Quatuor pour un seul signe : Le Scorpion Auguste Rodin

Auguste Rodin

Scruter le ciel de naissance d’Auguste Rodin, en dégager les lignes de forces, le sculpter  à sa manière, y ajouter de la matière, en supprimer autant, pousser la pensée jusqu’au déséquilibre, jusqu’au déraisonnable, douter aussi d’une interprétation inachevée qui tente d’approcher le génie d’un artiste sans le trahir, mimer ce geste singulier qui cherche passionnément le secret du modèle offert, sa vérité par-dessus tout, au risque de lui déplaire, extraire de ce ciel ce qui en constitue l’essence, le donner à voir et à comprendre, trouver dans la laborieuse réflexion sur un ordre cosmique paradoxal, d’abord le reflet des aléas d’une vie, puis une manière juste et sincère de s’émerveiller du dialogue entre nous et lui grâce à cette dimension astrale symbolique, métaphorique, analogique, artistique aussi, sans laquelle le sens s’effondre et désenchante nos existences.

Thème astral d’Auguste Rodin

Le signe du Capricorne est à l’Orient du ciel natal donnant à Saturne tout pouvoir sur la lente gestation et l’architecture d’un destin très tôt marqué par l’injonction paternelle : « Il faut mon cher Auguste songer à avoir une tête car il s’agit pour toi de te créer un avenir solide et durable…. » « .. qu’un jour à venir on puisse dire de toi comme de ces grands hommes, l’artiste Auguste Rodin est mort, mais il vit pour la postérité présente, future et à venir. C’est ainsi qu’après la mort on vit. C’est ainsi que l’histoire vous fait vivre dans les siècles à venir. Courage, courage… La postérité vous rend témoignage, Auguste Rodin n’est plus mais il vit dans nos cœurs et il n’est pas mort ». Le secteur 4 en Taureau, pose les fondations et renvoie à la conjonction Vénus Saturne dans le secteur 11, en Sagittaire, projetant la création, les espoirs, les amours aussi, vers une tension idéaliste, érigée comme la flèche des cathédrales tant aimées du sculpteur, minuit céleste d’un désir jamais assouvi, cherchant dans la materia prima de l’argile malaxée, triturée, violentée, chair contre chair, la fécondité d’un opus qui voudrait édifier un nouveau monde dans la plénitude d’un soleil culminant à l’approche de Jupiter dans le signe du Scorpion.
Soleil dans le décan talentueux du Scorpion, inondant le Zénith de sa lumière et procédant vers Jupiter astre de la réussite, de l’expansion, de la pléthore aussi, sous la maîtrise de Mars en huitième secteur dans le signe de la Vierge opposé à Uranus, donnant à l’énergie forcenée du Scorpion la discipline, le réalisme, la lucidité, le perfectionnisme d’un sixième signe soumis aux crises, aux pertes, aux convulsions d’un tempérament fougueux, dionysiaque,  entièrement accaparé par son geste créateur.

Lente fut la progression vers la gloire ; Rodin commença par l’artisanat ; de 18 à 22 ans il est mouleur et ornemaniste et fait ses gammes à « la Petite Ecole », est refusé trois fois aux concours des Beaux Arts, fort heureusement, évitant ainsi de tomber dans l’Académisme. Horace Lecocq de Boisbaudran directeur et brillant enseignant à la Petite Ecole apprendra à Rodin à dessiner de mémoire. Constant Simon lui enseignera « la science du modelé ». De ces précieux conseils il retiendra que« Toute vie surgit d’un centre, puis elle germe et s’épanouit du dedans au dehors » et enseignera plus tard à ses jeunes élèves à regarder avec les yeux de l’âme. Rodin aura l’art de dégager les lignes essentielles, talent inscrit dans sa signature saturnienne qui épure toutes formes. La vérité, la vérité avant tout, ne pas idéaliser la nature humaine, servir la Nature, le réel, sans chercher à l’embellir car « Dans la crispation d’une physionomie maladive,dans le ravinement d’un masque vicieux, dans toute déformation , dans toute flétrissure, la vérité intérieure éclate plus aisément que sur des trait réguliers et sains ». Du sculpteur animalier Barye, Rodin dira : » C’est tout de même de lui que j’ai le plus appris ».

A suivre….

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Quatuor pour un seul signe : Le Scorpion. Albert Camus

Albert Camus

Camus est un enfant de la terre algérienne mais plus encore de la méditerranée, mer au milieu des terres, mer amante,  associée au bonheur, indissociable du soleil, l’un et l’autre inondant l’œuvre de Camus de La mort heureuse aux Noces à Tipasa, de Noces  à l’Eté…et jusqu’au nom de L’étranger Meursault qui réunit mer et sol.

Le 7 novembre 1913 à 2 heures du matin, le signe de la Vierge est à l’horizon oriental. La Vierge, sixième signe du zodiaque à laquelle fait écho la Lune dans le secteur 6 mais encore la conjonction de Mars et Neptune dans le signe du Cancer où la Lune est à son domicile, inaugurent et clôturent du premier ouvrage au dernier resté inachevé, l’empreinte d’une mère, presque sourde, humble, illettrée, murée dans un silence animal.

De cet Ascendant Vierge et d’un Soleil en Scorpion, Camus exprime le sens critique, la précision du verbe, l’alternance du retrait et de l’offensive, du repli douloureux et des convictions tenaces. Cette ambivalence nourrit le besoin de mettre de l’ordre dans le monde dont la création personnelle veut être le reflet. Camus affirme avoir eu un plan précis lorsqu’il a commencé son œuvre, ce serait un triptyque articulé sur cette dualité : d’une part négative, sous trois formes : romanesque (l’Etranger), dramatique, (Caligula, le Malentendu), idéologique, (le mythe de Sisyphe), d’autre part positive sous trois formes à nouveau : romanesque (la peste), dramatique (l’état de siège, Les justes), idéologique (l’homme révolté) et il y aurait ajouté un autre thème, l’amour…..

Mercure est maître de l’Ascendant et du Milieu du ciel, double tropisme vers l’écriture. La vocation  d’Albert Camus naît à l’âge de 17 ans, moment où le zénith à progressé dans le signe du Cancer et où la Lune maître du signe se pose sur l’Ascendant progressant en Balance, tandis que le Soleil éclaire le Sagittaire où Mercure occupe le secteur 3, domaine des écrits, y affirmant sa présence pérenne. En filigrane de cet appel vers l’écriture il y a la mère « la recherche entière de Camus à travers ses essais, ses romans et ses pièces de théâtre se présente comme le palimpseste du silence maternel. Ce que la mère n’a pu confier à son fils, le fils le confiera à l’écriture » ( J F Mattéi) mais aussi le soutien de pères de substitution : Monsieur Germain son instituteur, Jean Grenier son professeur de Philosophie, plus précocement, son oncle Gustave Acault, boucher de profession et fou de lecture qui l’accueille chez lui et lui offre ses livres. Camus dira à la mort de cet oncle bienfaiteur : « Il était le seul homme qui m’ait fait imaginer un peu ce que pouvait être un père ».

La Lune en sixième secteur à la fin du signe du Verseau et dans un décan lunaire, procède d’Uranus dont elle assimile la révolte, l’indépendance et l’originalité tout en retenant la sensibilité et les désirs, contrainte par les aléas du secteur 6 lié à la santé et aux conditions de vie pénibles d’un milieu pauvre. La Lune s’oriente vers Saturne rétrograde qui construit et approfondit sans relâche les valeurs intellectuelles, élève la création vers la rigueur, s’efforçant de grandir en lucidité, laborieuse, tenace dans ses engagements. A l’âge de raison, la Lune rejoint Saturne et marque sans doute une prise de conscience de la souffrance maternelle et d’une communication impossible avec elle. La comprendre et l’aimer trouve alors sa sublimation dans un regard supérieur qui pour l’instant ne peut s’épancher  mais installe le terreau fertile de la création à venir.

L’axe du secteur 3 et du secteur 9 oppose Mercure à Saturne, Mercure en Sagittaire dans un décan mercurien oriente et ouvre la pensée vers des perspectives audacieuses, insurrectionnelles, à la conquête de plus de justice,  de plus de justesse, construisant par son aspect à Saturne une synthèse architecturale qui dépasse les clivages et refuse toute doxa. Saturne en secteur 9 en Gémeaux dans un décan attribué à Mars  obéit à la voix de la conscience, défend ses engagements, tirant sa force de l’opiniâtreté et de la puissance créative du signe natal, le Scorpion. La pensée est verticalité, elle est éthique. Mars qui chute dans le signe du Cancer est conjoint à Neptune, le combat est nourri par l’émotionnel et sourd d’un lien douloureux avec la mère, avec la patrie, la terre des origines. Camus fuit la violence barbare et vise une métamorphose plutonienne qui ne peut être qu’amoureuse du monde et contraire à la volonté de puissance. Camus érige sa pensée sur l’axe vertébral de Saturne en Gémeaux dont les thèmes camusiens expriment la dualité : L’exil et le royaume, l’envers et l’endroit, l’absurde et la révolte….balancement aussi dans la position de Mars force du verbe, tendu entre Neptune, octave de Vénus, planète compassionnelle, réceptacle de sensations et d’émotions océaniques, et  Pluton, force chtonienne destructive et régénératrice à la fois, tension encore entre Neptune fusionnel et Uranus fulgurant et libre qui répond à l’appel de Saturne en Gémeaux et conquiert la liberté d’une  pensée sans cesse à l’ouvrage.

Albert Camus

Albert Camus

L’ascendant qui va de Neptune à Vénus exprime un besoin d’affection, d’harmonie mais aussi les déceptions et trahisons dont Camus a beaucoup souffert. Tout au long de sa carrière les attaques seront incessantes surtout au moment de la guerre d’Algérie. Neptune est maître du secteur 7, il trouble le secteur 11, les amitiés, notamment avec Sartre au sujet du livre de Camus « l’homme révolté » dans lequel l’écrivain donne ses positions par rapport au régime communiste et que Sartre cloue au pilori. Camus réglera ses comptes avec son ami et les existentialistes dans La Chute dont Jean Claude Brisville ou même Michel Bouquet disent que c’est son « maître livre ».

A suivre…..

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Quatuor pour un seul signe : Le Scorpion . Marie Curie.

Marie Curie

L’année de naissance de Marie Curie, la Pologne, berceau de son enfance, perd son nom et prend celui de  « territoire de la Vistule », elle perd aussi la liberté de s’exprimer en sa langue, la Russie lui imposant la sienne.

Marie Sklodowski grandit dans une famille où les valeurs culturelles sont essentielles, l’argent  manque mais qu’importe, il faut apprendre, résister, s’élever. Le père de famille, professeur de mathématique et de physique, s’intéresse  à tout : littérature, musique, science. La mère est également enseignante.  Les 4 sœurs parlent 5 langues et déploient leurs talents en toute liberté. Bronia, maternelle, dévouée, est la préférée de Marie, elle sera sa confidente et son soutient aux moments les plus difficiles. Jozef le frère sera médecin.

Le 7 novembre 1867 à Varsovie, à 9 heures du matin, se lève  à l’horizon oriental le signe du Capricorne,  dixième signe du zodiaque en rapport avec le dixième secteur d’un horoscope, Saturne maître du signe est situé au zénith dans le signe du Scorpion. Cet ascendant dans le Capricorne et la position de Saturne astre du temps, prédestinent Marie à une ascension sociale lente, patiente et déterminée, rythmée par le cycle Saturnien. Une constellation de planètes au plus haut point de son ciel de naissance entourant le maître de l’Ascendant révèlent quelque chose d’extraordinaire. Le Soleil, Saturne, Vénus et Mars s’y rassemblent et focalisent une énergie hors du commun dans le signe du Scorpion.

 Thème natal de Marie Sklodowska Curie

Thème natal de Marie Sklodowska Curie.

Marie a très tôt une conscience intime de son destin, elle sera « Quelqu’un » mais elle dit aussi avec lucidité: « J’ai une nature difficile, une nature à vaincre ».  Quatre planètes dans le signe du Scorpion expriment toutes les nuances et ambivalences de ce signe : sur le plan de son projet de vie par la position du Soleil, sur le plan d’une orientation de ses aptitudes innées par la position de Saturne maître de l’Ascendant, sur le plan de sa combativité et de la force de son expression par la position de Mars maître du secteur 3, sur le plan des sentiments par Vénus, en relation dans son ciel de naissance, avec les origines, les racines et l’idéal affectif d’un secteur 9 en Balance.

Ces nuances et ambivalences tiennent à la fusion de ces planètes hissées au sommet du thème. Le Soleil y imprime son sens de la grandeur, son amour de l’inaccessible, l’estime de soi, la brillance intellectuelle, soutenus par Mars maître du Scorpion qui oriente son énergie, sa force et son engagement jusqu’au sacrifice de l’ego au nom de la science. Ambivalence parce que le Soleil va vers Saturne qui d’un côté favorise l’envergure scientifique sur le plan intellectuel de l’autre intravertit les sentiments par sa conjonction à Vénus en exil dans le signe du Scorpion, les approfondit, les cristallise tout en les intensifiant si fort que leur libération s’exprime dans la fulgurance de Mars. Vénus située entre Saturne et Mars expose Marie à des expériences douloureuses et violentes d’autant plus que Pluton destructeur les affronte depuis les ténèbres du  fond du ciel en Taureau : décès d’une de ses sœurs  Zofia à l’âge de 14 ans,  en 1876, Marie a 9 ans, décès de sa mère deux ans plus tard des suites d’une tuberculose, décès de Pierre Curie en 1906, Marie a 39 ans, et plus tard à 44 ans, liaison passionnée, tumultueuse, exposée cruellement à la vindicte publique et finalement brisée, avec Paul Langevin brillant chercheur, élève de Pierre Curie et si un jeu de mot est permis : « L’ange vain » de sa vie tandis que Pierre en a été la pierre d’angle avec son Soleil à 23 degrés du Taureau, éclairant l’obscurité du Nadir dans le thème de son épouse.

Mercure est dans le signe du Sagittaire menant la cohorte des quatre planètes en Scorpion, se repliant dans son mouvement lorsque Marie aura 5 ans, reprenant sa course directe lorsqu’elle en aura 24, cycle du retour de Jupiter à sa position natale : les portes de la Sorbonne lui sont enfin ouvertes. Mercure est conjoint à Mars dont il capte la capacité inépuisable d’effort intellectuel, en Sagittaire, orienté vers une expansion indépendante, volontaire, audacieuse et qui plus tard emmènera Marie vers des horizons lointains pour diffuser et universaliser ses recherches soutenues davantage par l’étranger que par la France.

A suivre…..

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Quatuor pour un seul signe : La Balance . Denis Diderot

Denis Diderot

Denis Diderot naît à Langres le 5 octobre 1713. Deux ans plus tard, c’est la fin du règne de Louis XIV et l’orée d’une longue période qui jusqu’à la Révolution française exaltera la raison, la science, la diffusion des connaissances, la lutte contre les injustices et la confiance dans le progrès. « Le siècle des Lumières, siècle un, profondément, mais combien divers. La raison éclaire tous les hommes, elle est la lumière ou plus précisément, ne s’agissant pas d’un rayon mais d’un faisceau, les Lumières. (Albert Soboul).

Ce faisceau se déploie en Europe, The Enlightenment au royaume uni, Die aufklarung en Allemagne, les Lumières en France, réunissant avec des nuances différentes une brassée d’esprits brillants dont  Denis Diderot,  maître d’œuvre de l’Encyclopédie, ouvrage magistral auquel il consacrera, contre vents et marées, plus de vingt ans de son existence, accompagné dans cette aventure par deux cent collaborateurs parmi lesquels Jean Le Rond d’Alembert, le baron d’Holbach, le chevalier Louis de Jaucourt, Jean Jacques Rousseau, Voltaire…

Le signe des Poissons occupe l’horizon oriental au moment de la naissance de Diderot. Langres est un évêché puissant, l’entourage est religieux, oncle chanoine, frère prêtre, sœur religieuse. Diderot étudie au collège jésuite de sa ville natale et  reçoit la tonsure à 13 ans puis accomplit un cycle complet de théologie à la Sorbonne.  Jupiter maître de l’Ascendant est astre de religion, le secteur 9 qui lui est dédié est situé dans le neuvième signe, le Sagittaire et occupé par Mars, renforçant très tôt la combativité intellectuelle de Diderot contre le pouvoir clérical et contre tous les préjugés. Au carré de son maître Jupiter, Mars affirmera son élan audacieux, non conformiste, bravant la Loi, affrontant des ennemis sournois, au risque de perdre la liberté. Jupiter en secteur 12, maître du secteur 9 pointe sur l’origine philosophique  des conflits  avec les jésuites, avec les autorités politiques et sur l’incarcération dans le donjon de Vincennes en 1749, au moment du retour cyclique de Jupiter tandis que  Saturne jette son ombre sur le Soleil progressé en Scorpion. Motif de cet enfermement ? La « Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient » dans laquelle Diderot affirme son athéisme et avance que la morale est liée à la sensibilité individuelle et par conséquent ne peut prétendre à l’universalité. Le Soleil entre Mercure et Mars, met en sourdine l’aspect conciliant de la Balance et expose le philosophe à des réactions et des haines violentes parce qu’il manque de souplesse et aime la polémique. Toutefois Jupiter bien situé dans son domicile, le signe des Poissons, adoucira les épreuves et les transformera en énergie pour mener à maturité la tâche intellectuelle colossale que représente la rédaction d’un ouvrage aussi complet que l’Encyclopédie. Jupiter maître du Zénith en Sagittaire, situé en secteur 12, ne permet pas une expansion  sociale rapide et sème la vie de Diderot d’épreuves, de sacrifices, de privations mais aussi de problèmes avec la Loi en relation avec l’aspect conflictuel entre Mars maître du Bélier intercepté en secteur 1,  maître du Scorpion sur la pointe du secteur 8 et Jupiter prisonnier du secteur 12 à l’opposition de Saturne en secteur 6. Pourtant, Mars et Jupiter encadrant un Zénith en Sagittaire, révèlent un Diderot déterminé à porter au plus haut un idéal philosophique de manière méthodique et infatigable.

Le Soleil est dans le septième signe, la Balance, en secteur 7 il met l’accent sur les associations, collaborations, les engagements et contrats et sur le mariage. Vénus en secteur 6, attaché aux moyens de subsistance, va au carré de Mars, Vénus est aussi maître du Taureau en secteur 2 attribué à l’argent, cette configuration présageant des difficultés domestiques et financières  lancinantes. Justifiées par la négligence et les liaisons nombreuses du philosophe, les querelles conjugales seront néanmoins apaisées par l’attitude de Diderot compréhensif et dévoué envers Nanette tellement indifférente à sa vie intellectuelle. Trois enfants  naîtront d’abord de cet attelage tumultueux, ils mourront en bas âge,  puis viendra en 1753 une fille, Marie Angélique : « Je suis fou de ma petite fille ! Ah, mon ami, le joli caractère, la jolie âme ! Quelle femme on ferait de cet enfant si la mère le permettait. ». (Denis Diderot). Lorsque Nanette aura des problèmes de santé, Diderot pourra se consacrer à l’éducation de sa fille. La Lune est dans le signe affectif du Taureau maître du secteur 5 (Les enfants, l’éducation) et fait un trigone à Vénus.

Parmi ces femmes, amies ou maîtresses, chères à Diderot la préférée est Louise Henriette Volland rencontrée en 1755. Il la prénommera Sophie (Sagesse) car c’est la muse parfaite, intelligente confidente, intéressée par la science et la philosophie, l’alter ego dont il rêvait, enclin par son signe de naissance, la Balance, à chercher un contre poids fécond pour mieux exprimer sa pensée et la formuler brillamment. Il dit à son sujet : « Elle a de l’esprit comme un démon ». La Lune de l’un et de l’autre sont conjointes, Le Soleil de Sophie est à 5 degrés du Sagittaire sur Mars de Diderot  tandis que Vénus dans le thème de Sophie est à 19 degrés de la Balance sur le Soleil de Diderot, ces conjonctions reflètent pertinemment l’harmonie de pensées et de cœur qui ne cessera d’animer l’échange épistolaire entre ces deux êtres souvent séparés l’un de l’autre.

A suivre…

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Quatuor pour un seul signe : la Balance – Les frères Lumière

Auguste et Louis Lumière

Une vie fraternelle sous un même aptonyme prédestiné : Lumière.  Les deux plateaux d’une même balance oscillant harmonieusement dans le partage et la complicité vers un but commun scellé à l’adolescence en un lieu magique : La Goule aux fées.

Auguste  naît le 19 octobre 1862, Louis deux ans plus tard, le 5 octobre, tous deux sous un Soleil en Balance, position équinoxiale où l’astre dit  en « chute », diminue les revendications égotiques pour mieux s’orienter vers la réalisation avec l’autre, avec les autres, dans un esprit  de concorde.  Ils ont 14 et 12 ans lorsque leur père photographe à Lyon les emmène voir la mer et leur confie son matériel. Dans une grotte obscure et magique, la Goule aux fées, les deux frères vont réaliser leurs premières prises de vues maladroites, se jurer de travailler ensemble et de partager le fruit de leurs créations.

Leur père Antoine a plusieurs cordes à son arc, il cumule des talents de peintre, de photographe, d’architecte, de commerçant, il chante, entreprend et mène ses affaires tambour battant, se construit une réputation solide dans les portraits photographiques réalisés dans un studio au rez-de- chaussée d’un petit immeuble qu’il se fait construire rue de la Barre et qui devient la boutique la plus élégante de Lyon.

Il forme le regard de ses fils qui une fois achevée leur formation dans un institut privé exceptionnel : La Martinière, seconderont leur père dans ses activités et prendront la relève lorsque ce dernier aura des difficultés financières mais aussi lorsque ses capacités inventives et scientifiques trouveront leur limite.

Un enseignement similaire à La Martinière, en une formation alternative qui épanouit leur capacité créative et forme leur jugement, leur pensée, chance inouïe pour ces deux enfants dont le ciel de naissance et l’hérédité n’auraient pas suffi à révéler les dons sans cette stimulation éducative, sans le paysage relationnel d’Antoine, franc-maçon, qui invite à la table familiale et reçoit dans son studio quantités de personnalités lyonnaises influentes. Le secteur 3 attribué à l’enseignement reçu, se situe dans le signe du Taureau pour Auguste, et son maître Vénus est bien situé dans la Balance conjoint à Jupiter maître du Milieu du Ciel. On comprend ainsi l’importance de cet enseignement et de cet environnement qui épanouit l’affectivité,  la sociabilité, déploie une sensibilité large, humaine, soucieuse d’équité, soutient le sens de l’ordre et de la méthode, des associations judicieuses favorisant la réussite. Dans le ciel de naissance de Louis, le secteur 3 est en Vierge, avec Mercure maître du signe sur la pointe de ce lieu dédié à l’enseignement reçu, tandis que plus avant dans ce secteur, le Soleil est conjoint à Saturne en Balance, Saturne étant en affinité avec le signe. Voici mises en valeur par cet enseignement les aptitudes réalisatrices, organisatrices, analytiques, habiles et pratiques de ce Mercure en Vierge tandis que le Soleil maître de l’Ascendant Lion met en valeur la créativité en lui donnant une envergure scientifique, abstraite, profonde, servie par le temps, la patience, l’approfondissement.

Thème astral de Louis Lumière

                                                                                      

Thème astral d’Auguste Lumière

 

 

 

 

 

 

 

 

Parler d’innovation, d’originalité, d’inventivité, c’est faire référence à Uranus dont le cycle est de 84 ans et qui occupe chez Auguste et Louis le même signe, les Gémeaux, du fait de leur naissance à deux ans d’intervalle. Chez Auguste, Uranus occupe le fond du Ciel en Gémeaux. Il fait appel à son maître Mercure en Scorpion en secteur 8, donc à une inventivité soutenue par une avidité de l’esprit, par une puissance créative hors norme qui se renouvelle, progresse, transforme. La Lune en Vierge signe mercurien, procède de cette inventivité uranienne et la transmet méticuleusement  à Saturne sous forme d’illuminations soudaines puis structurées et réfléchies par la rigueur du travail. Chez Louis, Uranus à la fin des Gémeaux renvoie à un Mercure en Vierge qu’il bouscule par un carré pour le valoriser et se replie vers Mars en Gémeaux, maître du Milieu du Ciel. L’inventivité procède d’un esprit analytique et précis et soutient des capacités intenses d’effort de l’intelligence, de lucidité, d’efficacité et de réalisme dans ses applications.

A suivre

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Quatuor pour un seul signe : la Balance – Frédéric Nietzsche

Frédéric Nietzsche

Né sous un soleil dans le dernier décan de la Balance qui procède d’un secteur 9 dans le signe du Lion, par conséquent enclin à exprimer une pensée autonome, autoritaire, énoncée à la première personne du singulier, à la fois vénusienne c’est-à-dire tournée vers les arts – Nietzche est aussi compositeur et poète – et mercurienne c’est-à-dire critique, exigeante et s’attaquant aux questions de la morale. Pensée éminemment personnelle qui pourtant pose le « moi » comme une illusion, le Soleil chutant en Balance, à l’opposé de Pluton en Bélier maître de l’Ascendant Scorpion, pulvérise les illusions et les préjugés : « Je suis de la dynamite » écrira t-il.

Ce Soleil en Balance est au trigone de Neptune en Verseau, source d’inspiration, d’esthétique, de sensibilité aux échanges, à la diffusion d’une pensée progressiste, avant-gardiste pourtant marquée de désillusions, de mensonges, de rêve et de complications notamment dans la façon dont elle est perçue et comprise par ses contemporains.

Thème horoscopique de Nietzsche

L’ascendant Scorpion érige son maître Mars en secteur d’élévation dans le signe de la Vierge à la conjonction de Mercure en Balance, pensée d’altitude qui trouvera son lieu de prédilection et le souffle d’intuitions nouvelles et  exacerbées, à Sils Maria petit village suisse perché à 1800 m d’altitude où Nietzsche passera presque tous ses étés. Cette élévation de Mars en Vierge lui donne quelques temps le goût, la fascination même pour la discipline militaire parce qu’elle répond chez lui au besoin de se commander à lui-même. A quatorze ans, cycle d’opposition de Saturne, il entre au Collège royal de Pforta qui lui offre ce cadre rigoureux qui lui convient. Il écrit : « Déjà mon caractère se révélait. J’avais connu, quoique jeune, trop de deuils et d’afflictions ; je n’avais pas la gaieté ni l’exubérance qui sont habituelles aux enfants. Mes camarades avaient coutume de se moquer de mon sérieux….Je recherchais la solitude et ne me sentais jamais aussi bien que lorsque je pouvais m’entretenir avec moi-même sans être dérangé ».

L’ascendant Scorpion et la conjonction de Mercure à Mars, Pluton en opposition au Soleil c’est aussi une pensée qui se construit « contre » son temps, qui déconstruit les opinions communes. « Philosopher au marteau » est une métaphore martienne. La position de Mars dans le signe de la Vierge, renforce le réalisme et engage à demeurer fidèle à la terre, à démolir les idoles. Dans Crépuscule des idoles », Nietzsche règle ses comptes avec Socrate, Platon, Epicure, Descartes, Kant, Hegel, Darwin. L’axe majeur qui oppose du secteur 10 au secteur 4, Mercure à Uranus, Mars à Jupiter et du secteur 11 au secteur 5, Soleil Balance à Pluton Bélier, s’exprime dans cette affirmation de Nietzsche : « une qualité ne peut naître que de l’opposition » : père-mère, libre arbitre-fatum, histoire et devenir…  Nietzsche, sous le signe de la Balance cherche dans ces oppositions la dynamique de contraires. Dorian Astor souligne dans sa biographie consacrée au philosophe, « Autant qu’il est en son pouvoir, l’homme tient le milieu, il est comme un curseur vibrant sur une ligne d’intensités –Zarathoustra dira : funambule sur une corde, ou pont jeté entre la bête et le surhumain… ».

A suivre…

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Quatuor pour un seul signe : La Vierge

Louis II de Bavière

Portés par une longue et lointaine lignée qui échappe à notre connaissance sauf pour les descendants de rois, de princes ou de notables, nous sommes héritiers biologiquement et psychologiquement de certaines des particularités transmises par le jeu du hasard,  qui nous conditionnent et orientent nos actes, nos choix et par conséquent nos destins, nos idiosyncrasies tissant la trame de nos vies en interactions avec celles de notre entourage, de notre milieu natal, de nos contemporains, formant ainsi un tissu très complexe qui donnera matière à analyse, souvent à jugement de valeur à ceux qui ont en charge de faire le récit biographique, psychologique, psychanalytique, de ce labyrinthe  qu’est une vie humaine, de ce mystère qu’est une âme qui jamais, jamais ne peut être mise à nue.

Apparenté à la dynastie française incarnant la monarchie absolue à partir de Henry IV, Louis II de Bavière se trouve très tôt conscient d’une ascendance qui pèsera lourdement sur l’idée qu’il se fera de lui-même. Sa gouvernante française lui fait prononcer cette célèbre formule attribuée peut être à tort à Louis XIV : « L’état c’est moi » car ce dernier, jamais identifié à l’état, fût un roi besogneux, volontaire, s’efforçant d’acquérir la stature de « roi soleil », composant avec un entourage oppressant : sa mère, Mazarin et la noblesse, tout comme Napoléon ne se prit pas pour Napoléon mais s’échina sa vie durant à constituer son personnage. Louis II lui, s’est pris pour Louis II et a échafaudé autour de sa personne un univers fantasmatique fermé à une réelle rencontre avec l’autre.

Hérédité psychique néptunienne avec le nadir dans le signe des Poissons dont le maître côtoie Mars gouverneur de l’orient en Scorpion mais aussi Saturne, dans le signe du Verseau et fait un carré à l’Ascendant, voici les tendances innées cherchant un faisceau de communication, d’affirmation du moi à la manière Verseau par une surévaluation de l’idéal, de l’imaginaire, bloquées par le frein Saturnien et diluée dans le nébuleux Neptune, d’une part réprimant  le désir au nom de principes rigides, d’autre part rendant son expression confuse, étrange, instable. Les Wittelsbach, une des plus anciennes familles d’Europe, portent le gène de la folie nous dit l’historien Jacques Bainville, une folie qui s’exprime par une mélancolie maladive et exacerbe le goût de l’esthétisme en relation avec Neptune. Saturne fera de Louis II un bâtisseur comme son grand-père surnommé le « Périclès bavarois ».

Les châteaux de Louis II « étaient une tentative toujours renouvelée, jamais satisfaisante pour constituer une enveloppe architectural à sa condition de roi, et au-delà, à l’image de son Moi, qui se délabrait jusque dans son enveloppe corporelle, envahie par l’obésité ». (La folie de Louis II de Bavière – extrait du « Désir et la loi » – Denoël, 1987).

 

Les premières années d’une vie, sous le signe de la Lune et de ses aspects, sont toujours déterminantes. La nourrice de Louis est emportée par la typhoïde imposant à l’enfant de 8 mois un sevrage brutal. La Lune en Gémeaux à l’occident  renvoie au secteur 3 occupé par Saturne, astre des renoncements, met en jeu une problématique de l’échange émotionnel dans son expression la plus intime, plus tard avec les femmes. Elle signe l’incompréhension de la part de la mère et du père également. Le secteur trois est celui de l’enseignement reçu, c’est une éducation à la dure, le père souhaitant que son fils assimile en 5 ans le programme que les enfants bavarois apprennent en 8 ans. En charge de son éducation, le comte de la Rosée lui inculque un style de vie viril. Son paysage relationnel se limite à un frère plus jeune, Othon, sur lequel Louis défoule son agressivité martienne. Le cycle du carré de Saturne en Taureau, à 7 ans, accentue l’inconfort quotidien psychique et physique, nourriture frugale, sommeil insuffisant, tout cela afin d’endurcir le prince à son rôle de roi. Louis II passe son enfance et son adolescence à Hohenschwangau, le haut pays du cygne, oiseau immaculé, fabuleux, présent partout dans le décor néo-gothique et à l’extérieur, glissant silencieusement sur le Schwansee, le lac des cygnes, quelques mètres en dessous de la demeure familiale, « Le mythe du cygne poursuit Louis du berceau à la tombe ». (M. Desmond Chapman Huston).

Passionné par les vieilles légendes germaniques, l’adolescent découvre l’existence de Richard Wagner et apprend que « Lohengrin », le chevalier au cygne est représenté sur scène. Il lit d’abord les écrits théoriques du musicien puis assiste en février 1861 à la représentation de cet opéra à Munich. C’est un choc : « Louis a trouvé son idole et son maître spirituel ». (Jean des Cars »). Saturne est en élévation et passe sur le Soleil puis au Zénith du thème natal en Vierge.  La rencontre de ces deux personnalités fait écho dans leur ciel de naissance, l’Ascendant et le Soleil de Wagner en Gémeaux sont conjoints à la Lune de Louis, le Milieu du Ciel, la Lune, Mars du musicien occupant le secteur 3 de Louis, faisant vibrer des accords qui plus tard laisseront place à des désaccords mais sans jamais détruire ce lien passionné dont témoigne leur échange épistolaire, enfin Jupiter en Taureau signe de la finance étend son envergure généreuse, prodigue, sur Vénus et Mercure du musicien insatiable qui recevra de la part de Louis II, en l’espace d’une vingtaine d’années 562892,01 marks or.

A suivre…

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ASTROLOGUE….Hier, aujourd’hui, demain.

Je suis née au paléolithique il y a 100 000 ans. Ce matin ma tribu enterre ma jeune sœur et son enfant, côte à côte sur un lit de fleurs avec quelques objets familiers pour les accompagner vers l’au-delà. Je pleure silencieusement ces êtres chers. Cette mort accidentelle est-elle une fin ? Serrées les uns contre les autres, les hommes et les femmes de mon clan s’unissent en un rituel de funérailles qui apaise nos angoisses et nous situe dans un temps éternel.

Plus tard…. Au cœur de la vallée de la Vézère, une grotte obscure abrite le bestiaire fabuleux que ma tribu a minutieusement dessiné sur les parois. C’est le solstice d’été, les rayons du soleil pénètrent à l’instant dans cet antre obscur et font flamboyer les peintures ocre, cernées de noir.  J’ai longtemps observé le ciel immense, j’y ai repéré quelques étoiles plus brillantes que les autres, je les ai cueillies dans ma mémoire et déposées en constellations sur les murs de notre grotte, les associant à ces bêtes puissantes et familières que mon peuple chasseur craint et vénère à la fois.

Mon royaume est à  Sumer. Je suis à la fois prêtre et savant, le gnomon et la clepsydre n’ont plus de secrets pour moi. Je m’en sers pour mesurer les durées, l’heure et les saisons. Je sais aussi utiliser mon corps, pouce, pied ou coude pour des mesures architecturales. J’ai révélé à mon peuple la trajectoire du soleil tout au long de l’année et la division du cercle en douze constellations de 30 degrés.  Ces connaissances me permettent de structurer le temps, de prévoir les pluies et les crues du Nil, d’organiser semailles et moissons en accord avec la position des planètes, surtout la Lune, divinisée dans le dieu Sin mais aussi le Soleil qui  me donne les 4 directions de l’espace.  Je sais aussi ériger un thème de nativité afin de conseiller mon souverain et protéger mon état.

Elève du babylonien Bérose, je l’ai suivi sur l’ile de Cos où j’excelle désormais dans l’interprétation des horoscopes. Il m’a transmis la connaissance des révolutions synodiques des planètes, inclues dans la grande année de 432000 ans.

C’est dans l’ombre du vieil Eratosthène que je progresse désormais dans mes connaissances mathématiques à la bibliothèque d’Alexandrie dont il est le directeur, j’ai même participé à l’élaboration de son catalogue astronomique de 675 étoiles.  Mon maître est en passe de trouver les mesures de la circonférence de la terre dont la sphéricité est admise depuis longtemps déjà, le cercle étant la forme parfaite pour les pythagoriciens.

A Rhodes, j’ai eu l’immense privilège de rencontrer Hipparque. A ses côtés, j’ai progressé dans ma connaissance de la trigonométrie. Ses observations astronomiques, riches de toutes les connaissances accumulées par les astronomes chaldéens de Babylone, lui ont  permis de découvrir le phénomène de la précession des équinoxes. Il m’a expliqué le lent déplacement sur le zodiaque, du point vernal où se situe le soleil le jour de l’équinoxe de printemps dan l’hémisphère Nord, il m’a également initié à sa méthode pour prédire les éclipses du soleil et de la lune.

Astronomie et astrologie avancent de concert, le grand Ptolémée recueille dans son Almageste et son Tetrabiblos la quintessence du savoir antique. Le cosmos ordonne la réalité humaine dans l’espace temps. Du mythe au logos, loi morale et ciel étoilé sont toujours indissociables. Ma fascination pour les découvertes de ce savant mathématicien n’a d’égale que ma reconnaissance pour son génie. Il a  cartographié un monde qui s’étend désormais jusqu’à la Chine et dévoilé la Terra incognita d’un hémisphère sud, il a surtout  débarrassé l’Astrologie de ses aspects magiques si bien que ma pratique peut dès lors s’appuyer sur des bases solides et sur un zodiaque amarré au point vernal de l’équinoxe du printemps, l’énergie du Soleil se différenciant à travers le cycle annuel autour d’un zodiaque des saisons inscrit dans les rythmes profonds de l’univers.

J’ai fui une société  contrôlée  par l’église et désormais hostile à ma pratique pour retrouver dans l’Espagne musulmane la richesse d’un patrimoine tombé dans l’oubli de ce moment obscur de l’histoire médiévale. A la « maison de la science » fondée à Bagdad par le calife Al Mamoun, j’approfondis mes connaissances auprès de l’astronome-astrologue qui la dirige, j’ai accès à l’observatoire de Bagdad où j’observe le mouvement des planètes et repère les étoiles figurant dans le catalogue d’Hipparque. La physique d’Aristote et l’astronomie de Ptolémée épousent harmonieusement la théologie islamique.

Dans la magnifique salle des colonnes de la Mezquita de Cordoue, Averroès a rejoint quelques élèves pour leur commenter l’œuvre d’Aristote. J’ai pour ma part retrouvé un groupe de savants disséminés mais en relation étroite dans l’Espagne reconquise, traducteurs avides et soucieux de transmettre en latin les écrits arabes. Nous gravitons tous autour de la figure prestigieuse de Jean de Séville. Venus de toute l’Europe, Français, Italiens, Juifs, Flamands, se retrouvent à Tolède pour une  gigantesque entreprise de transmission  des valeurs culturelles du monde arabe. La Reconquista  met à notre disposition des trésors de connaissance qu’on croyait disparus. Alphonse X de Castille protège l’astronomie et l’astrologie tout en édictant des mesures pour que cette dernière ne tombe pas aux mains des charlatans. Sur mon chemin j’ai croisé Raymond Lulle qui m’a enseigné les principes de sa médecine astrologique.

Voici venues la révolution du livre et celle de l’image. Le monde du savoir me devient amplement accessible et je peux y étancher ma soif. Inspirées par  Marsile Ficin, ma passion pour l’antiquité et ma fidélité au Christ tentent de se réconcilier dans l’esprit humaniste de mon époque, la Renaissance. Dans la lutte qui oppose aristotéliciens et platoniciens, mon astrologie est mise à mal. Il est aussi une autre révolution qui vient ébranler mes convictions : Nicolas de Cues affirme que la terre n’est pas au centre du monde et n’est pas immobile. Ressurgit  l’idée d’une  pluralité  de  mondes. Un peu après, Copernic reprend  les données de Ptolémée et d’Hipparque. Pas plus que celles de Nicolas de Cues, ses recherches ne s’appuient sur l’observation. Je pars alors pour Prague, soucieux de trouver davantage de science et d’exactitude auprès de l’astrologue  danois Tycho Brahé, le découvreur d’étoiles. La position des astres est primordiale pour les grandes navigations maritimes, ainsi la connaissance du ciel a t-elle des répercussions sur la représentation de la terre. Ma rencontre avec Kepler, élève et héritier de Tycho Brahé, me permet d’en savoir davantage sur le mouvement de la planète Mars. Les intuitions créatrices de son imagination déchiffrent les arcanes célestes et en révèlent les relations mathématiques. J’accompagne ses efforts pour détacher l’astrologie de ses fondements physiques afin de consolider sa valeur essentielle, celle de l’interprétation de configurations visibles.

A Padoue, Galilée donne des cours d’astronomie toujours en accord avec le système géocentrique. Il est pourtant convaincu que Copernic avait raison et il veut le prouver. J’assiste en 1604 à ses observations d’une super nova apparaissant puis disparaissant au cœur de la constellation d’ophiucius. Au sommet du campanile de la place Saint Marc à Venise, je fais partie des privilégiés qui sont invités à essayer la lunette que le savant  a inventée pour observer de plus près  le paysage  alentour mais surtout la Lune qui n’est pas aussi lisse et parfaite que le prétendait Aristote. Pourtant en 1633, l’hypothèse de l’héliocentrisme condamne Galilée à demeurer cloitré dans sa maison près de Florence. L’astronomie moderne est née, ébranlant les certitudes d’une Eglise accrochée au dogme du géocentrisme. En 1633, le procès exemplaire de Galilée me prouve hélas que les vérités spirituelles gravées dans les textes sacrés et la vérité scientifique établie par les savants ne peuvent cohabiter et ne parviennent pas à se séparer non plus.

Cela fait à peine trente ans que Kepler est mort et ma fonction d’enseignant en astrologie m’a été brutalement retirée. On compte sur les doigts de la main les universités qui acceptent encore cette pratique.

A suivre….

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Quatuor pour un seul signe : la Vierge

Mère Térésa

Qu’est-ce que la sainteté ?

Attribut exclusif de Dieu dans l’ancien testament mais accessible aux hommes par la grâce du Christ, Dieu fait homme, en croyant en son amour, en suivant son exemple, en agissant comme il le fit, par conséquent réservée au plus grand nombre.

Et pourtant elle vécut 50 ans comme « séparée de Celui qui était censé être tout pour elle ».

Elle naît sous le signe de la Vierge avec un Ascendant Sagittaire dont le maître, Jupiter culmine au Zénith de ce  ciel de naissance dans le signe de la Balance. L’humble Vierge vêtue d’un sari indien, pauvre au plus près des plus pauvres, servante infatigable du Christ, tend son arc vers des hauteurs spirituelles toujours plus lointaines, plus inaccessibles, assoiffée  de justice et victime consentante de sacrifices successifs au nom d’un amour solaire, ambitieux porté par Vénus en Lion dans la maison 8, lieu obscur de crises profondes et de destructions successives, érodant sans trêve la puissance de de l’ego jusqu’à le faire disparaître pour que ne subsiste que ce « petit rien » qu’elle voulait être.

Le secteur 4 est en Bélier et son maître Mars en secteur 9 en Vierge.  La vocation religieuse de la jeune Anjezë prend sa source dans le milieu familial. Ses parents albanais pratiquent avec ferveur la religion catholique, s’engageant sans faiblir au secours des pauvres. Elle écoute sa mère: « quand vous faites le bien, faites le comme une pierre que vous jetez à la mer ». La Lune vient à la conjonction du Soleil puis de Mars pour ses 8 et 9 ans, la mort de son père accroît alors l’intensité du désir de tendre vers un au-delà, aspiration nourrie par les prières et la foi maternelle. A 12 ans lorsque Jupiter en élévation dans son ciel de naissance revient à sa culmination, elle pense déjà à se consacrer à Dieu. Le chemin sera long et douloureux, arc-bouté entre les deux maîtres de la maison 1, Jupiter en pleine lumière posant sa justice divine sur le fléau de la Balance et le sombre Saturne caché sous l’horizon dans le signe obstiné, besogneux et silencieux du Taureau.

Comment comprendre « A quel point elle a vécu comme séparée de Celui qui était censé être tout pour elle et cela pendant 50 ans » (préface du livre «Viens sois ma lumière » écrits intimes de la « sainte de Calcutta »), faut-il rapprocher ce déchirement intérieur de l’opposition d’Uranus au Capricorne à Neptune en Cancer, chacun renvoyant par maîtrise à la conjonction Lune Saturne en Taureau ? D’un côté la force séparative, explosive, la déchirure de l’unité portées par Uranus, de l’autre la force fusionnelle, mystique de Neptune.

A l’origine de cette opposition une conjonction des 2 astres en 1822 à 3 degrés du Capricorne, intéressante correspondance avec ce début du 19ème qui vit le réveil de l’activité missionnaire, mise à mal par la Révolution, grâce à la création de l’œuvre de la Propagation de la Foi menée par Pauline Jaricot née le 22 juillet 1799 à Lyon.  Sommes nous portés par le souffle d’une époque et pour certains d’entre nous, à titre personnel et exceptionnel, porteurs de ce qu’elle laisse d’inachevé afin de le conduire plus loin, plus tard, en accord avec le mouvement cyclique des planètes ? De Pauline Jaricot  à Mère Térésa, se tisse à travers le temps le lien de la Foi et de l’abnégation dans l’engagement caritatif. Pauline consacre sa vie au Seigneur à l’âge de 17 ans, Anjezë entre dans la congrégation des sœurs de Lorette et quitte sa terre natale en 1928, elle a 18 ans, Mercure vient de changer son mouvement et se replie dans le signe de la Vierge occupé par la maison 9  où il ne reprendra sa course directe qu’à l’âge de 40 ans. Mercure qui conduit toute la chaîne des planètes du ciel natal, va l’inciter à explorer durant tout ce cycle, la profondeur de sa foi au service de son prochain, de manière efficace, sur le terrain, mais aussi de manière plus souterraine et plus douloureuse dans l’intimité de son âme assoiffée. Elle dira : « Très souvent je me sens comme un petit crayon entre les mains de Dieu. C’est lui qui écrit…. »

A suivre….

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Quatuor pour un seul signe : La Vierge

Goethe

Goethe voit le jour à Francfort sur le Main, par une pleine lune de la fin du mois d’août 1749, à midi, le Soleil culminant dans ce ciel de naissance à 5 degrés du signe de la Vierge dans un décan mercurien, le destinant à s’élever en pleine lumière, à répandre dans sa vie créative l’éclat et l’ambition d’un secteur 9 déployé dans le signe du Lion, à porter au plus haut ses ambitions intellectuelles par un labeur constant, avec précision, habileté, réalisme.

Au fond du ciel, la Lune dans le signe des Poissons en résonance avec Neptune son maître dans le signe du Cancer, absorbe et transforme l’océanique réservoir imaginatif, la richesse et la fécondité de l’inconscient et l’ancre dans la relation à la Femme, aux femmes aimées comme autant de projections de l’Anima, images de l’âme de Goethe.  C’est dans cet athanor sensible et idéaliste où s’incarne le féminin que Goethe puisera la matière de ses œuvres. Anna Griève écrit très justement dans son texte : Le processus d’individuation chez Goethe : « Toutes ces figures féminines centrales se ressemblent : elles ont toutes, de la façon la plus indéniable, une douceur mariale, qui apparaît comme l’intégration chez Goethe de l’héritage chrétien ». Charlotte de Werther, Iphigénie, Nathalie dans Les années d’apprentissage de Wilhelm Meister, Makarie dans Les Années de voyage de Wilhelm Meister, Odile dans Les affinités électives, la Vierge Marie enfin, dans le second Faust, sont autant de figures féminines qui  de la Vierge et de la Lune noire  trônant au Zénith, éclairé par le Soleil,  à la Lune au Nadir dans le signe des Poissons, portent en tension féconde et au travers d’une œuvre littéraire colossale, le processus de transformation psychique de Goethe.

Vénus en secteur 10 et maître des secteurs 7 et 11, rehausse l’expérience affective et le désir amoureux en le multipliant, elle signe le goût des arts, de la beauté et de sa possession, accompagnée par l’intelligence brillante de Mercure en Lion, au sextile de Neptune en secteur 9, elle est source d’inspiration et de poésie, d’élévation de l’âme et de sublimation. Vénus qui préside aux unions est en opposition à Jupiter signant le long refus de Goethe  à légaliser son couple avec la dévouée et apaisante Christiane Vulpuis dont il aura un fils. Par maîtrise sur le secteur 11, Vénus tend à associer amour et amitié, Joël Schmidt dans la biographie qu’il consacre à Goethe nous dit : « C’est une constante amoureuse de Goethe de transformer ses amours déçues ou inabouties en amitiés ».

Vénus en secteur 10 sous la maîtrise de Mercure signe une vocation hésitant entre la peinture et la littérature. Goethe renoncera à la première mais sa poésie sera ancrée dans le regard et trouvera une expression scientifique dans son traité des couleurs. Goethe est en effet passionné par les sciences, l’optique, la géologie, la botanique mais aussi les langues et les sciences occultes, l’alchimie, l’astrologie. L’attirance pour le mystérieux attaché à Neptune en secteur 9 et à la Lune en Poissons sera constante tout au long de sa vie.  Enfant il trouve dans la riche bibliothèque de son père, homme des Lumières, matière à étancher sa soif de savoir et à construire une œuvre personnelle.  Saturne à l’Ascendant fait référence à une éducation sévère, austère, au poids des connaissances que lui impose un père exigeant mais conscient des potentialités de son fils. 

A suivre…

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