conjoint à Neptune donnera à cette magnificence héritée, une expression esthétique évidente dans des films comme Mort à Venise ou Le Guépard mais aussi une connotation de décadence, de déliquescence attachées à la présence de Neptune et de Pluton et à la pesanteur de Saturne en Poissons qui, en quête d’absolu, rend vulnérable aux événements porteurs de déclins, de cassures, de sacrifices.

A suivre ….

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Jacques Offenbach Bi-centenaire de sa naissance.

Jacques Offenbach

L’œuvre de Jacques Offenbach a souffert d’un malentendu qui perdure. Il était pour ses contemporains et il est encore pour un public mal informé, un musicien superficiel, auteur d’hilarantes bouffonneries. Caricature injuste pour ce talentueux compositeur dont l’œuvre pour le théâtre lyrique est composée de deux fois plus d’ouvrages sérieux que de fantaisies comiques. Cette confusion est  sans doute la conséquence d’une personnalité contradictoire et des facettes arlequinesques qui la composent.

thème astral de Jacques Offenbach

Gémeaux par la position du Soleil à sa naissance le 20 juin 1819, Gémeaux aussi par la position du facétieux Mercure, astre qui joue à cache-cache avec le Soleil, tantôt visible tantôt disparaissant, quelquefois brûlé par la lumière de ce dernier, ici, médiateur intelligent et distancié, prompt aux déguisements qui révèlent, aux dissimulations qui mettent à nu des vérités pas bonnes à dire autrement. Gémeaux encore par l’Ascendant, renforçant l’expression enjouée de ce signe printanier où le Soleil avance vers sa plus haute élévation. Gémeaux presque, par la Lune qui bascule d’un signe à l’autre, enceinte de la prodigieuse et talentueuse récolte de Vénus en Taureau qu’elle confie à l’habileté primesautière de Mercure en Gémeaux.

Portant tout le zodiaque en nos profondeurs psychiques, nous sommes invités à en extraire un enseignement individuel mettant au jour nos contradictions et conflits internes. Chaque signe du zodiaque marque ainsi une étape sur le long et inépuisable processus de conscience symbolisé par la course du Soleil qui le traverse en quatre saisons. Du Gémeaux il est commun de mettre en avant la dualité comme si ce signe du Zodiaque en portait l’exclusivité, or en présentant aux autres  et en pleine lumière, une image  de nous-mêmes presque toujours la plus utile pour l’estime que nous voudrions qu’ils nous portent, nous laissons dans l’ombre d’autres aspects quelquefois moins flatteurs ou bien non assumés mais qui recèlent souvent notre meilleure part et la plus riche de sens.

Le thème du masque parcourt toute l’œuvre d’Offenbach, il l’a apporté dans ses bagages en venant de Cologne sa ville natale, la ville du carnaval. Dans son Histoire de l’Opéra, René Leibowitz écrit : « Même pour le public contemporain d’Offenbach qui riait parce qu’il se reconnaissait sous les déguisements divers des personnages d’Orphée, de la Belle Hélène ou de la Vie parisienne, la vue même de ces spectacles devait receler une certaine ambiguïté. Ce public riait -c’est un fait- mais il riait parce que ce qu’il voyait était risible et puisqu’il s’agissait de lui-même, c’est donc qu’il était lui-même risible et s’il était lui-même risible c’est donc que tout cela contenait également une part de tristesse ». Par ailleurs, dans son ouvrage consacré à Offenbach, Robert Pourvoyeur  nous rappelle que le théâtre a toujours présenté deux visages, chez les Grecs, Thalie et Melpomène, la Comédie et la Tragédie. Ces deux visages, Offenbach les assume pleinement dans sa création  mais aussi dans son caractère.

La mobilité de Mercure à l’orient du thème de naissance s’exprime dans la vivacité du rythme qui anime l’existence et l’œuvre d’Offenbach. Vivacité de son apparence bigarrée savamment soignée pour attirer la curiosité, vivacité des rythmes musicaux qui rappellent la cadence des trains tant de fois empruntés pour parcourir l’Europe, vivacité dans la multiplication des tâches et responsabilités qu’il s’impose sans relâche, menant en même temps plusieurs partitions, veillant sur sa publicité, voyageant, discutant finances, tout cela magnifiquement orchestré et organisé car soutenu par Jupiter qui occupe le Milieu du ciel, veillant à l’objectif  majeur : la réussite. Mercure en aspect d’Uranus et en accord avec Jupiter en Verseau, se signale aussi dans l’inventivité avec laquelle le musicien utilise la prosodie de la langue française qui n’est pas sa langue maternelle dont il a acquis une maîtrise parfaite mais qu’il affuble d’un accent pittoresque.

 

A suivre ……

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Quatuor pour un seul signe : Le Scorpion Auguste Rodin

Auguste Rodin

Scruter le ciel de naissance d’Auguste Rodin, en dégager les lignes de forces, le sculpter  à sa manière, y ajouter de la matière, en supprimer autant, pousser la pensée jusqu’au déséquilibre, jusqu’au déraisonnable, douter aussi d’une interprétation inachevée qui tente d’approcher le génie d’un artiste sans le trahir, mimer ce geste singulier qui cherche passionnément le secret du modèle offert, sa vérité par-dessus tout, au risque de lui déplaire, extraire de ce ciel ce qui en constitue l’essence, le donner à voir et à comprendre, trouver dans la laborieuse réflexion sur un ordre cosmique paradoxal, d’abord le reflet des aléas d’une vie, puis une manière juste et sincère de s’émerveiller du dialogue entre nous et lui grâce à cette dimension astrale symbolique, métaphorique, analogique, artistique aussi, sans laquelle le sens s’effondre et désenchante nos existences.

Thème astral d’Auguste Rodin

Le signe du Capricorne est à l’Orient du ciel natal donnant à Saturne tout pouvoir sur la lente gestation et l’architecture d’un destin très tôt marqué par l’injonction paternelle : « Il faut mon cher Auguste songer à avoir une tête car il s’agit pour toi de te créer un avenir solide et durable…. » « .. qu’un jour à venir on puisse dire de toi comme de ces grands hommes, l’artiste Auguste Rodin est mort, mais il vit pour la postérité présente, future et à venir. C’est ainsi qu’après la mort on vit. C’est ainsi que l’histoire vous fait vivre dans les siècles à venir. Courage, courage… La postérité vous rend témoignage, Auguste Rodin n’est plus mais il vit dans nos cœurs et il n’est pas mort ». Le secteur 4 en Taureau, pose les fondations et renvoie à la conjonction Vénus Saturne dans le secteur 11, en Sagittaire, projetant la création, les espoirs, les amours aussi, vers une tension idéaliste, érigée comme la flèche des cathédrales tant aimées du sculpteur, minuit céleste d’un désir jamais assouvi, cherchant dans la materia prima de l’argile malaxée, triturée, violentée, chair contre chair, la fécondité d’un opus qui voudrait édifier un nouveau monde dans la plénitude d’un soleil culminant à l’approche de Jupiter dans le signe du Scorpion.
Soleil dans le décan talentueux du Scorpion, inondant le Zénith de sa lumière et procédant vers Jupiter astre de la réussite, de l’expansion, de la pléthore aussi, sous la maîtrise de Mars en huitième secteur dans le signe de la Vierge opposé à Uranus, donnant à l’énergie forcenée du Scorpion la discipline, le réalisme, la lucidité, le perfectionnisme d’un sixième signe soumis aux crises, aux pertes, aux convulsions d’un tempérament fougueux, dionysiaque,  entièrement accaparé par son geste créateur.

Lente fut la progression vers la gloire ; Rodin commença par l’artisanat ; de 18 à 22 ans il est mouleur et ornemaniste et fait ses gammes à « la Petite Ecole », est refusé trois fois aux concours des Beaux Arts, fort heureusement, évitant ainsi de tomber dans l’Académisme. Horace Lecocq de Boisbaudran directeur et brillant enseignant à la Petite Ecole apprendra à Rodin à dessiner de mémoire. Constant Simon lui enseignera « la science du modelé ». De ces précieux conseils il retiendra que« Toute vie surgit d’un centre, puis elle germe et s’épanouit du dedans au dehors » et enseignera plus tard à ses jeunes élèves à regarder avec les yeux de l’âme. Rodin aura l’art de dégager les lignes essentielles, talent inscrit dans sa signature saturnienne qui épure toutes formes. La vérité, la vérité avant tout, ne pas idéaliser la nature humaine, servir la Nature, le réel, sans chercher à l’embellir car « Dans la crispation d’une physionomie maladive,dans le ravinement d’un masque vicieux, dans toute déformation , dans toute flétrissure, la vérité intérieure éclate plus aisément que sur des trait réguliers et sains ». Du sculpteur animalier Barye, Rodin dira : » C’est tout de même de lui que j’ai le plus appris ».

A suivre….

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Quatuor pour un seul signe : Le Scorpion. Albert Camus

Albert Camus

Camus est un enfant de la terre algérienne mais plus encore de la méditerranée, mer au milieu des terres, mer amante,  associée au bonheur, indissociable du soleil, l’un et l’autre inondant l’œuvre de Camus de La mort heureuse aux Noces à Tipasa, de Noces  à l’Eté…et jusqu’au nom de L’étranger Meursault qui réunit mer et sol.

Le 7 novembre 1913 à 2 heures du matin, le signe de la Vierge est à l’horizon oriental. La Vierge, sixième signe du zodiaque à laquelle fait écho la Lune dans le secteur 6 mais encore la conjonction de Mars et Neptune dans le signe du Cancer où la Lune est à son domicile, inaugurent et clôturent du premier ouvrage au dernier resté inachevé, l’empreinte d’une mère, presque sourde, humble, illettrée, murée dans un silence animal.

De cet Ascendant Vierge et d’un Soleil en Scorpion, Camus exprime le sens critique, la précision du verbe, l’alternance du retrait et de l’offensive, du repli douloureux et des convictions tenaces. Cette ambivalence nourrit le besoin de mettre de l’ordre dans le monde dont la création personnelle veut être le reflet. Camus affirme avoir eu un plan précis lorsqu’il a commencé son œuvre, ce serait un triptyque articulé sur cette dualité : d’une part négative, sous trois formes : romanesque (l’Etranger), dramatique, (Caligula, le Malentendu), idéologique, (le mythe de Sisyphe), d’autre part positive sous trois formes à nouveau : romanesque (la peste), dramatique (l’état de siège, Les justes), idéologique (l’homme révolté) et il y aurait ajouté un autre thème, l’amour…..

Mercure est maître de l’Ascendant et du Milieu du ciel, double tropisme vers l’écriture. La vocation  d’Albert Camus naît à l’âge de 17 ans, moment où le zénith à progressé dans le signe du Cancer et où la Lune maître du signe se pose sur l’Ascendant progressant en Balance, tandis que le Soleil éclaire le Sagittaire où Mercure occupe le secteur 3, domaine des écrits, y affirmant sa présence pérenne. En filigrane de cet appel vers l’écriture il y a la mère « la recherche entière de Camus à travers ses essais, ses romans et ses pièces de théâtre se présente comme le palimpseste du silence maternel. Ce que la mère n’a pu confier à son fils, le fils le confiera à l’écriture » ( J F Mattéi) mais aussi le soutien de pères de substitution : Monsieur Germain son instituteur, Jean Grenier son professeur de Philosophie, plus précocement, son oncle Gustave Acault, boucher de profession et fou de lecture qui l’accueille chez lui et lui offre ses livres. Camus dira à la mort de cet oncle bienfaiteur : « Il était le seul homme qui m’ait fait imaginer un peu ce que pouvait être un père ».

La Lune en sixième secteur à la fin du signe du Verseau et dans un décan lunaire, procède d’Uranus dont elle assimile la révolte, l’indépendance et l’originalité tout en retenant la sensibilité et les désirs, contrainte par les aléas du secteur 6 lié à la santé et aux conditions de vie pénibles d’un milieu pauvre. La Lune s’oriente vers Saturne rétrograde qui construit et approfondit sans relâche les valeurs intellectuelles, élève la création vers la rigueur, s’efforçant de grandir en lucidité, laborieuse, tenace dans ses engagements. A l’âge de raison, la Lune rejoint Saturne et marque sans doute une prise de conscience de la souffrance maternelle et d’une communication impossible avec elle. La comprendre et l’aimer trouve alors sa sublimation dans un regard supérieur qui pour l’instant ne peut s’épancher  mais installe le terreau fertile de la création à venir.

L’axe du secteur 3 et du secteur 9 oppose Mercure à Saturne, Mercure en Sagittaire dans un décan mercurien oriente et ouvre la pensée vers des perspectives audacieuses, insurrectionnelles, à la conquête de plus de justice,  de plus de justesse, construisant par son aspect à Saturne une synthèse architecturale qui dépasse les clivages et refuse toute doxa. Saturne en secteur 9 en Gémeaux dans un décan attribué à Mars  obéit à la voix de la conscience, défend ses engagements, tirant sa force de l’opiniâtreté et de la puissance créative du signe natal, le Scorpion. La pensée est verticalité, elle est éthique. Mars qui chute dans le signe du Cancer est conjoint à Neptune, le combat est nourri par l’émotionnel et sourd d’un lien douloureux avec la mère, avec la patrie, la terre des origines. Camus fuit la violence barbare et vise une métamorphose plutonienne qui ne peut être qu’amoureuse du monde et contraire à la volonté de puissance. Camus érige sa pensée sur l’axe vertébral de Saturne en Gémeaux dont les thèmes camusiens expriment la dualité : L’exil et le royaume, l’envers et l’endroit, l’absurde et la révolte….balancement aussi dans la position de Mars force du verbe, tendu entre Neptune, octave de Vénus, planète compassionnelle, réceptacle de sensations et d’émotions océaniques, et  Pluton, force chtonienne destructive et régénératrice à la fois, tension encore entre Neptune fusionnel et Uranus fulgurant et libre qui répond à l’appel de Saturne en Gémeaux et conquiert la liberté d’une  pensée sans cesse à l’ouvrage.

Albert Camus

Albert Camus

L’ascendant qui va de Neptune à Vénus exprime un besoin d’affection, d’harmonie mais aussi les déceptions et trahisons dont Camus a beaucoup souffert. Tout au long de sa carrière les attaques seront incessantes surtout au moment de la guerre d’Algérie. Neptune est maître du secteur 7, il trouble le secteur 11, les amitiés, notamment avec Sartre au sujet du livre de Camus « l’homme révolté » dans lequel l’écrivain donne ses positions par rapport au régime communiste et que Sartre cloue au pilori. Camus réglera ses comptes avec son ami et les existentialistes dans La Chute dont Jean Claude Brisville ou même Michel Bouquet disent que c’est son « maître livre ».

A suivre…..

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Quatuor pour un seul signe : Le Scorpion . Marie Curie.

Marie Curie

L’année de naissance de Marie Curie, la Pologne, berceau de son enfance, perd son nom et prend celui de  « territoire de la Vistule », elle perd aussi la liberté de s’exprimer en sa langue, la Russie lui imposant la sienne.

Marie Sklodowski grandit dans une famille où les valeurs culturelles sont essentielles, l’argent  manque mais qu’importe, il faut apprendre, résister, s’élever. Le père de famille, professeur de mathématique et de physique, s’intéresse  à tout : littérature, musique, science. La mère est également enseignante.  Les 4 sœurs parlent 5 langues et déploient leurs talents en toute liberté. Bronia, maternelle, dévouée, est la préférée de Marie, elle sera sa confidente et son soutient aux moments les plus difficiles. Jozef le frère sera médecin.

Le 7 novembre 1867 à Varsovie, à 9 heures du matin, se lève  à l’horizon oriental le signe du Capricorne,  dixième signe du zodiaque en rapport avec le dixième secteur d’un horoscope, Saturne maître du signe est situé au zénith dans le signe du Scorpion. Cet ascendant dans le Capricorne et la position de Saturne astre du temps, prédestinent Marie à une ascension sociale lente, patiente et déterminée, rythmée par le cycle Saturnien. Une constellation de planètes au plus haut point de son ciel de naissance entourant le maître de l’Ascendant révèlent quelque chose d’extraordinaire. Le Soleil, Saturne, Vénus et Mars s’y rassemblent et focalisent une énergie hors du commun dans le signe du Scorpion.

 Thème natal de Marie Sklodowska Curie

Thème natal de Marie Sklodowska Curie.

Marie a très tôt une conscience intime de son destin, elle sera « Quelqu’un » mais elle dit aussi avec lucidité: « J’ai une nature difficile, une nature à vaincre ».  Quatre planètes dans le signe du Scorpion expriment toutes les nuances et ambivalences de ce signe : sur le plan de son projet de vie par la position du Soleil, sur le plan d’une orientation de ses aptitudes innées par la position de Saturne maître de l’Ascendant, sur le plan de sa combativité et de la force de son expression par la position de Mars maître du secteur 3, sur le plan des sentiments par Vénus, en relation dans son ciel de naissance, avec les origines, les racines et l’idéal affectif d’un secteur 9 en Balance.

Ces nuances et ambivalences tiennent à la fusion de ces planètes hissées au sommet du thème. Le Soleil y imprime son sens de la grandeur, son amour de l’inaccessible, l’estime de soi, la brillance intellectuelle, soutenus par Mars maître du Scorpion qui oriente son énergie, sa force et son engagement jusqu’au sacrifice de l’ego au nom de la science. Ambivalence parce que le Soleil va vers Saturne qui d’un côté favorise l’envergure scientifique sur le plan intellectuel de l’autre intravertit les sentiments par sa conjonction à Vénus en exil dans le signe du Scorpion, les approfondit, les cristallise tout en les intensifiant si fort que leur libération s’exprime dans la fulgurance de Mars. Vénus située entre Saturne et Mars expose Marie à des expériences douloureuses et violentes d’autant plus que Pluton destructeur les affronte depuis les ténèbres du  fond du ciel en Taureau : décès d’une de ses sœurs  Zofia à l’âge de 14 ans,  en 1876, Marie a 9 ans, décès de sa mère deux ans plus tard des suites d’une tuberculose, décès de Pierre Curie en 1906, Marie a 39 ans, et plus tard à 44 ans, liaison passionnée, tumultueuse, exposée cruellement à la vindicte publique et finalement brisée, avec Paul Langevin brillant chercheur, élève de Pierre Curie et si un jeu de mot est permis : « L’ange vain » de sa vie tandis que Pierre en a été la pierre d’angle avec son Soleil à 23 degrés du Taureau, éclairant l’obscurité du Nadir dans le thème de son épouse.

Mercure est dans le signe du Sagittaire menant la cohorte des quatre planètes en Scorpion, se repliant dans son mouvement lorsque Marie aura 5 ans, reprenant sa course directe lorsqu’elle en aura 24, cycle du retour de Jupiter à sa position natale : les portes de la Sorbonne lui sont enfin ouvertes. Mercure est conjoint à Mars dont il capte la capacité inépuisable d’effort intellectuel, en Sagittaire, orienté vers une expansion indépendante, volontaire, audacieuse et qui plus tard emmènera Marie vers des horizons lointains pour diffuser et universaliser ses recherches soutenues davantage par l’étranger que par la France.

A suivre…..

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Quatuor pour un seul signe : La Balance . Denis Diderot

Denis Diderot

Denis Diderot naît à Langres le 5 octobre 1713. Deux ans plus tard, c’est la fin du règne de Louis XIV et l’orée d’une longue période qui jusqu’à la Révolution française exaltera la raison, la science, la diffusion des connaissances, la lutte contre les injustices et la confiance dans le progrès. « Le siècle des Lumières, siècle un, profondément, mais combien divers. La raison éclaire tous les hommes, elle est la lumière ou plus précisément, ne s’agissant pas d’un rayon mais d’un faisceau, les Lumières. (Albert Soboul).

Ce faisceau se déploie en Europe, The Enlightenment au royaume uni, Die aufklarung en Allemagne, les Lumières en France, réunissant avec des nuances différentes une brassée d’esprits brillants dont  Denis Diderot,  maître d’œuvre de l’Encyclopédie, ouvrage magistral auquel il consacrera, contre vents et marées, plus de vingt ans de son existence, accompagné dans cette aventure par deux cent collaborateurs parmi lesquels Jean Le Rond d’Alembert, le baron d’Holbach, le chevalier Louis de Jaucourt, Jean Jacques Rousseau, Voltaire…

Le signe des Poissons occupe l’horizon oriental au moment de la naissance de Diderot. Langres est un évêché puissant, l’entourage est religieux, oncle chanoine, frère prêtre, sœur religieuse. Diderot étudie au collège jésuite de sa ville natale et  reçoit la tonsure à 13 ans puis accomplit un cycle complet de théologie à la Sorbonne.  Jupiter maître de l’Ascendant est astre de religion, le secteur 9 qui lui est dédié est situé dans le neuvième signe, le Sagittaire et occupé par Mars, renforçant très tôt la combativité intellectuelle de Diderot contre le pouvoir clérical et contre tous les préjugés. Au carré de son maître Jupiter, Mars affirmera son élan audacieux, non conformiste, bravant la Loi, affrontant des ennemis sournois, au risque de perdre la liberté. Jupiter en secteur 12, maître du secteur 9 pointe sur l’origine philosophique  des conflits  avec les jésuites, avec les autorités politiques et sur l’incarcération dans le donjon de Vincennes en 1749, au moment du retour cyclique de Jupiter tandis que  Saturne jette son ombre sur le Soleil progressé en Scorpion. Motif de cet enfermement ? La « Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient » dans laquelle Diderot affirme son athéisme et avance que la morale est liée à la sensibilité individuelle et par conséquent ne peut prétendre à l’universalité. Le Soleil entre Mercure et Mars, met en sourdine l’aspect conciliant de la Balance et expose le philosophe à des réactions et des haines violentes parce qu’il manque de souplesse et aime la polémique. Toutefois Jupiter bien situé dans son domicile, le signe des Poissons, adoucira les épreuves et les transformera en énergie pour mener à maturité la tâche intellectuelle colossale que représente la rédaction d’un ouvrage aussi complet que l’Encyclopédie. Jupiter maître du Zénith en Sagittaire, situé en secteur 12, ne permet pas une expansion  sociale rapide et sème la vie de Diderot d’épreuves, de sacrifices, de privations mais aussi de problèmes avec la Loi en relation avec l’aspect conflictuel entre Mars maître du Bélier intercepté en secteur 1,  maître du Scorpion sur la pointe du secteur 8 et Jupiter prisonnier du secteur 12 à l’opposition de Saturne en secteur 6. Pourtant, Mars et Jupiter encadrant un Zénith en Sagittaire, révèlent un Diderot déterminé à porter au plus haut un idéal philosophique de manière méthodique et infatigable.

Le Soleil est dans le septième signe, la Balance, en secteur 7 il met l’accent sur les associations, collaborations, les engagements et contrats et sur le mariage. Vénus en secteur 6, attaché aux moyens de subsistance, va au carré de Mars, Vénus est aussi maître du Taureau en secteur 2 attribué à l’argent, cette configuration présageant des difficultés domestiques et financières  lancinantes. Justifiées par la négligence et les liaisons nombreuses du philosophe, les querelles conjugales seront néanmoins apaisées par l’attitude de Diderot compréhensif et dévoué envers Nanette tellement indifférente à sa vie intellectuelle. Trois enfants  naîtront d’abord de cet attelage tumultueux, ils mourront en bas âge,  puis viendra en 1753 une fille, Marie Angélique : « Je suis fou de ma petite fille ! Ah, mon ami, le joli caractère, la jolie âme ! Quelle femme on ferait de cet enfant si la mère le permettait. ». (Denis Diderot). Lorsque Nanette aura des problèmes de santé, Diderot pourra se consacrer à l’éducation de sa fille. La Lune est dans le signe affectif du Taureau maître du secteur 5 (Les enfants, l’éducation) et fait un trigone à Vénus.

Parmi ces femmes, amies ou maîtresses, chères à Diderot la préférée est Louise Henriette Volland rencontrée en 1755. Il la prénommera Sophie (Sagesse) car c’est la muse parfaite, intelligente confidente, intéressée par la science et la philosophie, l’alter ego dont il rêvait, enclin par son signe de naissance, la Balance, à chercher un contre poids fécond pour mieux exprimer sa pensée et la formuler brillamment. Il dit à son sujet : « Elle a de l’esprit comme un démon ». La Lune de l’un et de l’autre sont conjointes, Le Soleil de Sophie est à 5 degrés du Sagittaire sur Mars de Diderot  tandis que Vénus dans le thème de Sophie est à 19 degrés de la Balance sur le Soleil de Diderot, ces conjonctions reflètent pertinemment l’harmonie de pensées et de cœur qui ne cessera d’animer l’échange épistolaire entre ces deux êtres souvent séparés l’un de l’autre.

A suivre…

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Quatuor pour un seul signe : la Balance – Les frères Lumière

Auguste et Louis Lumière

Une vie fraternelle sous un même aptonyme prédestiné : Lumière.  Les deux plateaux d’une même balance oscillant harmonieusement dans le partage et la complicité vers un but commun scellé à l’adolescence en un lieu magique : La Goule aux fées.

Auguste  naît le 19 octobre 1862, Louis deux ans plus tard, le 5 octobre, tous deux sous un Soleil en Balance, position équinoxiale où l’astre dit  en « chute », diminue les revendications égotiques pour mieux s’orienter vers la réalisation avec l’autre, avec les autres, dans un esprit  de concorde.  Ils ont 14 et 12 ans lorsque leur père photographe à Lyon les emmène voir la mer et leur confie son matériel. Dans une grotte obscure et magique, la Goule aux fées, les deux frères vont réaliser leurs premières prises de vues maladroites, se jurer de travailler ensemble et de partager le fruit de leurs créations.

Leur père Antoine a plusieurs cordes à son arc, il cumule des talents de peintre, de photographe, d’architecte, de commerçant, il chante, entreprend et mène ses affaires tambour battant, se construit une réputation solide dans les portraits photographiques réalisés dans un studio au rez-de- chaussée d’un petit immeuble qu’il se fait construire rue de la Barre et qui devient la boutique la plus élégante de Lyon.

Il forme le regard de ses fils qui une fois achevée leur formation dans un institut privé exceptionnel : La Martinière, seconderont leur père dans ses activités et prendront la relève lorsque ce dernier aura des difficultés financières mais aussi lorsque ses capacités inventives et scientifiques trouveront leur limite.

Un enseignement similaire à La Martinière, en une formation alternative qui épanouit leur capacité créative et forme leur jugement, leur pensée, chance inouïe pour ces deux enfants dont le ciel de naissance et l’hérédité n’auraient pas suffi à révéler les dons sans cette stimulation éducative, sans le paysage relationnel d’Antoine, franc-maçon, qui invite à la table familiale et reçoit dans son studio quantités de personnalités lyonnaises influentes. Le secteur 3 attribué à l’enseignement reçu, se situe dans le signe du Taureau pour Auguste, et son maître Vénus est bien situé dans la Balance conjoint à Jupiter maître du Milieu du Ciel. On comprend ainsi l’importance de cet enseignement et de cet environnement qui épanouit l’affectivité,  la sociabilité, déploie une sensibilité large, humaine, soucieuse d’équité, soutient le sens de l’ordre et de la méthode, des associations judicieuses favorisant la réussite. Dans le ciel de naissance de Louis, le secteur 3 est en Vierge, avec Mercure maître du signe sur la pointe de ce lieu dédié à l’enseignement reçu, tandis que plus avant dans ce secteur, le Soleil est conjoint à Saturne en Balance, Saturne étant en affinité avec le signe. Voici mises en valeur par cet enseignement les aptitudes réalisatrices, organisatrices, analytiques, habiles et pratiques de ce Mercure en Vierge tandis que le Soleil maître de l’Ascendant Lion met en valeur la créativité en lui donnant une envergure scientifique, abstraite, profonde, servie par le temps, la patience, l’approfondissement.

Thème astral de Louis Lumière

                                                                                      

Thème astral d’Auguste Lumière

 

 

 

 

 

 

 

 

Parler d’innovation, d’originalité, d’inventivité, c’est faire référence à Uranus dont le cycle est de 84 ans et qui occupe chez Auguste et Louis le même signe, les Gémeaux, du fait de leur naissance à deux ans d’intervalle. Chez Auguste, Uranus occupe le fond du Ciel en Gémeaux. Il fait appel à son maître Mercure en Scorpion en secteur 8, donc à une inventivité soutenue par une avidité de l’esprit, par une puissance créative hors norme qui se renouvelle, progresse, transforme. La Lune en Vierge signe mercurien, procède de cette inventivité uranienne et la transmet méticuleusement  à Saturne sous forme d’illuminations soudaines puis structurées et réfléchies par la rigueur du travail. Chez Louis, Uranus à la fin des Gémeaux renvoie à un Mercure en Vierge qu’il bouscule par un carré pour le valoriser et se replie vers Mars en Gémeaux, maître du Milieu du Ciel. L’inventivité procède d’un esprit analytique et précis et soutient des capacités intenses d’effort de l’intelligence, de lucidité, d’efficacité et de réalisme dans ses applications.

A suivre

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Quatuor pour un seul signe : la Balance – Frédéric Nietzsche

Frédéric Nietzsche

Né sous un soleil dans le dernier décan de la Balance qui procède d’un secteur 9 dans le signe du Lion, par conséquent enclin à exprimer une pensée autonome, autoritaire, énoncée à la première personne du singulier, à la fois vénusienne c’est-à-dire tournée vers les arts – Nietzche est aussi compositeur et poète – et mercurienne c’est-à-dire critique, exigeante et s’attaquant aux questions de la morale. Pensée éminemment personnelle qui pourtant pose le « moi » comme une illusion, le Soleil chutant en Balance, à l’opposé de Pluton en Bélier maître de l’Ascendant Scorpion, pulvérise les illusions et les préjugés : « Je suis de la dynamite » écrira t-il.

Ce Soleil en Balance est au trigone de Neptune en Verseau, source d’inspiration, d’esthétique, de sensibilité aux échanges, à la diffusion d’une pensée progressiste, avant-gardiste pourtant marquée de désillusions, de mensonges, de rêve et de complications notamment dans la façon dont elle est perçue et comprise par ses contemporains.

Thème horoscopique de Nietzsche

L’ascendant Scorpion érige son maître Mars en secteur d’élévation dans le signe de la Vierge à la conjonction de Mercure en Balance, pensée d’altitude qui trouvera son lieu de prédilection et le souffle d’intuitions nouvelles et  exacerbées, à Sils Maria petit village suisse perché à 1800 m d’altitude où Nietzsche passera presque tous ses étés. Cette élévation de Mars en Vierge lui donne quelques temps le goût, la fascination même pour la discipline militaire parce qu’elle répond chez lui au besoin de se commander à lui-même. A quatorze ans, cycle d’opposition de Saturne, il entre au Collège royal de Pforta qui lui offre ce cadre rigoureux qui lui convient. Il écrit : « Déjà mon caractère se révélait. J’avais connu, quoique jeune, trop de deuils et d’afflictions ; je n’avais pas la gaieté ni l’exubérance qui sont habituelles aux enfants. Mes camarades avaient coutume de se moquer de mon sérieux….Je recherchais la solitude et ne me sentais jamais aussi bien que lorsque je pouvais m’entretenir avec moi-même sans être dérangé ».

L’ascendant Scorpion et la conjonction de Mercure à Mars, Pluton en opposition au Soleil c’est aussi une pensée qui se construit « contre » son temps, qui déconstruit les opinions communes. « Philosopher au marteau » est une métaphore martienne. La position de Mars dans le signe de la Vierge, renforce le réalisme et engage à demeurer fidèle à la terre, à démolir les idoles. Dans Crépuscule des idoles », Nietzsche règle ses comptes avec Socrate, Platon, Epicure, Descartes, Kant, Hegel, Darwin. L’axe majeur qui oppose du secteur 10 au secteur 4, Mercure à Uranus, Mars à Jupiter et du secteur 11 au secteur 5, Soleil Balance à Pluton Bélier, s’exprime dans cette affirmation de Nietzsche : « une qualité ne peut naître que de l’opposition » : père-mère, libre arbitre-fatum, histoire et devenir…  Nietzsche, sous le signe de la Balance cherche dans ces oppositions la dynamique de contraires. Dorian Astor souligne dans sa biographie consacrée au philosophe, « Autant qu’il est en son pouvoir, l’homme tient le milieu, il est comme un curseur vibrant sur une ligne d’intensités –Zarathoustra dira : funambule sur une corde, ou pont jeté entre la bête et le surhumain… ».

A suivre…

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Quatuor pour un seul signe : La Vierge

Louis II de Bavière

Portés par une longue et lointaine lignée qui échappe à notre connaissance sauf pour les descendants de rois, de princes ou de notables, nous sommes héritiers biologiquement et psychologiquement de certaines des particularités transmises par le jeu du hasard,  qui nous conditionnent et orientent nos actes, nos choix et par conséquent nos destins, nos idiosyncrasies tissant la trame de nos vies en interactions avec celles de notre entourage, de notre milieu natal, de nos contemporains, formant ainsi un tissu très complexe qui donnera matière à analyse, souvent à jugement de valeur à ceux qui ont en charge de faire le récit biographique, psychologique, psychanalytique, de ce labyrinthe  qu’est une vie humaine, de ce mystère qu’est une âme qui jamais, jamais ne peut être mise à nue.

Apparenté à la dynastie française incarnant la monarchie absolue à partir de Henry IV, Louis II de Bavière se trouve très tôt conscient d’une ascendance qui pèsera lourdement sur l’idée qu’il se fera de lui-même. Sa gouvernante française lui fait prononcer cette célèbre formule attribuée peut être à tort à Louis XIV : « L’état c’est moi » car ce dernier, jamais identifié à l’état, fût un roi besogneux, volontaire, s’efforçant d’acquérir la stature de « roi soleil », composant avec un entourage oppressant : sa mère, Mazarin et la noblesse, tout comme Napoléon ne se prit pas pour Napoléon mais s’échina sa vie durant à constituer son personnage. Louis II lui, s’est pris pour Louis II et a échafaudé autour de sa personne un univers fantasmatique fermé à une réelle rencontre avec l’autre.

Hérédité psychique néptunienne avec le nadir dans le signe des Poissons dont le maître côtoie Mars gouverneur de l’orient en Scorpion mais aussi Saturne, dans le signe du Verseau et fait un carré à l’Ascendant, voici les tendances innées cherchant un faisceau de communication, d’affirmation du moi à la manière Verseau par une surévaluation de l’idéal, de l’imaginaire, bloquées par le frein Saturnien et diluée dans le nébuleux Neptune, d’une part réprimant  le désir au nom de principes rigides, d’autre part rendant son expression confuse, étrange, instable. Les Wittelsbach, une des plus anciennes familles d’Europe, portent le gène de la folie nous dit l’historien Jacques Bainville, une folie qui s’exprime par une mélancolie maladive et exacerbe le goût de l’esthétisme en relation avec Neptune. Saturne fera de Louis II un bâtisseur comme son grand-père surnommé le « Périclès bavarois ».

Les châteaux de Louis II « étaient une tentative toujours renouvelée, jamais satisfaisante pour constituer une enveloppe architectural à sa condition de roi, et au-delà, à l’image de son Moi, qui se délabrait jusque dans son enveloppe corporelle, envahie par l’obésité ». (La folie de Louis II de Bavière – extrait du « Désir et la loi » – Denoël, 1987).

 

Les premières années d’une vie, sous le signe de la Lune et de ses aspects, sont toujours déterminantes. La nourrice de Louis est emportée par la typhoïde imposant à l’enfant de 8 mois un sevrage brutal. La Lune en Gémeaux à l’occident  renvoie au secteur 3 occupé par Saturne, astre des renoncements, met en jeu une problématique de l’échange émotionnel dans son expression la plus intime, plus tard avec les femmes. Elle signe l’incompréhension de la part de la mère et du père également. Le secteur trois est celui de l’enseignement reçu, c’est une éducation à la dure, le père souhaitant que son fils assimile en 5 ans le programme que les enfants bavarois apprennent en 8 ans. En charge de son éducation, le comte de la Rosée lui inculque un style de vie viril. Son paysage relationnel se limite à un frère plus jeune, Othon, sur lequel Louis défoule son agressivité martienne. Le cycle du carré de Saturne en Taureau, à 7 ans, accentue l’inconfort quotidien psychique et physique, nourriture frugale, sommeil insuffisant, tout cela afin d’endurcir le prince à son rôle de roi. Louis II passe son enfance et son adolescence à Hohenschwangau, le haut pays du cygne, oiseau immaculé, fabuleux, présent partout dans le décor néo-gothique et à l’extérieur, glissant silencieusement sur le Schwansee, le lac des cygnes, quelques mètres en dessous de la demeure familiale, « Le mythe du cygne poursuit Louis du berceau à la tombe ». (M. Desmond Chapman Huston).

Passionné par les vieilles légendes germaniques, l’adolescent découvre l’existence de Richard Wagner et apprend que « Lohengrin », le chevalier au cygne est représenté sur scène. Il lit d’abord les écrits théoriques du musicien puis assiste en février 1861 à la représentation de cet opéra à Munich. C’est un choc : « Louis a trouvé son idole et son maître spirituel ». (Jean des Cars »). Saturne est en élévation et passe sur le Soleil puis au Zénith du thème natal en Vierge.  La rencontre de ces deux personnalités fait écho dans leur ciel de naissance, l’Ascendant et le Soleil de Wagner en Gémeaux sont conjoints à la Lune de Louis, le Milieu du Ciel, la Lune, Mars du musicien occupant le secteur 3 de Louis, faisant vibrer des accords qui plus tard laisseront place à des désaccords mais sans jamais détruire ce lien passionné dont témoigne leur échange épistolaire, enfin Jupiter en Taureau signe de la finance étend son envergure généreuse, prodigue, sur Vénus et Mercure du musicien insatiable qui recevra de la part de Louis II, en l’espace d’une vingtaine d’années 562892,01 marks or.

A suivre…

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