Jacques Offenbach Bi-centenaire de sa naissance.

Jacques Offenbach

L’œuvre de Jacques Offenbach a souffert d’un malentendu qui perdure. Il était pour ses contemporains et il est encore pour un public mal informé, un musicien superficiel, auteur d’hilarantes bouffonneries. Caricature injuste pour ce talentueux compositeur dont l’œuvre pour le théâtre lyrique est composée de deux fois plus d’ouvrages sérieux que de fantaisies comiques. Cette confusion est  sans doute la conséquence d’une personnalité contradictoire et des facettes arlequinesques qui la composent.

thème astral de Jacques Offenbach

Gémeaux par la position du Soleil à sa naissance le 20 juin 1819, Gémeaux aussi par la position du facétieux Mercure, astre qui joue à cache-cache avec le Soleil, tantôt visible tantôt disparaissant, quelquefois brûlé par la lumière de ce dernier, ici, médiateur intelligent et distancié, prompt aux déguisements qui révèlent, aux dissimulations qui mettent à nu des vérités pas bonnes à dire autrement. Gémeaux encore par l’Ascendant, renforçant l’expression enjouée de ce signe printanier où le Soleil avance vers sa plus haute élévation. Gémeaux presque, par la Lune qui bascule d’un signe à l’autre, enceinte de la prodigieuse et talentueuse récolte de Vénus en Taureau qu’elle confie à l’habileté primesautière de Mercure en Gémeaux.

Portant tout le zodiaque en nos profondeurs psychiques, nous sommes invités à en extraire un enseignement individuel mettant au jour nos contradictions et conflits internes. Chaque signe du zodiaque marque ainsi une étape sur le long et inépuisable processus de conscience symbolisé par la course du Soleil qui le traverse en quatre saisons. Du Gémeaux il est commun de mettre en avant la dualité comme si ce signe du Zodiaque en portait l’exclusivité, or en présentant aux autres  et en pleine lumière, une image  de nous-mêmes presque toujours la plus utile pour l’estime que nous voudrions qu’ils nous portent, nous laissons dans l’ombre d’autres aspects quelquefois moins flatteurs ou bien non assumés mais qui recèlent souvent notre meilleure part et la plus riche de sens.

Le thème du masque parcourt toute l’œuvre d’Offenbach, il l’a apporté dans ses bagages en venant de Cologne sa ville natale, la ville du carnaval. Dans son Histoire de l’Opéra, René Leibowitz écrit : « Même pour le public contemporain d’Offenbach qui riait parce qu’il se reconnaissait sous les déguisements divers des personnages d’Orphée, de la Belle Hélène ou de la Vie parisienne, la vue même de ces spectacles devait receler une certaine ambiguïté. Ce public riait -c’est un fait- mais il riait parce que ce qu’il voyait était risible et puisqu’il s’agissait de lui-même, c’est donc qu’il était lui-même risible et s’il était lui-même risible c’est donc que tout cela contenait également une part de tristesse ». Par ailleurs, dans son ouvrage consacré à Offenbach, Robert Pourvoyeur  nous rappelle que le théâtre a toujours présenté deux visages, chez les Grecs, Thalie et Melpomène, la Comédie et la Tragédie. Ces deux visages, Offenbach les assume pleinement dans sa création  mais aussi dans son caractère.

La mobilité de Mercure à l’orient du thème de naissance s’exprime dans la vivacité du rythme qui anime l’existence et l’œuvre d’Offenbach. Vivacité de son apparence bigarrée savamment soignée pour attirer la curiosité, vivacité des rythmes musicaux qui rappellent la cadence des trains tant de fois empruntés pour parcourir l’Europe, vivacité dans la multiplication des tâches et responsabilités qu’il s’impose sans relâche, menant en même temps plusieurs partitions, veillant sur sa publicité, voyageant, discutant finances, tout cela magnifiquement orchestré et organisé car soutenu par Jupiter qui occupe le Milieu du ciel, veillant à l’objectif  majeur : la réussite. Mercure en aspect d’Uranus et en accord avec Jupiter en Verseau, se signale aussi dans l’inventivité avec laquelle le musicien utilise la prosodie de la langue française qui n’est pas sa langue maternelle dont il a acquis une maîtrise parfaite mais qu’il affuble d’un accent pittoresque.

 

A suivre ……

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