Quatuor pour un seul signe : Le Scorpion. Albert Camus

Albert Camus

Camus est un enfant de la terre algérienne mais plus encore de la méditerranée, mer au milieu des terres, mer amante,  associée au bonheur, indissociable du soleil, l’un et l’autre inondant l’œuvre de Camus de La mort heureuse aux Noces à Tipasa, de Noces  à l’Eté…et jusqu’au nom de L’étranger Meursault qui réunit mer et sol.

Le 7 novembre 1913 à 2 heures du matin, le signe de la Vierge est à l’horizon oriental. La Vierge, sixième signe du zodiaque à laquelle fait écho la Lune dans le secteur 6 mais encore la conjonction de Mars et Neptune dans le signe du Cancer où la Lune est à son domicile, inaugurent et clôturent du premier ouvrage au dernier resté inachevé, l’empreinte d’une mère, presque sourde, humble, illettrée, murée dans un silence animal.

De cet Ascendant Vierge et d’un Soleil en Scorpion, Camus exprime le sens critique, la précision du verbe, l’alternance du retrait et de l’offensive, du repli douloureux et des convictions tenaces. Cette ambivalence nourrit le besoin de mettre de l’ordre dans le monde dont la création personnelle veut être le reflet. Camus affirme avoir eu un plan précis lorsqu’il a commencé son œuvre, ce serait un triptyque articulé sur cette dualité : d’une part négative, sous trois formes : romanesque (l’Etranger), dramatique, (Caligula, le Malentendu), idéologique, (le mythe de Sisyphe), d’autre part positive sous trois formes à nouveau : romanesque (la peste), dramatique (l’état de siège, Les justes), idéologique (l’homme révolté) et il y aurait ajouté un autre thème, l’amour…..

Mercure est maître de l’Ascendant et du Milieu du ciel, double tropisme vers l’écriture. La vocation  d’Albert Camus naît à l’âge de 17 ans, moment où le zénith à progressé dans le signe du Cancer et où la Lune maître du signe se pose sur l’Ascendant progressant en Balance, tandis que le Soleil éclaire le Sagittaire où Mercure occupe le secteur 3, domaine des écrits, y affirmant sa présence pérenne. En filigrane de cet appel vers l’écriture il y a la mère « la recherche entière de Camus à travers ses essais, ses romans et ses pièces de théâtre se présente comme le palimpseste du silence maternel. Ce que la mère n’a pu confier à son fils, le fils le confiera à l’écriture » ( J F Mattéi) mais aussi le soutien de pères de substitution : Monsieur Germain son instituteur, Jean Grenier son professeur de Philosophie, plus précocement, son oncle Gustave Acault, boucher de profession et fou de lecture qui l’accueille chez lui et lui offre ses livres. Camus dira à la mort de cet oncle bienfaiteur : « Il était le seul homme qui m’ait fait imaginer un peu ce que pouvait être un père ».

La Lune en sixième secteur à la fin du signe du Verseau et dans un décan lunaire, procède d’Uranus dont elle assimile la révolte, l’indépendance et l’originalité tout en retenant la sensibilité et les désirs, contrainte par les aléas du secteur 6 lié à la santé et aux conditions de vie pénibles d’un milieu pauvre. La Lune s’oriente vers Saturne rétrograde qui construit et approfondit sans relâche les valeurs intellectuelles, élève la création vers la rigueur, s’efforçant de grandir en lucidité, laborieuse, tenace dans ses engagements. A l’âge de raison, la Lune rejoint Saturne et marque sans doute une prise de conscience de la souffrance maternelle et d’une communication impossible avec elle. La comprendre et l’aimer trouve alors sa sublimation dans un regard supérieur qui pour l’instant ne peut s’épancher  mais installe le terreau fertile de la création à venir.

L’axe du secteur 3 et du secteur 9 oppose Mercure à Saturne, Mercure en Sagittaire dans un décan mercurien oriente et ouvre la pensée vers des perspectives audacieuses, insurrectionnelles, à la conquête de plus de justice,  de plus de justesse, construisant par son aspect à Saturne une synthèse architecturale qui dépasse les clivages et refuse toute doxa. Saturne en secteur 9 en Gémeaux dans un décan attribué à Mars  obéit à la voix de la conscience, défend ses engagements, tirant sa force de l’opiniâtreté et de la puissance créative du signe natal, le Scorpion. La pensée est verticalité, elle est éthique. Mars qui chute dans le signe du Cancer est conjoint à Neptune, le combat est nourri par l’émotionnel et sourd d’un lien douloureux avec la mère, avec la patrie, la terre des origines. Camus fuit la violence barbare et vise une métamorphose plutonienne qui ne peut être qu’amoureuse du monde et contraire à la volonté de puissance. Camus érige sa pensée sur l’axe vertébral de Saturne en Gémeaux dont les thèmes camusiens expriment la dualité : L’exil et le royaume, l’envers et l’endroit, l’absurde et la révolte….balancement aussi dans la position de Mars force du verbe, tendu entre Neptune, octave de Vénus, planète compassionnelle, réceptacle de sensations et d’émotions océaniques, et  Pluton, force chtonienne destructive et régénératrice à la fois, tension encore entre Neptune fusionnel et Uranus fulgurant et libre qui répond à l’appel de Saturne en Gémeaux et conquiert la liberté d’une  pensée sans cesse à l’ouvrage.

Albert Camus

Albert Camus

L’ascendant qui va de Neptune à Vénus exprime un besoin d’affection, d’harmonie mais aussi les déceptions et trahisons dont Camus a beaucoup souffert. Tout au long de sa carrière les attaques seront incessantes surtout au moment de la guerre d’Algérie. Neptune est maître du secteur 7, il trouble le secteur 11, les amitiés, notamment avec Sartre au sujet du livre de Camus « l’homme révolté » dans lequel l’écrivain donne ses positions par rapport au régime communiste et que Sartre cloue au pilori. Camus réglera ses comptes avec son ami et les existentialistes dans La Chute dont Jean Claude Brisville ou même Michel Bouquet disent que c’est son « maître livre ».

A suivre…..

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