Quatuor pour un seul signe : le Capricorne : Simone de Beauvoir

Simone de Beauvoir

Les « mémoires d’une jeune fille rangée » de Simone de Beauvoir commencent ainsi : « Je suis née à quatre heures du matin, le 9 janvier 1908, dans une chambre aux meubles laqués de blanc qui donnait sur le boulevard Raspail….. ».

Comme souvent, une fois pesés tous les éléments d’un thème astral, une fois analysés ses lignes directrices et ayant mis en résonance le ciel de naissance d’une part, les écrits, les paroles, les actes et les événements d’une existence, d’autre part, en acceptant par ailleurs la non scientificité de l’interprétation astrologique, mais en s’appuyant fermement sur la méthode de son langage symbolique, sur la pertinence de son organisation, pourquoi ne pas prendre la liberté de rectifier cette heure de naissance et entre les données informatiques disponibles qui situent cette naissance à 4h30 et l’affirmation de l’intéressée elle-même qui la situe une demi-heure plus tôt, poser l’aurore de cette vie à mi-chemin, c’est-à-dire vers quatre heure quinze, dans le dernier décan du Scorpion , sur une degré symbolique figurant « un homme tenant un livre ouvert », invitée à cette rectification par la vocation précoce et irrépressible de Simone de Beauvoir pour l’écriture, nourrie de lectures constantes et multiples mais aussi par l’affinité de cette orientation avec le thème de naissance de Jean-Paul Sartre, le compagnon de toute une vie, né le 21 juin 1905 à 18h45 à Paris, lui aussi lecteur insatiable, écrivain précoce et forcené et dont l’ascendant se pose sur celui de sa future compagne à 28 degrés du Scorpion tandis que leur Milieu du Ciel coïncide également dans le dernier décan du signe de la Vierge dont le maître est Mercure aux attributions traditionnelles, de  parole, écrits, pensée, Mercure étant dans son domicile dans le ciel de naissance de Jean Paul Sartre, à 26 degrés du signe des Gémeaux et en Capricorne dans celui de Simone de Beauvoir à la conjonction d’Uranus, du Soleil et du nœud lunaire sud.

Le ciel de naissance de Simone de Beauvoir présente une triple conjonction dans le signe du Capricorne à l’opposition de Neptune en Cancer, une triple conjonction dans le signe des Poissons au fond du Ciel en quadrature à Pluton situé à l’occident, une opposition Vénus Jupiter.

Jupiter maître du secteur 1 en Sagittaire ayant  avec Neptune la  maîtrise sur le Nadir, se situe dans le signe du Lion dans un décan jupitérien,  conjoint au secteur 9, attribué à l’élévation de la pensée, à la philosophie, à l’idéal, aux voyages. Voici la direction intellectuelle, philosophique, ambitieuse et  volontaire vers laquelle très tôt s’orientent les dispositions innées de Simone de Beauvoir. Il apparaît que ce Jupiter flamboyant et souverain dirige par maîtrise toutes les autres planètes et en premier lieu celles qui sont au fond du ciel, au commencement de la vie, dans les racines profondes du psychisme. Revenant sur ses pas au plus près du royaume de son enfance, dans l’ouvrage autobiographique intitulé si justement « Mémoires d’une jeune fille rangée », l’auteur  nous entraîne dans cet univers bien ordonné, bourgeois, confortable, jupitérien, où se déroulent ses premières années au sein d’une famille aimante, attentive, conformiste. Elle dit avoir été pieuse quelques temps et fidèle aux propensions catholiques de sa mère, elle dit aussi avoir été heureuse et gourmande de vie, de nature, de mouvement.  Pourtant ce Jupiter est sous l’autorité d’un Soleil en Capricorne conjoint à Uranus.  Quelques temps « rangée » à l’abri de cette famille assez traditionnelle, elle va en rejeter énergiquement le carcan. Tout d’abord dans des rebellions enfantines, des colères fracassantes.  Elle écrit : « Je me suis souvent interrogée sur la raison et le sens de mes rages. Je crois qu’elles s’expliquent en parti par une vitalité fougueuse et par un extrémisme auquel je n’ai jamais tout à fait renoncé. Et plus loin : « Mais je me refusais de céder à cette force impalpable : les mots ; ce qui me révoltait c’est qu’une phrase négligemment lancée : « il faut…il ne faut pas » ruinât en un instant mes entreprises et mes joies. » Voici que se manifeste déjà par la prégnance d’Uranus valorisé par le Soleil et conjoint à Mercure, le désir d’échapper à la limitation par la force de communication, la volonté de ne pas être comme les autres et de n’obéir qu’à sa propre loi intérieure. En conjonction explosive au minuit du thème, la Lune sensible et réceptive emporte des confins du dernier signe du zodiaque, les Poissons vers le signe suivant, le Bélier, la violence d’un Mars durci par l’intransigeance de Saturne, le refus de Simone de Beauvoir d’être prisonnière de l’espace atavique, rejetant très vite le modèle maternel et la limitation d’une féminité posé d’avance avec ses implications d’aliénation au désir de l’homme. Neptune maître du Nadir est en Cancer signe de la famille, de la maternité, signe de l’inconscient, il est en secteur 8 attribué aux crises majeures, à la sexualité, aux fantasmes…. L’affirmation du moi ne sera pas facile ni exempte de motivations troubles et destructrices. En mettant la liberté uranienne au dessus de tout mais en tension avec un Neptune qui abrite tout un univers psychique et affectif chaotique instable et désordonné, Simone de Beauvoir tout en se mettant à nu  dans ses écrits et dans ses engagements, voilera une part obscure  d’elle-même, tâchant toujours plus ou moins honnêtement de le faire au nom d’une liberté inaliénable qui philosophiquement trouve pourtant ses limites, celle de l’autre comme conscience posée face à la sienne , mais aussi celle du temps, de la vieillesse et de la mort.

Beauvoir et Sartre ont fait un pacte : ils seront des époux morganatiques mais Jean Paul n’est pas un prince ni Simone une femme de condition inférieure comme le furent Louis XIV et madame de Maintenon. Cet adjectif exprime leur désir radical de n’aliéner en aucun cas leur liberté amoureuse. C’est ainsi qu’ils auront des amours «  contingentes » en même temps que des amours « essentielles ». Il leur arrivera même de partager la même maîtresse mais ils refuseront l’un et l’autre de se risquer dans le territoire secret d’un Neptune en Cancer,  dévoilé par la psychanalyse freudienne, soucieux de ne pas entraver la valeur qu’ils posent au dessus de tout : la liberté. Il est dit néanmoins que la folie les intéresse et qu’ils ont visité ensemble l’hôpital des fous ; dans les années 70, Sartre prenait un puisant hallucinogène, la mescaline et victime d’hallucinations se croyait poursuivi par des bataillons de homards qu’il décrivait comme des crabes !  Tous deux n’ont pas échappé à Neptune et aux désillusions, au chaos qu’il suscite car comment concilier la volonté uranienne de se différencier à tout prix avec le rêve d’une dissolution neptunienne dans un océan collectif  indifférencié ?

A SUIVRE….

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