MATISSE

MATISSE à VENCE

Presque tous les matins en ouvrant les volets de notre chambre face à la villa « le rêve », j’avais une pensée pour Henri Matisse qui y vécut pendant les sombres années de la deuxième guerre mondiale.

La belle biographie qu’Hilary Spurling consacre au peintre et dont je termine la lecture a ravivé les couleurs de mon imagination. Matisse revit pour moi dans cet environnement qui a été le mien pendant treize années.

Très affaibli à son arrivée dans cette maison que tous les visiteurs amis trouvèrent modeste, presque insignifiante (alors que sous mon regard, embellie par la présence du maître, elle me paraissait unique et poétique), accompagné par la fidèle Lydia, son modèle devenue sa secrétaire et son ange gardien, Matisse s’enferme dans la pénombre et travaille surtout la nuit, ses yeux sont fatigués par la tension nerveuse accumulée par tant d’années consacrée à une création intranquille. La gravure sur cuivre, la linographie, lui ont permis une nouvelle dextérité. Il ne peint presque plus, les ciseaux, le papier, les crayons de couleurs lui permettent une rapidité d’exécution prodigieuse.

J’aperçois Picasso et sa jeune compagne Françoise Gilot qui viennent lui rendre visite et assistent à une séance de découpage. Comme dans une volière où les oiseaux que Matisse aimait tant, feraient virevolter leurs plumes dans une danse endiablée, l’artiste d’un geste sûr et spontané découpe des formes qu’il assemblera ensuite sur les murs de son atelier. Françoise Gilot dira : « Nous étions envoutés, le souffle coupé ». Matisse leur confie au sujet de ses papiers découpés : « c’est une sorte d’équivalence linéaire, graphique, de la sensation de vol ».

La villa « Le rêve » et la ville de Vence furent quelques temps le havre d’une préparation intense dont l’apothéose sera La Chapelle du Rosaire. Tandis que le ciel gronde, sillonné par les avions de guerre, que ses amis sont loin et ses enfants emportés par la tourmente du conflit, Matisse septuagénaire puise sans relâche dans un regain d’énergie d’autant plus intense qu’il sait son temps limité par son état de santé.

Marguerite arrive à Vence à la mi-janvier 1945 ; Je devine sa silhouette à travers les persiennes. Pendant quinze jours, tous les après midi, sa fille adoptive, celle de ses enfants dont le jugement pertinent mais souvent sévère sur l’œuvre de son père fût  le plus apprécié de ce dernier, va lui faire le récit des tortures qu’elle a subies pendant son incarcération à la prison de Rennes, sa mort imminente et sa tentative désespérée de suicide, laissant son père dévasté par le récit de la cruelle expérience de sa chère fille engagée dans la résistance.

Une jeune femme se présente au portail de la villa. Matisse et Lydia l’accueillent avec générosité. C’est Annelis Nelck, artiste peintre venant demander conseil au maître. Ce dernier la prendra sous son aile, lui offrira de précieux conseils de peinture, lui trouvera des acheteurs pour ses œuvres mais aussi l’aidera à structurer sa vie.

Le printemps illumine le jardin de la villa, les palmiers n’on jamais été aussi majestueux. Léon Vassaux le plus ancien ami de Matisse vient séjourner à Vence. Sur la terrasse je les entends échanger des souvenirs tout en dégustant une soupe à l’oignon arrosé d’un alcool de leur  Nord natal. Plus tard il rapportera à Matisse un médaillon en argile, la première sculpture que fit Matisse de son modèle Camille Joblaud, la mère de Marguerite.

En juillet 1945, Matisse quitte la paix de Vence pour un séjour de 4 mois à Paris. Si longtemps incompris, le voilà maintenant hissé sur un piédestal. Paris lui paraît infernal, il retourne à Vence et reprend la peinture.

Aragon revient le voir en 1946 ébahi par la profusion de nouveaux tableaux exposés dans le sombre atelier. Bonnard au Cannet, Matisse à Vence se vouent une admiration étonnée, trouvant l’un chez l’autre un traitement des couleurs qui les bouleverse. Ils échangent leurs œuvres pour mieux se comprendre encore.

Pour Matisse, Vence est un lieu de retraite, de distanciation dont il a toujours eu besoin lorsqu’il traversait une crise dans sa recherche. L’hiver ne lui a jamais été favorable : grippe, fatigue, fièvre revenaient de manière saisonnière, ralentissant en partie son travail.

La nuit la lumière reste allumée car il ne dort guère. Se souvenant de son séjour à Papeete, il découpe dans du papier  les éléments d’un lagon imaginaire. Il remplit aussi un carnet avec un seul motif, une feuille de chêne, assis dans son lit parsemé de feuilles mortes. Parfois je le devine penché au dessus des acanthes  aux contours dentelés qui poussent devant le portail de la villa.

Janvier 1946, ses amis s’en vont Bonnard meurt au Cannet et Marquet lui dit un dernier adieu.

J’entends des cris joyeux dans le jardin. Les cinq petits enfants de Matisse lui rendent visite. Il les aime tant ces jeunes êtres qui lui survivront, poursuivront son œuvre, peut-être, la comprendront mieux que ses contemporains, sûrement. Avec Picasso ils parlent souvent de leur postérité.

L’été 47 promet d’être magnifique comme celui de 2017 où je m’essaie à l’aquarelle dans les jardins de la maison Lacordaire à quelques pas de chez moi. Matisse retrouve un ancien modèle, Monique Bourgeois. Entrée au couvent, elle réside désormais chez les dominicaines qui dirigent une maison de convalescence. Matisse n’a jamais autant peint depuis trois ans mais il aspire à autre chose de plus grand, de plus monumental.

Aujourd’hui c’est dimanche et je vois passer devant la courette de mon domicile, les fidèles habitués de la messe à la chapelle du rosaire. Une silhouette m’est particulièrement familière, celle d’un médecin de Vence qui ne rate pas un office. Je le regarde, tout absorbé par sa méditation,  visage émacié entouré d’une barbe bien taillée, pas alerte et régulier, vêtements sombres sans fantaisie. Une signature saturnienne me dis-je.

Quatre décembre 1947, le frère dominicain Louis Bertrand Rayssiguier âgé de 27 ans,  en séjour au foyer Lacordaire vient de franchir le portail de la villa « Le rêve », il est envoyé par Sœur Jacques Marie, Il ne connaît pas grand-chose de l’Art mais il est époustouflé par ce qu’il découvre : « Je serais très à l’aise en disant mon office dans votre atelier, et même beaucoup plus à l’aise que dans bien des églises » puis, au bout d’un an de collaboration avec Matisse : « Je me sens de moins en moins gothique et de plus en plus Matisse ». Une chapelle conçue par Matisse, voilà le grand œuvre dont il rêve depuis longtemps. Une maquette prend forme sous la risée des sœurs Lacordaire. Matisse et le frère Rayssiguier projettent en quatre séances les détails de la chapelle. Matisse travaille jour et nuit aux vitraux, se rend par deux fois à Antibes pour voir une exposition d’assiettes et de pots décorés par Picasso. Lui vient l’idée d’un mur de carreaux blancs émaillés sur lesquels il tracerait des sortes de graffitis et qui jouerait avec la lumière colorée des vitraux.

A Paris Matisse rencontre le père Marie Alain Couturier, très impliqué dans la réforme de l’art religieux. C’est pour Matisse un appui exceptionnel. Ensemble ils se rendent à la verrerie mais aussi à Notre Dame. Il posera pour le Saint Dominique de la Chapelle.

De retour à Vence, Matisse s’épuise dans son projet. Il voudrait que ce soit un lieu d’espoir et de repos. Il voudrait … « faire monter les gens au dessus du commun, du courant ». Il crée une sorte de théâtre, boite expérimentale  et met en scène le décor de la chapelle, il cherche à reproduire pour ses vitraux le bleu sulfurique d’une éruption volcanique, enfin il le trouve ce bleu exceptionnel. Il cherche aussi un jaune particulier, il s’attache au moindre détail, étudie les possibilités techniques des matériaux.

Mais bientôt la villa « le rêve » s’avère trop exigüe pour accueillir la préparation de la Chapelle et Matisse déplace son « atelier usine » à Nice, au Régina où il a travaillé avant la guerre.

Je me rends à la chapelle du Rosaire, d’abord je la contourne et la contemple depuis le chemin Sainte colombe. Les tuiles bleues, la croix et la cloche que j’entends sonner, m’invitent à m’y rendre une fois encore. Je pense à Matisse qui disait avoir lancé son projet avec toute la volonté farouche et l’exigence dont il a toujours fait preuve tout au long de sa vie et s’en détacher à la fin.  Il avait tant redouté sa fermeture. Aragon disait que les communistes au pouvoir en feraient une salle de bal. Matisse sera absent le jour de l’inauguration le 25 juin 1951. Il passera les étés 53/54 dans une villa proche de Vence, seul avec Lydia qui ne l’a jamais quitté.

La villa « le rêve » a refermé ses volets sur un pan de la vie du peintre. Il a suffit d’un livre pour lui redonner vie et m’ouvrir un champ immense de compréhension de son œuvre. Matisse s’est éteint le 3 novembre 1954. Lydia s’en est allée avec sa valise prête depuis tant d’années et tant de fois remise dans le placard car elle ne pouvait pas abandonner cet être au caractère difficile, tyrannique mais tellement généreux qui avait donné un sens à son existence.

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Quatuor pour un seul signe : Le Capricorne – Paul Cézanne

PAUL CEZANNE

Temps et lieu coordonnés mathématiquement suffisent à ériger un thème astral mais autant un GPS tout en nous orientant, ne nous dira rien du paysage traversé, de ses nuances, des promenades auxquelles il nous invite, autant un ciel de naissance et ses coordonnées célestes et terrestres, ne nous révèlera rien de la singularité de l’être qu’il identifie avant que nous n’ayons longuement exploré son énigme, ce qu’il cache ou met en lumière au cœur des planètes porteuses de mythes, sises en un lieu qui exalte ou au contraire entrave leur expression, témoins des vicissitudes de nos courtes vies, alliées de notre progression aussi.

Le 19 janvier 1839 à 1h du matin en un lieu vers lequel il reviendra sans cesse, Cézanne vient au monde dans une famille bourgeoise d’Aix en Provence, sous le signe du Capricorne. Son ciel de naissance regroupe la majorité des planètes dans l’hémisphère oriental, Cézanne se soucie peu de plaire, il ne compose pas avec les autres, il explose et s’esquive, se replie orgueilleusement loin des mondanités parisiennes.  De la Vierge au Poissons se déploient les nuances de ce caractère déroutant. Du sixième signe zodiacal qui accueille le maître de l’Ascendant, il a l’inquiétude, le sens critique, la lucidité, l’amour des gens humbles, de la Balance où se place Jupiter en opposition à Pluton la difficulté à s’associer, à s’installer dans une légalité conjugale, dans un conformisme social, du Sagittaire où se situe Saturne, l’aspiration à s’élever en organisant ses connaissances dans l’indépendance et l’audace, du Capricorne il exprime la lenteur et l’obstination silencieuse  mettant en synergie les planètes Mars et Saturne régentes de ce signe, du VerseauVénus fusionne avec Neptune, l’originalité de sa recherche picturale, le désintéressement pour les questions financières, le besoin d’amitié, l’attirance pour la lumière et les couleurs qu’elle diffracte, des PoissonsLune et Uranus  s’exaspèrent, une sensibilité à fleur de peau qui le ferme à ce qui n’est pas essentiel pour lui et lui fait préférer la solitude et le silence…. « Pas un bruit, pas une présence dans les paysages de Cézanne. Même quand il peint un village, c’est-à-dire un lieu habité et non un paysage désert, il semble qu’une catastrophe ait incompréhensiblement vidé les maisons de leurs habitants, et que les constructions, pourtant édifiées pour et par les hommes, retournent à l’inhumanité primitive des choses ». (Jacques Darriullat – Cézanne et la force des choses).

Autoportrait de Cézanne – 1880 1881

Assis face à son olympe, la montagne Sainte-Victoire, Cézanne regarde avec effroi le Scorpion qui se dresse à l’horizon oriental. Il ne cessera d’en exprimer la nature puissamment créative, extirpée à force d’entêtement du gouffre de la rage profonde qui engloutit ses toiles, les déchire, les néantise, épaves abandonnées aux rafales du mistral, au tourment d’une âme coléreuse tendue vers un absolu, lequel ?

L’Ascendant est encadré par Jupiter et Saturne le premier ayant maîtrise sur le second et ce dernier étant en affinité avec la Balance. Dans ce voisinage fécond et solide, Cézanne puise la continuité de son effort, le besoin de structurer sa recherche selon une exploration intérieure continue au service d’un projet pictural qui semble lui échapper sans cesse mais qui est solidement ancré dans l’admiration des œuvres passées, dans la dévotion à des peintres qui lui ouvrent la voie. Il ne se lasse pas de méditer sur leurs procédés picturaux, sur leur manière de traiter la couleur dont il dit qu’elle « est le lieu où notre cerveau et l’univers se rencontrent ». De Courbet il dit à Joachim Gasquet son ami poète et critique d’Art : « C’est un bâtisseur…sa palette sent le blé.. ». L’Olympia de Manet l’enchante, les peintres italiens ont sa prédilection, les vénitiens et les napolitains surtout, Chardin est son maître pour les natures mortes, Delacroix aussi, dont le somptueux bouquet de fleurs, acquit par Cézanne  accompagnera sa contemplation crépusculaire, Courbet bien sûr : « Dans la massive muraille rocheuse des combes du Jura, dans l’écroulement cyclopéen des falaises, des cascades et des ravins, tels que Courbet a su les voir, tels que ses admirables paysage ont su nous les révéler, ces paysages qu’il intitule parfois lui-même « Etude géologique »(1864) n’est-ce pas déjà la Sainte Victoire de Cézanne qui s’annonce, sa présence colossale et muette ? »(Jacques Darriulat).

Saturne structure, Saturne élague, il creuse jusqu’à l’os, Cézanne lui obéit, à la recherche de la genèse du massif provençal. Il connaît les âges géologiques ;  As-il lu  Camille Flammarion et son Astronomie populaire (1880) ou bien Jules Verne et son Voyage au centre de la terre » qui est un retour vers les âges archaïques de notre planète ? De qui tire t-il sa science ? D’Antoine Fortuné Marion son ami professeur et directeur du Musée d’Histoire naturelle de Marseille avec qui il parcourt la Vallée de l’Arc, peintre lui aussi et surtout convaincu cinquante ans en avance du génie de son camarade. Il lui explique les ères géologiques jusqu’à la formidable surrection de la Sainte Victoire.

                                           La montagne Sainte Victoire vue des Lauves

Cézanne expérimente, il se bat pour faire plus avec moins, Mars et Saturne s’épaulent à la recherche d’une vérité que le peintre sait être son chemin, son originalité. Paul Valery exprime ainsi cette lutte artistique : « Le véritable artiste invente et s’impose des problèmes d’ordre supérieur incompréhensibles à la plupart des gens ». Mercure est en secteur 3 attribué aux moyens d’expression et de création, à la pensée ; son maître Saturne est en Sagittaire signe connecté au lointain, à l’au-delà, à l’inaccessible :Cézanne a voulu « remettre l’intelligence, les idées, les sciences, la perspective, la tradition, au contact du monde naturel qu’elles sont destinées à comprendre, confronter avec la nature, comme il le dit, les sciences « qui sont sorties d’elle » (Merleau Ponty – Le doute de Cézanne). Même empreinte de Saturne par le geste suspendu dans une concentration qui pouvait durer une heure avant qu’il ne pose une touche de couleur sur sa toile, la méditation s’achevant d’un coup : « Je tiens le motif » disait-il. Ou encore : « Je procède très lentement, la nature s’offrant à moi très complexe, et les progrès à faire sont incessants. Il faut bien voir son modèle et sentir juste. Et encore s’exprimer avec distinction et force ». (Lettre à Bernard, 12 mai 1904). Empreinte aussi de Vénus conjointe à Neptune, dans l’absorption du peintre qui tel une « plaque sensible » regarde et est regardé en même temps par le motif, tant il « germine » avec le paysage qui l’absorbe et qu’il délivre. Il dit à Emile Bernard : « Peindre d’après nature, ce n’est pas copier l’objectif, c’est réaliser ses sensations ».

Temps et Lieu dessinent un destin……..

A SUIVRE

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Quatuor pour un seul signe : le Capricorne : Simone de Beauvoir

Simone de Beauvoir

Les « mémoires d’une jeune fille rangée » de Simone de Beauvoir commencent ainsi : « Je suis née à quatre heures du matin, le 9 janvier 1908, dans une chambre aux meubles laqués de blanc qui donnait sur le boulevard Raspail….. ».

Comme souvent, une fois pesés tous les éléments d’un thème astral, une fois analysés ses lignes directrices et ayant mis en résonance le ciel de naissance d’une part, les écrits, les paroles, les actes et les événements d’une existence, d’autre part, en acceptant par ailleurs la non scientificité de l’interprétation astrologique, mais en s’appuyant fermement sur la méthode de son langage symbolique, sur la pertinence de son organisation, pourquoi ne pas prendre la liberté de rectifier cette heure de naissance et entre les données informatiques disponibles qui situent cette naissance à 4h30 et l’affirmation de l’intéressée elle-même qui la situe une demi-heure plus tôt, poser l’aurore de cette vie à mi-chemin, c’est-à-dire vers quatre heure quinze, dans le dernier décan du Scorpion , sur une degré symbolique figurant « un homme tenant un livre ouvert », invitée à cette rectification par la vocation précoce et irrépressible de Simone de Beauvoir pour l’écriture, nourrie de lectures constantes et multiples mais aussi par l’affinité de cette orientation avec le thème de naissance de Jean-Paul Sartre, le compagnon de toute une vie, né le 21 juin 1905 à 18h45 à Paris, lui aussi lecteur insatiable, écrivain précoce et forcené et dont l’ascendant se pose sur celui de sa future compagne à 28 degrés du Scorpion tandis que leur Milieu du Ciel coïncide également dans le dernier décan du signe de la Vierge dont le maître est Mercure aux attributions traditionnelles, de  parole, écrits, pensée, Mercure étant dans son domicile dans le ciel de naissance de Jean Paul Sartre, à 26 degrés du signe des Gémeaux et en Capricorne dans celui de Simone de Beauvoir à la conjonction d’Uranus, du Soleil et du nœud lunaire sud.

Le ciel de naissance de Simone de Beauvoir présente une triple conjonction dans le signe du Capricorne à l’opposition de Neptune en Cancer, une triple conjonction dans le signe des Poissons au fond du Ciel en quadrature à Pluton situé à l’occident, une opposition Vénus Jupiter.

Jupiter maître du secteur 1 en Sagittaire ayant  avec Neptune la  maîtrise sur le Nadir, se situe dans le signe du Lion dans un décan jupitérien,  conjoint au secteur 9, attribué à l’élévation de la pensée, à la philosophie, à l’idéal, aux voyages. Voici la direction intellectuelle, philosophique, ambitieuse et  volontaire vers laquelle très tôt s’orientent les dispositions innées de Simone de Beauvoir. Il apparaît que ce Jupiter flamboyant et souverain dirige par maîtrise toutes les autres planètes et en premier lieu celles qui sont au fond du ciel, au commencement de la vie, dans les racines profondes du psychisme. Revenant sur ses pas au plus près du royaume de son enfance, dans l’ouvrage autobiographique intitulé si justement « Mémoires d’une jeune fille rangée », l’auteur  nous entraîne dans cet univers bien ordonné, bourgeois, confortable, jupitérien, où se déroulent ses premières années au sein d’une famille aimante, attentive, conformiste. Elle dit avoir été pieuse quelques temps et fidèle aux propensions catholiques de sa mère, elle dit aussi avoir été heureuse et gourmande de vie, de nature, de mouvement.  Pourtant ce Jupiter est sous l’autorité d’un Soleil en Capricorne conjoint à Uranus.  Quelques temps « rangée » à l’abri de cette famille assez traditionnelle, elle va en rejeter énergiquement le carcan. Tout d’abord dans des rebellions enfantines, des colères fracassantes.  Elle écrit : « Je me suis souvent interrogée sur la raison et le sens de mes rages. Je crois qu’elles s’expliquent en parti par une vitalité fougueuse et par un extrémisme auquel je n’ai jamais tout à fait renoncé. Et plus loin : « Mais je me refusais de céder à cette force impalpable : les mots ; ce qui me révoltait c’est qu’une phrase négligemment lancée : « il faut…il ne faut pas » ruinât en un instant mes entreprises et mes joies. » Voici que se manifeste déjà par la prégnance d’Uranus valorisé par le Soleil et conjoint à Mercure, le désir d’échapper à la limitation par la force de communication, la volonté de ne pas être comme les autres et de n’obéir qu’à sa propre loi intérieure. En conjonction explosive au minuit du thème, la Lune sensible et réceptive emporte des confins du dernier signe du zodiaque, les Poissons vers le signe suivant, le Bélier, la violence d’un Mars durci par l’intransigeance de Saturne, le refus de Simone de Beauvoir d’être prisonnière de l’espace atavique, rejetant très vite le modèle maternel et la limitation d’une féminité posé d’avance avec ses implications d’aliénation au désir de l’homme. Neptune maître du Nadir est en Cancer signe de la famille, de la maternité, signe de l’inconscient, il est en secteur 8 attribué aux crises majeures, à la sexualité, aux fantasmes…. L’affirmation du moi ne sera pas facile ni exempte de motivations troubles et destructrices. En mettant la liberté uranienne au dessus de tout mais en tension avec un Neptune qui abrite tout un univers psychique et affectif chaotique instable et désordonné, Simone de Beauvoir tout en se mettant à nu  dans ses écrits et dans ses engagements, voilera une part obscure  d’elle-même, tâchant toujours plus ou moins honnêtement de le faire au nom d’une liberté inaliénable qui philosophiquement trouve pourtant ses limites, celle de l’autre comme conscience posée face à la sienne , mais aussi celle du temps, de la vieillesse et de la mort.

Beauvoir et Sartre ont fait un pacte : ils seront des époux morganatiques mais Jean Paul n’est pas un prince ni Simone une femme de condition inférieure comme le furent Louis XIV et madame de Maintenon. Cet adjectif exprime leur désir radical de n’aliéner en aucun cas leur liberté amoureuse. C’est ainsi qu’ils auront des amours «  contingentes » en même temps que des amours « essentielles ». Il leur arrivera même de partager la même maîtresse mais ils refuseront l’un et l’autre de se risquer dans le territoire secret d’un Neptune en Cancer,  dévoilé par la psychanalyse freudienne, soucieux de ne pas entraver la valeur qu’ils posent au dessus de tout : la liberté. Il est dit néanmoins que la folie les intéresse et qu’ils ont visité ensemble l’hôpital des fous ; dans les années 70, Sartre prenait un puisant hallucinogène, la mescaline et victime d’hallucinations se croyait poursuivi par des bataillons de homards qu’il décrivait comme des crabes !  Tous deux n’ont pas échappé à Neptune et aux désillusions, au chaos qu’il suscite car comment concilier la volonté uranienne de se différencier à tout prix avec le rêve d’une dissolution neptunienne dans un océan collectif  indifférencié ?

A SUIVRE….

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Quatuor pour un seul signe : le Capricorne Henri Matisse

Henri Matisse

Henri Matisse est un homme du Nord. Il passe son enfance à Bohain  en Vermandois.  Ses parents y ouvrent une grainèterie où  couleurs, matières et formes se fixent dans l’imaginaire du futur artiste. Une boite de couleurs,  cadeau de sa mère, peintre amateur, lui révèle à l’âge de 20 ans un univers où installer sa passion de créer, addiction ensorcelante qui ne lui laissera aucun répit et fera de lui un des artistes majeurs du vingtième siècle.

A sa naissance le 31 décembre 1869, la nuit profonde du Capricorne qui abrite le Soleil, regarde vers l’horizon oriental où s’origine la force de l’astre solaire qu’il projette en secteur 5 donnant tout pouvoir à une création qui va s’installer dans la durée, dans l’exigence et le sacrifice, tournée vers un zénith en Taureau, axe de persévérance, de lutte, tantôt silencieuse tantôt volcanique, éprise de beauté et d’harmonie tandis que Vénus à l’occident en Verseau, balance entre le retrait exigeant de Saturne et la révolte uranienne, dualité inconfortable mais féconde que Matisse exprimera dans son geste pictural alternant entre le dessin et la couleur, l’orient et l’occident, le réalisme et la spiritualité, le portrait et le masque.

Au regard de l’œuvre artistique et de son déploiement dans le temps selon les aléas d’une recherche incessante, est-il possible de saisir en transparence les signatures astrales du thème d’Henri Matisse, les influences intimes ou plus lointaines, posées en filigrane pour nous révéler cet homme complexe et les tourments de son âme ?

La famille, les voyages, les amis et les ennemis, les modèles, sont autant de territoires qui nous sont offerts pour plonger au cœur de cette destinée d’homme et de  peintre. Il y a aussi la parole de Matisse, ses écrits nombreux, ses conversations et le souci qu’il avait de rendre compte de sa progression comme s’il craignait d’être incompris à jamais ou pire, oublié.

Le Capricorne est occupé par le Soleil, Mercure et Mars. Matisse est très tôt conscient que la création sera pour lui le chemin vers une élévation certes laborieuse mais fructueuse. Le Soleil est en trigone avec le Milieu du Ciel en Taureau, occupé par Jupiter et Pluton. La réussite sera tardive, et la lutte souvent féroce et marqué par des transformations radicales mais Mars en Capricorne sur la pointe du secteur 6, exalte les capacités à résister, à concentrer le maximum d’énergie dans un labeur incessant. « J’ai travaillé toute ma vie du matin au soir » dit-il. Cette combativité chevillé à son tempérament, il l’exercera de manière saturnienne, avec une discipline ascétique mais avec des accès de violence et de frustration,  la Lune est prise en étau entre Saturne et le Soleil qui est sous la coupe de ce dernier, la lumière solaire tant désirée qui s’épanche sur les toiles dans la symphonie et l’équilibre des couleurs, cache une difficulté intime, comme un empêchement, un frein à l’expansion et à la quiétude. Mars non seulement est conjoint au Nœud sud à connotation Saturnienne mais fait face à Uranus, créant une tension d’ordre émotionnel, suscitant un mouvement maladroit pour se libérer, trouver une voie personnelle, tension d’ordre intime aussi, qui trouve dans la famille à la fois force et fragilité. Mars par maîtrise sur le secteur 4, montre l’importance de l’ambiance domestique et de l’entourage familial sur le travail du peintre. Femme et enfants tournent autour de cette personnalité comme les dieux de l’olympe autour de Zeus. Il dit un jour à Marquet son ami : « On revient à la famille comme à la terre ». Attachement et fuite, accord et dissonance se succèdent sans que jamais ne cèdent l’amour profond de Matisse pour les siens, son sens du devoir envers eux.

La Danse – 1910

Matisse a eu trois enfants : Marguerite l’aînée, de santé fragile,  née de sa liaison avec son modèle Caroline Joblaud. Il l’élèvera et l’accompagnera avec beaucoup d’affection dans ses épreuves. En 1899 et  1900, naîtront Jean puis Pierre, de son mariage avec Amélie Parayre. Le secteur 5 occupé par 4 planètes, a pour attribution la création intellectuelle mais aussi charnelle. Les enfants de Matisse ont eu une réelle influence sur sa carrière, le maître du secteur 5, Jupiter, est au zénith. Matisse est très perturbé lorsque ses enfants ne comprennent pas les mutations de son travail : Il faut toujours juger les choses selon leur but et leur avenir » se défend-il auprès de  Pierre. Il ne cessera d’écrire à ce dernier, parti faire carrière dans le commerce de l’art à New York. Cette correspondance restera longtemps secrète. Marguerite sera la seule à tenir tête à son père. Ses demi-frères subiront davantage l’emprise de ce dernier et en souffriront longtemps, persuadés de n’avoir jamais été à la hauteur de ses exigences. Marguerite organisera la vie d’atelier pendant plusieurs années auprès de sa mère adoptive toutes deux vestales consacrées à l’œuvre du maître. La forte signature Capricorne accentue le sens du devoir, Matisse n’oublie jamais qu’il doit subvenir aux besoins de sa famille élargie aux conjoints de ses enfants qui sont tous sans emplois réels et bénéficieront de sa générosité pendant des années. Cette responsabilité suscitera chez lui la peur de devenir aveugle, empêché de remplir son rôle, cherchant alors dans la pratique du violon qu’il exerce avec talent,  une sorte de secours  au cas où la cécité le priverait des ressources de ses œuvres. La peinture de Matisse est le socle de la famille, à chaque printemps l’arrivée dans la maison familiale d’Issy-les-Moulineaux d’une caisse de nouvelles toiles est accueillie dans l’euphorie et  fait l’objet d’une exposition privée avant l’arrivée des marchands qui viendront faire leur choix.

 

L’atelier rouge 1911 (30 ans plus tard il influencera les jeunes artistes New-Yorkais.)

 

 

 

Vénus symbole du mariage, de l’amour, de la femme, est située en Verseau, à l’occident en relation symbolique avec le signe de la Balance et le septième secteur du thème de naissance. Amélie fût indispensable à l’ascension de Matisse (Vénus à maîtrise sur le Milieu du Ciel). Réciproquement,  la vocation de son mari donna sens à sa vie, elle consentit à ce qu’il scelle leur collaboration par cette phrase: « Je vous aime beaucoup mais j’aimerais la peinture toujours mieux ». Elle sombra dans une profonde dépression chaque fois que sa mission sembla lui échapper. Cette Vénus en Verseau prend une double nuance, saturnienne et uranienne. Matisse est fidèle parce que son œuvre accapare tout son être, la sensualité est pourtant d’autant plus puissante que Jupiter est dans le signe du Taureau mais l’éros est sublimé, le désir réprimé et l’abstinence sexuelle jugule la libido et la spiritualise, Neptune, maître du secteur 8 est en secteur 9. Mars symbole de virilité est en rapport conflictuel avec Neptune, il domine le secteur 9 et affronté à Uranus, s’il tire un bénéfice de ces contraintes n’empêche pas totalement leur résurgence violente et complexe. Matisse dit : « chaque toile était un viol » viol de lui-même s’entend. Son épouse savait  combien ses expérimentations picturales en territoire inconnu  le plongeaient dans une violente panique.

Uranus par maîtrise sur Vénus lui fait aborder chaque nouvelle période de sa recherche, chaque toile, comme si l’art n’avait pas de passé pourtant Saturne le ramène à la tradition, celle des icônes russes, celle de l’orient somptueux, celle de l’art chinois et des masques africains. « On se livre d’autant mieux qu’on voit ses efforts confirmés par une tradition, si ancienne fut elle. Elle vous aide à sauter le fossé ».

 

A suivre….

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Les 12 signes du zodiaque et leur attitude dans un contexte de confinement.

Voici les 12 signes au complet et mon improvisation sur leurs diverses attitudes par rapport aux contraintes et épreuves présentes. Certains se reconnaîtront davantage dans un signe solaire autre que le leur car la signature astrale par la présence ou l’absence et l’importance d’une planète dans un signe ou un autre les nuance et les modifie . Par ailleurs nous sommes individuellement confrontés à des événements planétaires qui impliquent les planètes du collectif, en transit plus ou moins lent dans le signe du Capricorne, du Taureau et des Poissons et pour Saturne dans le Verseau ce mois-ci et pour un certain temps.
Je suis toujours émerveillée par la richesse symbolique du Zodiaque qui reflète celle de l’humanité et j’espère que cette ronde de constellations pourra relier toutes nos compétences, toutes les qualités qui nous font si différents et si complémentaires, dans un but commun : la sauvegarde de notre terre mère et de tous ceux (faune et flore aussi ) qui l’habitent.
VARIATION SUR LES 12 SIGNES DU ZODIAQUE CONFRONTES AU CONFINEMENT :
Le Bélier :
S’il ou elle subit : il va trépigner, se mettre en colère, réagir impulsivement aux différentes sollicitations de son entourage qui ne satisfont pas son besoin d’initiative, de mouvement. Cette routine peut le rendre imprudent et vindicatif. Il peut se montrer intraitable, fanatique, prêt à condamner tous les arguments et propositions et refuser tout compromis avec la réalité qui lui est imposée.
S’il ou elle accepte : il va mettre en place des projets, des stratégies pour la suite: entreprises novatrices, start-up dont il sera le leader. Il va d’ores et déjà motiver ses relations à distance pour rebondir après la tempête. Et entraîner son entourage, ses collègues pour s’adapter aux nouvelles circonstances et aux nouveaux enjeux.
Le Taureau:
S’il ou elle subit : il risque de voir la situation avec beaucoup de pessimisme surtout si ses finances en prennent un coup. S’il était déjà sédentaire, il risque de ruminer dans son fauteuil dans un silence réprobateur, changer ses habitudes peut lui être insupportable ; il peut se montrer très susceptible et tyrannique avec son entourage. S’il était jaloux avant il le sera encore plus malgré la présence de son conjoint qu’il peut ainsi contrôler !
S’il ou elle accepte : Tenace et pragmatique il organise le quotidien de la famille et s’il est célibataire il entretient ses amitiés et ses relations affectives ! Bon vivant il va trouver dans la nourriture, la préparation de petits plats une façon de soigner son entourage. S’il n’a pas de jardin, sa sensualité va de toute façon trouver le moyen de s’exprimer. Il est patient et son instinct de récupération va lui permettre de passer le cap et de reconstruire son bien-être.
Les Gémeaux :
Gémeaux confiné ne veut pas dire Gémeaux fini, mais comment mettre en cage le signe le plus mobile du zodiaque et dont le mot adoré est LIBERTE ?
S’il ou elle subit : incapable qu’il est de se passer de l’extérieur, incapable de se détacher et de s’approfondir dans la solitude, il risque de s’impatienter car son bon plaisir habituel est mis à mal. Il n’aime pas les contraintes et le confinement en est un, il a du mal à organiser son temps et le voilà amené à y parvenir, il pourrait s’agiter en vain et ne pas trouver le moyen d’échapper à l’ennui car il a la bougeotte et il a besoin d’insouciance, de légèreté mais…
S’il ou elle accepte : Son ouverture au monde, sa spontanéité, son humour et sa fantaisie, sa curiosité des autres et son sens de l’improvisation, son imagination aussi peuvent trouver dans les technologies modernes le moyen de favoriser, de développer cet échange, cet accueil très large qui font sont originalité. C’est aussi le signe de l’écriture qui par exemple peut prendre une tournure journalistique pour diffuser sa pensée, ses impressions changeantes, sa fantaisie, sa façon très personnelle et pertinente d’analyser les situations présentes ! Il a plusieurs cordes à son arc et il doit en jouer pour faire entendre sa parole vive et stimulante.
Le Cancer :
S’il ou elle subit : Le voilà replié avec son clan et cramponné à ses habitudes. Le danger est partout alors mieux vaut se recroqueviller et se couper du monde. Le problème c’est que c’est l’occasion de ressasser, de parler du passé qui était mieux que ce présent horrible et puis il y a ces étrangers qui compliquent la situation alors il choisit de s’occuper de lui-même et de quelques personnes qui lui importent. Il préférerait que rien ne bouge et pourtant ça bouge beaucoup en ce moment. Confiné au sein de sa famille il peut se montrer tyrannique et alarmiste et comme il est un brin hypocondriaque, ses émotions, sa sensibilité exacerbée risquent de rendre cette période de repli bien désagréable pour ses proches.
S’il ou elle accepte : Réfugié dans le familier, il se replie dans son cocon familial sachant que c’est là, blotti auprès des siens qu’il peut trouver la paix. Cette période peut le rendre nostalgique et sa mémoire, son respect des traditions, la richesse de son inconscient vont embellir ces moments de confinement s’il sait les partager, en tirer un enseignement et le communiquer à ses enfants. Dévoué et tendre il ne laissera pas tomber les personnes âgées autant qu’il lui est possible de s’investir. Même à distance il va rester relié à ceux qui lui sont chers.
Le Lion :
S’il ou si elle subit : Il a des impératifs, des aspirations, elles sont différées. Il se sent désorienté car la situation n’est pas toujours claire pour lui et pour ses objectifs. Son besoin d’autonomie, de rayonnement, de contrôle est complètement bouleversé car on lui demande de rester dans l’ombre. S’il est d’habitude sous les lumières des projecteurs, qu’il a une entreprise et des employés, le voilà forcé d’abandonner pour le moment sa troupe, ses projets, ses ambitions. Il risque de se braquer et de supporter très mal que son rôle, son identité, ce qui fait sa force habituellement soient remis en question.
S’il ou elle accepte : Son ouverture généreuse au monde, aux autres, sa volonté, son audace, son sens de l’exploit, sa foi en lui-même ne seront pas altérés par cette sombre période. Il va parvenir à résoudre les problèmes que posent cette épreuve, il va préparer le terrain, se concentrer, démêler les difficultés et renforcer son pouvoir créatif. C’est un battant qui ne craint pas la bataille. Ses enfants vont trouver beaucoup de soutien et d’optimisme auprès de lui ou d’elle. Il va trouver le temps de créer avec eux, de les distraire, de les amuser.
La Vierge :
S’il ou elle subit : Attention à la panique, aux phobies, le côté compulsif par rapport à la propreté va être exacerbé, elle va mettre en place des rituels pour calmer son angoisse et l’entourage va se trouver pris dans cette ambiance pénible surtout si il ou (elle) est privé(e) de travail. Elle est en état d’alerte et risque de somatiser la situation. Le voilà-en tête à tête avec un conjoint (e) et dans une relation qui lui est pesante, le partenaire va devoir tenir bon face aux phobies de cet être insécure. Souhaitons que son esclavage ne dure pas longtemps.
S’il ou elle accepte : Les tâches domestiques, la gestion du quotidien elle sait faire. Sa lucidité, son réalisme son besoin d’être utile et sa capacité à prendre des décisions pour les autres, sa réserve, sa discrétion, sa prudence, ses qualités d’ordre et de méthode seront très utiles à son entourage. Elle s’implique et s’applique car elle aime la perfection.
La Balance :
S’il ou elle subit : Le choix, la décision, l’engagement lui sont difficiles. La routine que lui impose la situation risque de fragiliser son couple. Il peut devenir ingérable par instabilité, par imprudence, par indiscipline. L’instinct d’auto protection et de conservation étant sollicités, il se trouve face à ses propres dispositions et à son déséquilibre. Il est préférable que la personne dont il partage la vie et dont au fond il a besoin comme contrepoids soit suffisamment forte et lucide pour traverser ce moment en sa compagnie.
S’il ou elle accepte : Il ne cesse de jeter des ponts, de relier les gens entre eux, d’échanger, d’harmoniser son environnement humain et matériel. Il reste modéré, tolérant, nuancé évitant les polémiques mais se retirant quand les relations s’enveniment. Forcé de vivre une plus longue intimité conjugale, il trouve l’occasion d’une communication agréable. S’il est célibataire il fait un retour sur lui-même pour se demander comment il n’a pu jusqu’à présent trouvé son alter ego et que mettre en place pour y parvenir si tel est son désir. La musique, tout ce qui embellit son quotidien et celui de ses proches, l’art dans son sens large, vont lui permettre de traverser cette période de manière sereine.
Le Scorpion :
S’il ou elle subit : Son instinct morbide trouve dans la situation matière à s’exacerber ! Ah s’il pouvait faire un procès au Covid 19 ! Il s’entête dans la négativité, il accuse les uns et les autres, suppute des machinations en haut lieu, il se croit le plus lucide, celui qui avait vu que quelque chose se tramait dans l’ombre, il se méfie de tout et de tous, rumine des scénarios apocalyptiques. Courage aux compagnons de confinement, un virus d’un autre ordre a investi leur foyer ! Il va falloir être sacrément solide pour supporter ce partenaire récalcitrant.
S’il ou elle accepte : Son esprit d’observation, son sens critique et son verbe très affûté et précis apportent un éclairage utile pour comprendre la situation. Il s’implique si son métier s’y prête à résoudre courageusement les dangers actuels sans concession envers ses interlocuteurs. Résistant et combatif il est la personne nécessaire dans ce contexte délicat. Face à tous les obstacles présents il est plus performant que jamais, il sait qu’il n’a pas droit à l’erreur et il communique sa force de conviction à son entourage et à ses collaborateurs.
Le Sagittaire :
S’il ou elle subit : Si son ciel natal présente des configurations difficiles, ce Sagittaire est d’un tempérament impatient et imprévoyant, il aime prendre des risques et déteste la limitation et les normes, le confinement lui est une prison et une insupportable privation de liberté, pourtant braver les interdits n’est pas d’actualité quand les autres risquent d’en subir les conséquences.
S’il ou elle accepte : Il excelle à relier les personnes entre elles sur des plans culturels, politique, économique, historique, religieux etc. Ce confinement est pour lui un moment privilégié pour écrire, transmettre (en plusieurs langues) sa pensée, voir plus loin, plus vaste. Ce qui entrave son mouvement, son déplacement, il peut le transférer sur le plan des idées et d’objectifs nouveaux. Si la religion est son domaine, là encore il va rapprocher des points de vues et développer l’idée que la sauvegarde de l’humanité, son apaisement passe par une transcendance qui surmonte les conflits.
Le Capricorne :
S’il ou elle subit : Le voilà très apathique, inerte, fermé sur lui-même, comme absent de ce qui l’entoure. L’imprévu le déstabilise tant qu’il s’enfonce dans le pessimisme plus que de coutume. Son entourage a du mal à le motiver d’autant que sa raideur psychique, la dépréciation qu’il a de lui-même n’encouragent pas ses proches à l’aider.
S’il ou elle accepte : L’effort à long terme le stimule. Cette solitude forcée ne lui pose pas de problème. C’est un introverti qui trouve force en lui-même mais ne lui demandez pas légèreté et fantaisie. Frugalité, dépouillement, simplicité lui conviennent bien. S’il fait partie de ceux qui en ce moment sont aux commandes ou bien dans l’épreuve, les autres peuvent compter sur lui car il est résistant, tenace, discipliné. Il va sans doute trouver dans les circonstances présentes cette part d’absolu dont il a tant besoin.
Le Verseau :
S’il ou elle subit : Animé par des idées révolutionnaires et par des projets insensés, il ne voit pas combien le concret est important en cette période. Les considérations matérielles, pratiques, financières ne lui importent guère. Plus que jamais il est imprévisible et instable si bien que l’après confinement peut réserver quelques surprises désagréables à son entourage. Il vit dans l’idéal, dans l’imaginaire sans construire vraiment. Il veut rester positif mais ignore ce qui dysfonctionne à côté de lui et autour.
S’il ou elle accepte : Il est celui ou celle qui va participer à « recréer » un nouveau monde, une nouvelle société. Il réfléchit en ce moment aux moyens de mettre en mouvement un système moins aliénant où l’argent serait un moyen et non une fin. Son imagination prospective et hors des sentiers battus va s’avérer très précieuse pour ceux avec qui il correspond ou télé travaille, se amis, les associations qu’il pilote. Il sait plus que quiconque qu’il y aura des jours meilleurs.
Les Poissons :
S’il ou elle subit : Sauf influx bénéfiques dans son ciel de naissance, ce signe est menacé par la force d’inertie. Il est indécis sur les plus petites choses du quotidien. Il voudrait bien engager un mouvement pour l’après confinement mais le but lui manque. Il ne s’intéresse à rien ni à personne et communiquer ne le concerne pas. Il démissionne et n’a pas l’énergie pour rebondir. Il faut espérer que cette période ne l’isole pas davantage et n’accentue pas ses addictions s’il en souffre. (Alcool, tabac, stupéfiants, médicaments etc)
S’il ou elle accepte : Son allocentrisme, son sens du sacrifice, l’absolu qui l’anime, sa sensibilité aux souffrances d’autrui font de ce signe un de piliers du combat actuel contre la maladie. Dans la sphère plus intime, il est dévoué et secourable et l’abnégation qui est sa force s’oriente vers les plus démunis. L’hôpital, les maisons de retraites aussi, sont les lieux où ses compétences sont aujourd’hui mises en valeur. Son choix peut être aussi celui de la retraite, de la solitude, d’une nouvelle présence à lui-même faite d’intuition, d’ouverture au divin, à l’universel dans le silence de son âme.
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Quatuor pour un seul signe : le Sagittaire Walt Disney

Walt Disney

Tout au long de son existence Walt Disney a été hanté par l’incertitude de ses origines. Un récit rocambolesque fut échafaudé au sujet de sa naissance. C’est au moment où Walt Disney eut besoin d’un papier officiel pour participer à la guerre en Europe et qu’il ne put l’obtenir, que le doute s’installa en lui et ne cessa de l’obséder. Le thème de l’orphelinat, de l’abandon, de la séparation, parcourt les œuvres qu’il choisit d’adapter pour ses dessins animés : Blanche Neige, Pinocchio, Dumbo, Peter Pan, Cendrillon etc. sont tous en recherche de leurs vrais parents ou de parents de substitution et sont déchirés par le doute.

Cette incertitude peut-elle compliquer l’étude du thème astral de Disney dont les coordonnées officielles sont : le 5 décembre 1901 à 0h35 à Chicago Illinois (USA) ?

Il s’agit en l’occurrence de ne pas donner crédit aux pourfendeurs de l’Astrologie qui appuient leur condamnation  sur le sophisme : « Post hoc ergo propter hoc » (A la suite de cela donc à cause de cela), soutenant que le fait que deux événements se succèdent n’implique pas que le premier est la cause du second et qui situent les idées reçues, les superstitions, la pensée magique et l’Astrologie  dans cette catégorie trompeuse puisque pour ses détracteurs, la méthode astrologique affirme que les configurations célestes sont la cause logique des événements qui affectent les êtres humains. Ils oublient de considérer que l’Astrologie procède d’une forme de raisonnement analogique (que les sciences utilisent aussi, tant elle est féconde), mettant en relation de sens et de correspondance symbolique une configuration céleste pour un moment et un lieu donnés avec la psychologie et les qualités particulières d’un être humain dont la vie sera ponctuée par des cycles planétaires réguliers et plus ou moins longs se traduisant par des événements ou des remaniements psychologiques mais dans laquelle une part de hasard pourra s’insinuer et donner à chaque existence son originalité, sa dimension imprévisible et son mystère. Comme les charpentiers chinois dont l’équerre n’est pas précisément orthogonale afin de laisser du jeu à leurs constructions et les rendre plus souples, plus résistantes, tâchons de ne pas faire fi de l’imprécision de cette naissance et de la confusion qu’elle sous entend dans l’ouvrage biographique de Marc Eliot : La face cachée du Prince d’Hollywood. Procédons comme toujours à partir des tonalités majeures de ce thème astral et mettons les en résonance avec la personnalité de ce faiseur de rêves extraordinairement inventif, puissant et vulnérable à la fois, autoritaire et généreux mais aussi emporté par les remous de son époque et l’idéologie de son pays.

Quels sont ces tonalités majeures et comment se sont elles exprimées dans le caractère et le comportement de Walt Disney ?

La Lune tout d’abord, en relation avec le plan émotionnel, l’imagination, l’impressionnabilité, est en Balance, en aspect favorable à Vénus qui la gouverne, et en relation avec Neptune culminant au plus haut du ciel de naissance dans le signe lunaire du Cancer. Walt Disney puisa dans son enfance difficile, divisé entre une mère suffisamment aimante qui lui lût les contes traditionnels tirés de Perrault, Grimm ou Andersen et un père violent, la matière pour inventer un monde idéal et protecteur, royaume enchanté qu’il explorera et transformera sans cesse pour l’offrir aux enfants et aux adultes du monde entier. La Lune en quadrature avec 3 planètes au fond du ciel Mars, Saturne et Jupiter en Capricorne, absorbe une tension psychique profonde qui s’exprime par des réactions impulsives, puise dans une frustration affective précoce et nourrit une ambition et une détermination inépuisables. La Lune est en Balance, elle féconde le don pour l’Art, l’esthétique, les couleurs, le goût  de ce qui agrémente et embellit la vie, elle renforce les dispositions de Walt Disney à motiver  des équipes d’animateurs, à repérer la place adéquate pour chacun, à associer les idées et à les communiquer à ses collaborateurs. En écho avec le Cancer et Neptune, la Lune recueille l’hypersensibilité du quatrième signe du Zodiaque, et trouve en Neptune l’inspiration, la richesse de l’inconscient et le génie capable de diffuser  de manière la plus immense et la plus océanique possible les trésors cachés dans l’inconscient collectif sous forme de dessins animés où musique et mouvement s’épousent et ravissent nos âmes d’enfants. La Lune astre de la petite enfance rejoint le Soleil et Uranus à l’âge de 6 ans puis dans le même cycle, en relation avec la quadrature du cycle de Saturne,  s’oppose à Neptune et, au fond du ciel, rejoint Mars Saturne et Jupiter natals en Capricorne. Voilà mis en place les fondements de ce que l’enfant Disney va n’avoir de cesse de développer en dépit des obstacles, des échecs, des aléas de son parcours. La petite ville de Marceline dans le  Missouri, fondée par la compagnie des chemins de fer, sera source d’inspiration tout au long de sa vie. Il se souviendra des habitants de ce territoire rural et de la topographie de cette ville lorsqu’il construira Disneyland. Il y vit dans la ferme de ses parents, au milieu des animaux, il joue avec son grand frère Roy qui le rassure et le protège des sévices paternels que les deux ainés, Herbert et Raymond ont fuit dès que possible. Il y a aussi la petite sœur Ruth née en 1903. Walter dessine ses seuls amis, les animaux de la ferme, avec un morceau de charbon, sur du papier toilette, Plus tard il installera au milieu du Studio  Disney un véritable zoo pour permettre  à ses animateurs d’observer l’anatomie et le mouvement des bêtes afin de les rendre aussi réelles qu’il se peut.

Le Soleil ensuite, conjoint à Uranus, en Sagittaire. L’indépendance, le goût de l’anticipation, l’esprit novateur, une activité cérébrale incessante en quête du nouveau, de l’inédit, du progrès,  sont  au service d’un moi qui déploie son envergure, affirme ses ambitions, impose sa suprématie. Uranus lui impose des changements nombreux  en raison de la nature d’un père instable, multipliant les échecs professionnels, entraînant sa famille de Chicago à Marceline puis à Kansas city et à nouveau à Chicago. Le transit d’Uranus dans le signe du Capricorne de 1905 à 1911, forge souterrainement sa personnalité, son désir de s’émanciper aussi radicalement  que possible, l’éveille à une réalité sombre qu’il supportera un temps pour mieux manifester sa différence et son pouvoir. Il restera fidèle néanmoins à une certaine idée de la famille nucléaire ordonnée autour du père tout puissant comme il le deviendra lui-même pour ceux qu’il appellera « ses fistons », ses employés et collaborateurs dont il ne supportera pas la trahison au moment des mouvements syndicaux de 1941. La flèche du Sagittaire propulsée par Uranus vise haut et loin : destination  Hollywood où vit son oncle et où il retrouve son frère Roy. Après des débuts à Kansas City où sa société créée avec Ub Iweks a du déposé le bilan, Walt se lance dans une nouvelle aventure.

Roy est ce  frère protecteur sans qui Walt n’aurait pu construire son empire et dont le thème astral comparé à celui de son jeune frère révèle les affinités et les équilibres nécessaires à une collaboration souvent houleuse mais fructueuse. Jupiter planète des finances, de l’organisation, de la réussite est à 20 degrés du signe du Taureau dans le ciel de naissance de Roy et fait un trigone à Jupiter en Capricorne dans celui de Walt, trigone durablement constructif  et qui révèle une solide gestion financière. La Lune dans le thème de Roy est conjointe à Uranus en Scorpion tandis que c’est le Soleil qui est conjoint à Uranus en Sagittaire dans celui de Walt, ils ont tous deux une signature uranienne explosive et individualiste.  Plus étonnante encore est la présence chez Roy de 4 planètes dans le signe du Cancer : Soleil, Vénus, Mercure et Mars qui couronnent Neptune au Zénith du Thème de Walt. Intelligence, stratégie, affection, loyauté et bienveillance sont de la part de Roy la contribution tendre et dévouée à l’expansion tentaculaire de son frère.

Mercure est dans le signe du Scorpion dernier décan et en relation avec Mars, son maître, conjoint à Saturne et Jupiter. Placé derrière le Soleil, Mercure relaye les aspects que reçoit ce dernier par sa conjonction à Uranus, accentuant encore les tendances du Scorpion à cultiver sa différence, à ne céder en rien. Walt Disney était ainsi, exclusif et tenace, sachant faire volte face avec ruse pour suivre son objectif, semblable à la petite souris Mickey mouse, son alter ego, « good fellow », débrouillard et malicieux, petite souris à la voix nasillarde qui rapportera un Oscar à Disney mais aussi la perte du dessinateur Ub Iwerks excédé de vivre à l’ombre de ce dévoreur de lumière.

A Suivre….

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Quatuor pour un seul signe : le Sagittaire. Madame de Maintenon

 

Madame de Maintenon

Quel chemin emprunter pour aller à la rencontre de madame de Maintenon ? Comment aborder l’énigme d’une ascension improbable qui l’a portée jusqu’au plus puissant monarque du 17 ème siècle, Louis XIV ? Cette femme nimbée d’un mystère qu’elle entretint savamment, exposée au regard impitoyable de la cour de France, incomprise, jalousée et soupçonnée d’avoir malencontreusement orienté certaines décisions du souverain, a patiemment et habilement forgé son ascension sociale sans lâcher prise sur des convictions religieuses profondes et sur une éthique sans failles.

Comment repérer dans son ciel natal érigé sur une date et une heure de naissance qu’on dit  incertaines , les temps forts de ce destin exceptionnel ? (Retenons le 27 novembre 1635 à 1 h du matin dans la ville de Niort)

Certes en s’appuyant sur les saillies de cette existence, sur les actes qui ont favorisé son accomplissement, en les mettant en relation avec la logique astrale, ses cycles, ses symboles, dans un va et vient interprétatif à la fois souple et rigoureux, méditant sur la configuration du moment de la naissance qui offre une part limitée au libre arbitre mais recèle au cœur du hasard un dessein insoupçonnable dont le sens affleure peu à peu au fil du voyage…..

Mais aussi grâce aux portraits réalisés par les peintres contemporains, Louis Ferdinand Elle l’ancien, Pierre Mignard ou bien Jean Jouvenet, triptyque qui en trois temps nous fait apparaître tout d’abord une femme vêtue d’une ample robe noire signe de son statut de dame d’atours de la Dauphine, accueillant d’une main tendre sa jeune nièce qui fût aussi son élève, sera son héritière et deviendra duchesse de Noailles, de l’autre main, tenant un bouquet de rose et de fleurs d’oranger, symboles Saint cyrien de la dévotion à Dieu, tandis qu’une fenêtre laisse apparaître la façade de Saint Cyr, école de jeunes filles fondée officiellement par Louis XIV en 1686, Saint Cyr, l’œuvre de Madame de Maintenon, où elle fût nommé par décret royal « Institutrice de la maison de St Louis ».

Que dit le portrait astral sur ces moments de consécration et sur l’engagement pédagogique du modèle ?

Madame de Maintenon

Madame de Maintenon par Louis Ferdinand Elle l’ancien

Françoise d’Aubigné descendant par son père du poète Agrippa d’Aubigné, lignée de protestants, est une enfant ballottée entre deux confessions, la catholique par son baptême et par sa mère, la huguenote par sa tante qui fera son éducation , enfant pauvre de retour des Antilles où son père emprisonné au moment de la naissance de Françoise, espère faire fortune, elle sera contrainte de faire la quête chez les jésuites de la Rochelle. Cette période inconfortable lui donnera l’envie de revanche et l’énergie pour construire une sécurité matérielle. L’ascension lente et maîtrisée de Françoise d’Aubigné repose sur des indices présents dans la configuration de son ciel natal.  Mars symbole de combativité, de dynamisme, trouve dans le signe de la Vierge des vertus d’analyse, de sens critique et d’exigence morale. L’action s’appuie sur des ressorts psychiques et s’applique à la gestion du quotidien au service des autres, de manière scrupuleuse et fiable. Sa détermination est forte mais discrète et prudente d’autant que Mercure qui gouverne la Vierge à l’Ascendant est conjoint à Saturne et reçoit le trigone de Mars dans le signe ambitieux du Capricorne qui ne craint pas de situer ses réalisations dans un temps long que sa patience utilise de manière souterraine pour des éclosions différées mais savamment construites. Le signe de la Vierge accueille aussi Jupiter symbole d’organisation, de réussite, de richesse. Attaché aux notions de Loi, de religion, d’enseignement, il favorise dans le signe de la Vierge des qualités d’ordre, de méthode mais en limite et en retarde le déploiement et l’envergure tout en les mettant en relation avec les cycles jupitériens de douze ans. C’est en effet à quarante huit ans au moment du quatrième cycle de Jupiter, que la marquise deviendra l’épouse morganatique du roi de France, Jupiter ne donnant pas tout son potentiel dans le signe de la Vierge et dans un secteur 12 de limitation, elle sera « la presque reine » .Madame de Maintenon a beaucoup écrit, Mercure oblige. Elle nous laisse 7 volumes de lettres mais elle a aussi beaucoup brulé par souci de discrétion. Pédagogue dans l’âme, elle a surtout rédigé pour ses élèves de Saint Cyr des textes d’une qualité et d’une finesse psychologique exceptionnelle. Elle recopie également dans ses « petits livres secrets » les conseils de l’abbé Godet des Marais son directeur de conscience à partir de 1689.

Soleil et Vénus sont conjoints dans le signe du Sagittaire et par conséquent en lien avec Jupiter en Vierge mais en aspect conflictuel. Vénus, symbole de l’amour, du mariage est sous les rayons d’un Soleil en signe de feu. Il met en évidence une vibration affective intense, brillante et bienveillante, soucieuse d’ordre, de respectabilité et de conventions sociales et tournée vers un idéal religieux.

La Lune en Cancer, son domicile, joue sa carte personnelle au plus haut du ciel natal, en vis-à-vis  de Saturne qui par maîtrise, mène toute le reste de la chaîne planétaire. La Lune au Cancer met en pleine lumière des qualités de réceptivité, de dévouement et de tendresse, de mémoire et d’émotivité, des qualités maternelles et protectrices mais aussi la propension à jouer le rôle d’un satellite, d’une auxiliaire désintéressée et anonyme. Mise en relation avec les tonalités mercuriennes du thème natal, la Lune en Cancer rend la pensée féconde, la diffuse, la rend populaire.

A suivre…..

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PIERRE SOULAGES né le 24 décembre 1919 à 13H à Rodez

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Pierre Soulages a eu 100 ans le 24 décembre dernier. Né sous le signe du Capricorne dont la planète régente est Saturne, il a déjà accompli 3 cycles de cette dernière comme autant de boucles cristallisant son œuvre dans une rare pérennité.

Si l’Astrologie gagne encore à être étudiée, approfondie, considérée, c’est pour le regard qu’elle porte sur l’expression de ce qui est singulièrement humain c’est-à-dire le geste créateur et ses productions inattendues, incomprises souvent, car si près du mystère de l’être qu’il est vain et prétentieux d’en vouloir analyser les causes et les fins.

Par le thème astral, filigrane perceptif et vibratoire faisant apparaître le tissage et le rythme de destinées exceptionnelles, l’Astrologie fait surgir le sens et en reçoit à son tour la substance qui nourrira encore et encore sa matière-pensée, trop encombrée par les théories d’écoles et systèmes divers, afin de ne retenir que l’essentiel destiné à lui garder sa place unique et éternelle : relier l’homme terrestre à son origine astrale.

L’homme est aussi le fruit d’un terroir, pour Soulages c’est l’Aveyron. Monuments romans, dolmens, menhirs gravés, sont le paysage de sa jeunesse. Une visite de classe à l’abbatiale de Conques fait impression : « J’étais là à un point précis du transept, absolument transporté par ce que j’étais en train de voir. La musique des proportions, l’espace architectural, l’émotion. »

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Il a douze ans, au retour cyclique de Jupiter quand dans cette magnifique Abbatiale de Ste Foy de  Conques naît en lui le désir de devenir artiste. Signe de cette orientation fondamentale et déterminée, une pleine Lune, à douze ans, dans l’axe essentiel du thème, Milieu du Ciel-Fond du Ciel, ici, à 14° du Capricorne et du Cancer, axe solsticial, et pour Soulages commencement d’une longue gestation créatrice qui n’en finit pas de décliner ce moment initial pour le conduire vers un accomplissement toujours à atteindre  l’amenant parfois à brûler les toiles (été 2008) qui ne répondent pas à cette sévère exigence. Il a pris comme profession de foi esthétique, le « pur rien » du troubadour Guillaume d’Aquitaine qui dit l’insatisfaction perpétuelle du créateur. Le Soleil est en Capricorne et en secteur 9 dans le thème de naissance, la Lune est également en Capricorne, dixième signe du zodiaque et en maison 10. L’encadrement du Milieu du Ciel en Capricorne entre le Soleil en maison 9 en Capricorne et la Lune en maison 10 en Capricorne est une configuration rare. (Le peintre Georges Matthieu a également un Milieu du Ciel en Capricorne mais la Lune est en Vierge et le Soleil dans le Verseau). Les aspirations sont fortes, tenaces, tendent vers un absolu. Le secteur 9, domaine de l’abstrait reçoit au moment le plus sombre de l’année, un soleil hivernal qui porte la puissance créatrice de Soulages (soleil est maître de la maison 5 en Lion, cinquième signe), vers une lumière au delà du noir, l’ « outre noir ». « Outre noir » dit Soulages pour dire un au-delà du noir, une lumière reflétée, transmutée par le noir, « outre noir qui cessant de l’être devient émetteur de clarté, de lumière secrète, « outre noir », un champ mental autre que celui du simple noir ». Les deux luminaires culminant dans le thème de Soulages rappellent les deux lumières contenues dans l’idéogramme chinois Ming, l’une de type Yang, produite par une source lumineuse chaude et qui éclaire vers l’extérieur, l’autre de type Yin, lumière lunaire, froide, éclairant l’intérieur. (Lune maître du secteur 4 en Cancer, vie inconsciente portée au Zénith du secteur 10).

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Saturne est en  vierge partageant avec le Capricorne natal et avec l’Ascendant Taureau, l’élément Terre. Enracinement, sensation, propension à explorer diverses techniques, à provoquer la matière, à la creuser, à la griffer en attente de l’inattendu, fabriquer ses propres outils, verre, papier, afin d’intensifier, de développer de préciser ce qui surgit de manière fortuite. Puissance créative du maître d’Ascendant, Vénus en Scorpion qui échange son domicile avec un Mars adouci et équilibré en Balance. Il dit :« Les matières que j’utilise sont proches de ce qui m’est fraternel : la terre, les pierres, les vieux bois, le goudron, le fer rouillé… » L’action corrosive de l’acide a, dit-il, quelque chose qui appartient au Temps (Saturne encore) qui use et détruit les choses, il provoque en quelques minutes des formes que le temps mettrait des siècles à produire, c’est « du temps piégé par une matière ».

Soulages, solitaire, n’appartient à aucun groupe, à aucune école, il passe le concours des Beaux Arts à Paris mais n’intègre pas l’école, persuadé qu’elle dispense un enseignement médiocre et rentre à Rodez. (Mercure maître de Saturne dans son thème passe à ce moment là à l’opposition de Pluton, mais plus fondamentalement, la Lune culminant en maison 10 dans son thème de naissance est encadrée par le Soleil en Capricorne et Uranus dans son signe le Verseau, inclinant au non conformisme et à l’émancipation.)

A 27 ans, au moment du retour de la Lune à sa place natale, en 10 (l’activité professionnelle), il se consacre entièrement à la peinture. Dès 1948, à 29 ans il participe à des expositions et en 1949-1950 (Saturne a accompli une première révolution), sa première exposition personnelle à Paris a eu lieu et ses toiles commencent à entrer dans les plus grands musées du monde. L’étranger accueille son œuvre avec ferveur et Soulages voyage et séjourne au Japon, au Cambodge, en Inde, au Pakistan… (La Lune indice de popularité, de fécondité est en maison 10, la carrière. Le soleil symbole de succès, d’autorité est en maison 9, le lointain,  Jupiter symbole de réussite, de profit est maître de le secteur 9 et se trouve dans le signe solaire du Lion et en secteur 5, la création).

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Le tournant de 1979 est toujours souligné dans son parcours comme un moment de rupture, selon ses propres termes, Soulages passe alors à une « peinture autre », le noir lumière, la lumière y est reflétée, transformée par le noir. Il dit : « Peindre avec le noir c’est le moyen le plus véhément de faire naître une lumière, une lumière mais picturale, c’est-à-dire émanant de la toile, modulée par la nature et la qualité des contrastes qui l’ont fait naître. Le noir est une couleur de lumière ». En 1979, Soulages à 60 ans et sont accomplis deux cycles Saturniens. Le sixième signe de la Vierge occupe le secteur 6 et reçoit Saturne rétrograde, mobilisant les aspirations essentielles du secteur 10 vers un opus alchimique intériorisé et jamais achevé, tendu vers une ascèse des moyens et des formes. Ce tournant dans sa peinture, l’Astrologie le situe deux ou trois ans plus tôt, au moment d’une nouvelle lune progressant à la conjonction d’Uranus symbole de rupture, car la gestation de l’œuvre comporte des résurgences et des courants de fonds que l’on remarque dans les reprises de thèmes antérieurs, de procédés déjà utilisés : c’est ainsi que Soulages distingue dans sa recherche trois voies du noir : le noir sur fond, le noir associé à des couleurs, la texture du noir (outre noirs), ces trois voies s’entrelaçant, tantôt en suspens, tantôt reprises. Du charbon des dessins pariétaux dont ses Brou de noix des années 1947-49 tirent leur origine, jusqu’aux vitraux de l’abbatiale de Conques, la quête est la même, la révélation de la lumière au cœur de l’obscurité la plus intense, quête dont son thème de naissance est le blason.

En 1986, une commande d’Etat engage Soulages dans un travail de 8 années qui va consacrer sa carrière en ce lieu même où elle prit sa source 55 ans plus tôt. En cette abbatiale dont la beauté l’avait tant bouleversé, il dit avoir évacué le côté émotionnel (Lune en Capricorne) pour analyser froidement et précisément le bâtiment,(Saturne en Vierge) ce travail préparatoire scrupuleux correspond à la progression du Soleil et de la Lune en opposition, pleine Lune de 14° de la Vierge à 14° des Poissons, mettant à nouveau en évidence Saturne natal. Le récit de cette aventure par Soulages lui-même, est passionnante tant elle permet de comprendre le processus de réflexion et l’inventivité à l’œuvre. Soulages est amené à créer un verre particulier et deux états de cette matière, opaque comme la pierre ou bien transparent, état dits amorphe ou cristallisé, à la recherche d’une qualité métaphysique de la lumière.

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Pour Pierre Soulages, « l’œuvre vit du regard qu’on lui porte. Elle ne se limite ni à ce qu’elle est ni à celui qui l’a produite, elle est faite aussi de celui qui regarde. Ma peinture est un espace de questionnement et de méditation où les sens qu’on lui prête peuvent venir se faire et se défaire ». Le rapport artiste-œuvre-spectateur est une construction réciproque, affirmation inscrite dans la position du maître d’Ascendant Vénus en secteur 7, celui de l’échange, du dialogue et Mars maître de Vénus dans le septième signe, la Balance.

Artiste exceptionnel, artiste expérimental qui n’en finit pas de chercher et qui avoue « c’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche », Soulages aura son Musée à Rodez au printemps 2014. Là encore l’Astrologue s’émerveille de repérer que l’Ascendant au début du Taureau à la naissance rejoint maintenant, par progression, la place occupée par la conjonction Jupiter – Neptune en Lion  en signe et en maison  de création.

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L’enfant qui commença à peindre à 5 ans préférant tremper son pinceau dans l’encre noire plutôt que dans la couleur s’est construit à travers son œuvre,  cathédrale romane dont l’intériorité dense et profonde semblable aux grottes obscures de Pech-Merle, de Font-de-Gaume, d’Altamira ou de Lascaux, nous révèle au plus profond de cette obscurité originelle la trace d’un  chemin vers notre lumière.

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Quatuor pour un seul signe : le Scorpion LUCHINO VISCONTI

Luchino Visconti

« Je suis venu au monde le jour des morts par une coïncidence qui restera toujours scandaleuse » (Luchino Visconti), le 2 novembre 1906 à Milan, le jour des défunts, dans une ville où les Visconti ont régné pendant des siècles arborant sur leur blason une guivre dressée, ondoyante et dévorant un enfant. Le dévore t-elle où le met elle au monde ? Gérard de Nerval écrit qu’elle est « une mère cosmique qui engendre l’enfant verbe » et pour Visconti « Mourir ou naître c’est la même chose », les chaldéens n’avaient-ils pas un même mot pour désigner le serpent et la Vie. C G Jung dit encore qu’il symbolise l’obscurité du psychisme, ce qui est rare, incompréhensible et mystérieux.

Impressionné par ce totem familial partout représenté (sur les portraits, les meubles, les livres ou les cartouches de pierre), Visconti ne cessera d’en exprimer la complexité tout autant que celle de son ciel de naissance, riche des contrastes d’une personnalité puissante, terrifiante souvent, généreuse et tourmentée aussi.

Le Soleil est en Scorpion face à la Lune en Taureau, tension féconde entre un psychisme qui, d’une part, se plait à fouiller les ressorts morbides de l’être humain et les siens aussi, d’autre part, tente de maîtriser une sensibilité secrète et féconde imprégnée de la souveraine image maternelle de Donna Carla, qui donne à ses enfants une éducation raffinée, disciplinée, musicale surtout. Visconti se rappelle : « Peut-être est-ce là mon souvenir le plus cher ; je vois encore le reflet de la lumière incertaine sur mon violoncelle. Je sens le poids léger de la main de ma mère sur mon épaule ». Les Visconti ont leur loge attitrée à la Scala, à gauche de la scène, tout près de la fosse d’orchestre. Luchino baigne dans le monde féerique, de l’opéra et du théâtre. Verdi, Puccini, Wagner ou Strauss exaltent sa vie d’enfant et d’adolescent.

Pluton est à l’Ascendant Gémeaux. Astre des destructions et des transformations, il accentue  l’attirance de Luchino Visconti pour les histoires qui s’achèvent et les êtres qui se détruisent, pour les univers sombres et les méandres psychiques empruntés par un mal incarnant sa toute puissance. Il trouvera en Sartre, Camus ou Dostoïevski les leitmotivs obsédants d’Ossessione (Les amants diaboliques), des damnés (La chute de dieu, transposition germanique de Macbeth), de Rocco et ses frères (L’idiot de Dostoïevski) et de Mort à Venise d’après l’ouvrage de Thomas Mann. Chaque film a une source littéraire. Son chef  monteur, Mario Serandrei dit qu’il  « se sert de la pellicule comme l’écrivain se sert de l’encre », l’Ascendant étant en Gémeaux, Mercure en Sagittaire au trigone des nœuds lunaires occupant l’axe de la pensée et des moyens de créations et leurs  maîtres, Soleil et Saturne, en aspect bénéfique.

Le travail est essentiel pour le cinéaste, c’est dans ce domaine, le secteur 6, qu’il exprime sa nature profonde, l’endroit et l’envers du Scorpion, son intérêt pour l’implication sociale et politique dans les destins individuels et familiaux, une créativité hors norme, infatigable  et  par l’affrontement de Mars dans le septième signe avec Uranus en secteur 7, l’impossibilité de construire une vie sentimentale paisible, d’instaurer des compromis avec ses acteurs qu’il dresse et dompte comme les chevaux de son écurie, mêlant tyrannie et adoration , générosité et humiliation, la propension de ses films à déclencher des scandales, des polémiques et l’intervention de la justice.

Saturne érigé au zénith forge son  goût de la discipline militaire, de la perfection mais aussi dans le signe des Poissons, l’attirance pour les « vaincus », les victimes et les sacrifiés. Cette planète rythme l’existence de Luchino Visconti, elle scelle à 29 ans son premier élan amoureux vers Irma une jeune aristocrate dont la famille s’oppose au mariage. Après cette déception, Visconti se tournera vers des amours masculines. De la même façon que Marcel Proust, il vivra son homosexualité comme une malédiction et la sublimera dans une conception métaphysique de la Beauté : « Poser les yeux sur la beauté c’est déjà poser les yeux sur la mort » dit-il. La trentaine c’est aussi la rencontre avec Jean Renoir dont il devient l’assistant à Paris et qui lui transmettra ses convictions communistes. A son retour en Italie, son regard sur son pays d’origine en est bouleversé.  Au deuxième retour de Saturne à la soixantaine, la rencontre avec le jeune Helmut Berger, donnera un nouvel élan à son œuvre. « J’écrirai des histoires pour toi » lui dit-il. Le premier rôle qu’il lui confie est celui de Martin  dans « Les damnés ». Il sera sublime dans l’incarnation du Roi Lune, Louis II de Bavière.

Jupiter conduit le cortège planétaire. Sous sa gouverne : Saturne au milieu du Ciel en Poissons, Mercure et Vénus en Sagittaire, ces trois planètes gouvernant chacune les autres planètes. Jupiter en Cancer met en évidence l’attachement fidèle de Luchino Visconti aux traditions familiales, « La famille, une sorte destin auquel il est impossible d’échapper » dit-il,  l’abondance et la luxuriance des étés passés  au bord du Lac de Côme, lieu de villégiature de l’aristocratie milanaise dont André Suarès disait : « Partout, la montagne y enferme un monde clos sur son bonheur ». Grazzano et son château médiéval, témoin de l’histoire belliqueuse des Visconti, Grazzano et son château pour lesquels le comte Giuseppe Visconti,  père de Luchino, déploie des trésors de créativité, de générosité et d’inventivité, ses talents d’architecte et de metteur en scène. Décor de rêve, ferment de l’imagination de Luchino et de son inscription dans un temps long qui guidera ses œuvres vers l’axe vertébral de Saturne, astre du temps, trônant au plus haut du ciel natal. Cernobbio surtout, du côté maternel : La somptueuse villa Nuova construite à la fin du 19ème siècle et la villa Vecchia inhabitée. Jupiter conjoint à Neptune donnera à cette magnificence héritée, une expression esthétique évidente dans des films comme Mort à Venise ou Le Guépard mais aussi une connotation de décadence, de déliquescence attachées à la présence de Neptune et de Pluton et à la pesanteur de Saturne en Poissons qui, en quête d’absolu, rend vulnérable aux événements porteurs de déclins, de cassures, de sacrifices.

A suivre ….

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Jacques Offenbach Bi-centenaire de sa naissance.

Jacques Offenbach

L’œuvre de Jacques Offenbach a souffert d’un malentendu qui perdure. Il était pour ses contemporains et il est encore pour un public mal informé, un musicien superficiel, auteur d’hilarantes bouffonneries. Caricature injuste pour ce talentueux compositeur dont l’œuvre pour le théâtre lyrique est composée de deux fois plus d’ouvrages sérieux que de fantaisies comiques. Cette confusion est  sans doute la conséquence d’une personnalité contradictoire et des facettes arlequinesques qui la composent.

thème astral de Jacques Offenbach

Gémeaux par la position du Soleil à sa naissance le 20 juin 1819, Gémeaux aussi par la position du facétieux Mercure, astre qui joue à cache-cache avec le Soleil, tantôt visible tantôt disparaissant, quelquefois brûlé par la lumière de ce dernier, ici, médiateur intelligent et distancié, prompt aux déguisements qui révèlent, aux dissimulations qui mettent à nu des vérités pas bonnes à dire autrement. Gémeaux encore par l’Ascendant, renforçant l’expression enjouée de ce signe printanier où le Soleil avance vers sa plus haute élévation. Gémeaux presque, par la Lune qui bascule d’un signe à l’autre, enceinte de la prodigieuse et talentueuse récolte de Vénus en Taureau qu’elle confie à l’habileté primesautière de Mercure en Gémeaux.

Portant tout le zodiaque en nos profondeurs psychiques, nous sommes invités à en extraire un enseignement individuel mettant au jour nos contradictions et conflits internes. Chaque signe du zodiaque marque ainsi une étape sur le long et inépuisable processus de conscience symbolisé par la course du Soleil qui le traverse en quatre saisons. Du Gémeaux il est commun de mettre en avant la dualité comme si ce signe du Zodiaque en portait l’exclusivité, or en présentant aux autres  et en pleine lumière, une image  de nous-mêmes presque toujours la plus utile pour l’estime que nous voudrions qu’ils nous portent, nous laissons dans l’ombre d’autres aspects quelquefois moins flatteurs ou bien non assumés mais qui recèlent souvent notre meilleure part et la plus riche de sens.

Le thème du masque parcourt toute l’œuvre d’Offenbach, il l’a apporté dans ses bagages en venant de Cologne sa ville natale, la ville du carnaval. Dans son Histoire de l’Opéra, René Leibowitz écrit : « Même pour le public contemporain d’Offenbach qui riait parce qu’il se reconnaissait sous les déguisements divers des personnages d’Orphée, de la Belle Hélène ou de la Vie parisienne, la vue même de ces spectacles devait receler une certaine ambiguïté. Ce public riait -c’est un fait- mais il riait parce que ce qu’il voyait était risible et puisqu’il s’agissait de lui-même, c’est donc qu’il était lui-même risible et s’il était lui-même risible c’est donc que tout cela contenait également une part de tristesse ». Par ailleurs, dans son ouvrage consacré à Offenbach, Robert Pourvoyeur  nous rappelle que le théâtre a toujours présenté deux visages, chez les Grecs, Thalie et Melpomène, la Comédie et la Tragédie. Ces deux visages, Offenbach les assume pleinement dans sa création  mais aussi dans son caractère.

La mobilité de Mercure à l’orient du thème de naissance s’exprime dans la vivacité du rythme qui anime l’existence et l’œuvre d’Offenbach. Vivacité de son apparence bigarrée savamment soignée pour attirer la curiosité, vivacité des rythmes musicaux qui rappellent la cadence des trains tant de fois empruntés pour parcourir l’Europe, vivacité dans la multiplication des tâches et responsabilités qu’il s’impose sans relâche, menant en même temps plusieurs partitions, veillant sur sa publicité, voyageant, discutant finances, tout cela magnifiquement orchestré et organisé car soutenu par Jupiter qui occupe le Milieu du ciel, veillant à l’objectif  majeur : la réussite. Mercure en aspect d’Uranus et en accord avec Jupiter en Verseau, se signale aussi dans l’inventivité avec laquelle le musicien utilise la prosodie de la langue française qui n’est pas sa langue maternelle dont il a acquis une maîtrise parfaite mais qu’il affuble d’un accent pittoresque.

 

A suivre ……

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