JEAN COCTEAU né le 5 juillet 1889 à 1h à Maison Laffitte

rQZ0ZwHlF0caEmEdZQNjZQNjjean-cocteau-mains

 Esquisse

L’œuvre de Jean Cocteau est un dédale où l’on peut se perdre à la recherche du poète qui explora tant de modes d’expression avec virtuosité, sincérité, audace, avec souffrance aussi. Son thème astral est un miroir à traverser pour aller à sa rencontre et dérouler le fil unique de ce labyrinthe crétois que dessinent son désir, sa difficulté d’être.

Vénus apparaît à l’horizon oriental dans le signe printanier du Taureau. Cercle surmonté d’une croix, telle qu’on la représentait au moyen âge, elle nous tend l’objet spéculaire où reconnaître la puissance d’attraction qu’elle condense dans ce signe dionysiaque. Signature de l’acuité sensorielle de Jean Cocteau, Vénus est le motif de son geste créateur, le fil graphique que prennent tous ses chemins d’expression : dessin, écriture, cinéma, théâtre, céramique, tapisserie…

la-tour-eiffel-j-cocteau

Né en 1889, comme la tour Eiffel, Cocteau capte et rassemble dans sa large gamme esthétique les ondes d’une époque, d’un courant artistique qu’il diffuse à sa manière, électrisant tout autour de lui et lui-même jusqu’à l’exaspération. Reine des Arts, Vénus à l’orient tend vers Neptune pour s’y répandre et s’y noyer. Elle se grise et y prend le goût de l’étrange, de l’occulte, de l’interdit. Les volutes d’opium vont et reviennent du royaume orphique pour en expirer une  intuition supérieure. A l’approche de Pluton, elle pénètre dans la « zone » d’un au-delà,  s’y désincorpore et y côtoie sa mort, princesse élégante et énigmatique.

Le royaume lumineux  sourd de la source  cancérienne, dans l’été méditerranéen de Santo Sospir, là où le soleil caresse sa peau jusqu’à la brûlure, carapace bien trop fragile pour défendre une âme de bête écorchée. Comme pour Proust son aîné, lui aussi Cancer par le Soleil, la mère est une amante, « Est-il plus doux ménage, ménage plus doux et plus cruel, ménage plus fier de soi, que ce couple d’un fils et d’une mère jeune » écrit-il. Le père, Cancer lui aussi, avocat et peintre amateur s’est suicidé le 5 avril 1898, laissant autour de cette mort le grand silence d’un espace libéré pour l’envahissement maternel et sa dépendance matérielle.

A suivre

Ce contenu a été publié dans Esquisses. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *