Quatuor pour un seul signe : La Vierge

Louis II de Bavière

Portés par une longue et lointaine lignée qui échappe à notre connaissance sauf pour les descendants de rois, de princes ou de notables, nous sommes héritiers biologiquement et psychologiquement de certaines des particularités transmises par le jeu du hasard,  qui nous conditionnent et orientent nos actes, nos choix et par conséquent nos destins, nos idiosyncrasies tissant la trame de nos vies en interactions avec celles de notre entourage, de notre milieu natal, de nos contemporains, formant ainsi un tissu très complexe qui donnera matière à analyse, souvent à jugement de valeur à ceux qui ont en charge de faire le récit biographique, psychologique, psychanalytique, de ce labyrinthe  qu’est une vie humaine, de ce mystère qu’est une âme qui jamais, jamais ne peut être mise à nue.

Apparenté à la dynastie française incarnant la monarchie absolue à partir de Henry IV, Louis II de Bavière se trouve très tôt conscient d’une ascendance qui pèsera lourdement sur l’idée qu’il se fera de lui-même. Sa gouvernante française lui fait prononcer cette célèbre formule attribuée peut être à tort à Louis XIV : « L’état c’est moi » car ce dernier, jamais identifié à l’état, fût un roi besogneux, volontaire, s’efforçant d’acquérir la stature de « roi soleil », composant avec un entourage oppressant : sa mère, Mazarin et la noblesse, tout comme Napoléon ne se prit pas pour Napoléon mais s’échina sa vie durant à constituer son personnage. Louis II lui, s’est pris pour Louis II et a échafaudé autour de sa personne un univers fantasmatique fermé à une réelle rencontre avec l’autre.

Hérédité psychique néptunienne avec le nadir dans le signe des Poissons dont le maître côtoie Mars gouverneur de l’orient en Scorpion mais aussi Saturne, dans le signe du Verseau et fait un carré à l’Ascendant, voici les tendances innées cherchant un faisceau de communication, d’affirmation du moi à la manière Verseau par une surévaluation de l’idéal, de l’imaginaire, bloquées par le frein Saturnien et diluée dans le nébuleux Neptune, d’une part réprimant  le désir au nom de principes rigides, d’autre part rendant son expression confuse, étrange, instable. Les Wittelsbach, une des plus anciennes familles d’Europe, portent le gène de la folie nous dit l’historien Jacques Bainville, une folie qui s’exprime par une mélancolie maladive et exacerbe le goût de l’esthétisme en relation avec Neptune. Saturne fera de Louis II un bâtisseur comme son grand-père surnommé le « Périclès bavarois ».

Les châteaux de Louis II « étaient une tentative toujours renouvelée, jamais satisfaisante pour constituer une enveloppe architectural à sa condition de roi, et au-delà, à l’image de son Moi, qui se délabrait jusque dans son enveloppe corporelle, envahie par l’obésité ». (La folie de Louis II de Bavière – extrait du « Désir et la loi » – Denoël, 1987).

 

Les premières années d’une vie, sous le signe de la Lune et de ses aspects, sont toujours déterminantes. La nourrice de Louis est emportée par la typhoïde imposant à l’enfant de 8 mois un sevrage brutal. La Lune en Gémeaux à l’occident  renvoie au secteur 3 occupé par Saturne, astre des renoncements, met en jeu une problématique de l’échange émotionnel dans son expression la plus intime, plus tard avec les femmes. Elle signe l’incompréhension de la part de la mère et du père également. Le secteur trois est celui de l’enseignement reçu, c’est une éducation à la dure, le père souhaitant que son fils assimile en 5 ans le programme que les enfants bavarois apprennent en 8 ans. En charge de son éducation, le comte de la Rosée lui inculque un style de vie viril. Son paysage relationnel se limite à un frère plus jeune, Othon, sur lequel Louis défoule son agressivité martienne. Le cycle du carré de Saturne en Taureau, à 7 ans, accentue l’inconfort quotidien psychique et physique, nourriture frugale, sommeil insuffisant, tout cela afin d’endurcir le prince à son rôle de roi. Louis II passe son enfance et son adolescence à Hohenschwangau, le haut pays du cygne, oiseau immaculé, fabuleux, présent partout dans le décor néo-gothique et à l’extérieur, glissant silencieusement sur le Schwansee, le lac des cygnes, quelques mètres en dessous de la demeure familiale, « Le mythe du cygne poursuit Louis du berceau à la tombe ». (M. Desmond Chapman Huston).

Passionné par les vieilles légendes germaniques, l’adolescent découvre l’existence de Richard Wagner et apprend que « Lohengrin », le chevalier au cygne est représenté sur scène. Il lit d’abord les écrits théoriques du musicien puis assiste en février 1861 à la représentation de cet opéra à Munich. C’est un choc : « Louis a trouvé son idole et son maître spirituel ». (Jean des Cars »). Saturne est en élévation et passe sur le Soleil puis au Zénith du thème natal en Vierge.  La rencontre de ces deux personnalités fait écho dans leur ciel de naissance, l’Ascendant et le Soleil de Wagner en Gémeaux sont conjoints à la Lune de Louis, le Milieu du Ciel, la Lune, Mars du musicien occupant le secteur 3 de Louis, faisant vibrer des accords qui plus tard laisseront place à des désaccords mais sans jamais détruire ce lien passionné dont témoigne leur échange épistolaire, enfin Jupiter en Taureau signe de la finance étend son envergure généreuse, prodigue, sur Vénus et Mercure du musicien insatiable qui recevra de la part de Louis II, en l’espace d’une vingtaine d’années 562892,01 marks or.

A suivre…

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