STEVEN SPIELBERG né le 18 décembre 1946 à 18h16 à Cincinatti (OH) USA

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Steven Spielberg

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« Il n’y a presque pas un de mes films dont je ne puisse retrouver une trace dans mon enfance ».

Cette affirmation pose les fondements d’une vocation qui va chercher dans l’expérience des origines une profusion d’images. L’enfance court comme un ruisseau dans l’oeuvre de Spielberg. Elle puise à la source du Cancer Ascendant, un feu d’artifice d’impressions et de sentiments que les jeunes acteurs de ses plus beaux films nous restituent, faisant écho à la part d’incompréhension, de solitude et de rêve de  nos mémoires personnelles.

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Intelligence artificielle

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Enfance écorchée de Sugarland express. ET, l’extra terrestre oublié sur la terre par les siens venant en secret à la rencontre de l’enfant Elliott dont  le père a quitté le foyer. David, l’enfant robot,  d' »Intelligence artificielle »  abandonné par sa mère adoptive après qu’elle ait révélé en lui le sentiment immense de l’amour filial. Solitude de James Graham, 10 ans, séparé de ses parents dans « l’Empire du soleil« . Celie, jeune fille noire privée de ses enfants et de sa sœur dans » La couleur pourpre« . L’adolescent de « Cheval de Guerre » dont le père blessé moralement et physiquement ne parvient pas à pourvoir aux besoins de sa famille…. Autant d’histoires qui renvoient aux difficultés de l’enfant Spielberg.

Sa sensibilité aigüe s’épanche dans une création généreuse, exigeante, puissante. Lune  Jupiter et Vénus fusionnent en Scorpion libérant ses angoisses dans un débordement créateur exceptionnel. L’enfance, leitmotiv majeur a pour contrepoint la guerre (Mars) dont le cinéaste dit qu’elle est un catalyseur de forces et qu’elle galvanise les âmes de manière imprévisible. Là encore trace d’enfance, le père de Spielberg  vétéran de la guerre de 39/45 partageait ses récits avec son fils. Spielberg est obsédé par la trace, le pouvoir du nom qui témoigne de la singularité d’une personne, de son humanité : drapeau, fanion, liste, lettres,   objets  témoignant de l’existence  d’un être.

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L’empire du soleil

Spielberg est aussi un entrepreneur et un gestionnaire, avec un groupement planétaire en maison 5 ( la création, l’entreprise, les amusements publics et sociaux), il est le bien nommé « roi du divertissement », efficace leader d’une industrie cinématographique de grands spectacles et le cinéaste le plus rentable de l’histoire de septième art. Fondateur de la société de production AMBLIN et co-fondateur du Studio Dreamworks SKG. Saturne en maison 2 (les biens) dans le cinquième signe, le Lion est à la fois  solaire et jupitérien ce qui atténue sa position d’exil. Il cristallise l’ego autour de la réalisation d’un acquis matériel, intellectuel, spirituel.   Il témoigne aussi de pertes importantes notamment au moment du divorce du cinéaste qui a du donner la moitié de sa prodigieuse fortune à son ex-épouse (Mars progresse à l’opposition de Saturne en 1988 avec également les cycles  majeurs d’opposition d’Uranus, de carré de Neptune, de carré de Pluton passant sur Jupiter Scorpion etc). Son empire financier n’est pas détruit pour autant, la capacité de Mars en Capricorne à construire dans la durée et par le travail ( Soleil et Mars conjoints en Maison 6), le pouvoir de régénération du Scorpion valorisé, témoignent d’une créativité hors norme.

La création  est sous le regard de ce Mars puissant qui tracte dans ce thème astral toutes les énergies planétaires.  « Moteur » dit-on  au commencement d’un tournage. Ce mot a pris sens  très tôt dans la vie de Spielberg. Il réalise ses premier films amateurs à l’âge de 11/12 ans (premier cycle de Jupiter). En 1968, son film Amblin remporte plusieurs prix (la Lune qui nourrit et exteriorise la puissance créative du jeune cinéaste a progressé dans le thème jusqu’au Lion solaire et jette un trigone vers le soleil natal…) Ce film remporte plusieurs prix et lui permet de décrocher un contrat de 7 ans avec les studios de Télévision UNIVERSAL.

Mars est en Capricorne sous la lumière d’un Soleil à la fin du Sagittaire. Les puissances obscures, chtoniennes et dissolvantes du Scorpion s’élèvent audacieusement et obstinément dans un mouvement de sublimation. Par ce Soleil Sagittaire à la fois Jupitérien et Martien, Spielberg oriente sa création  vers un au-delà transcendant, vers des univers extra terrestres . Il est fasciné par ce qui vole, les avions, les pilotes, il nous invite à tourner  nos regards vers le ciel comme il le fit dans son enfance, réveillé au milieu de la nuit par son  père pour aller contempler une pluie d’étoiles filantes.

Spielberg nous donne à voir ce qui dépasse le regard : le sublime et le terrible. Il travaille  la sur-exposition, estompe la matière pour créer des chocs lumineux, alchimise la puissance sombre du Scorpion pour l’illuminer par le Sagittaire. La lumière de l’explosion  dans le ciel d’Iroshima et l’âme de la défunte mère d’adoption,  sont confondues dans l’imaginaire du jeune James Graham (« l’empire du soleil »).

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L’empire du soleil

Mercure en Sagittaire  signe aussi l’indépendance de sa pensée, l’originalité de ses idées, en aspect d’opposition à Uranus Gémeaux vers 7/8 ans, cette intelligence  libre, audacieuse cherche d’abord à s’affranchir du poids de l’atavisme. Filmer ses camarades de classe est une façon de mettre à distance mais aussi de capturer  le regard que ces derniers posent  sur lui, enfant différent parce que juif.

Neptune est à minuit dans la maison 4, faisant écho au quatrième signe, Cancer Ascendant. Neptune abrite dans le secret de cette maison les réalités intérieures qui charrient tout un inconscient collectif associé à ses  racines judaïques  : le complexe du juif errant, dans « Terminal », où le personnage principal recrée dans un aéroport, une cellule familiale,  petit état hors de toutes frontières ;  La quête mystique du héro de « rencontre du troisième type », appelé vers la montagne mythique où il a rendez-vous avec le vaisseau mère, tel Abraham à la rencontre de Dieu sur le mont Sinaï.

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Cancer et maison 4 sont symboles du foyer, de la patrie, Spielberg dit « …le retour à la maison est un sujet important qu’on devrait aborder constamment jusqu’à ce qu’il soit imprimé profondément dans nos âmes ».

Retour flamboyant  de l’enfant et du cheval de guerre, étreinte des parents et du fils dans la paix retrouvée d’ un paysage  d’Angélus de Millet.  Terre d’Israël déchirée, Palestiniens sans terre, dans « Munich », Spielberg le juif ne choisit pas de camp, son point de vue est moraliste, dans « Munich », c’est un Palestinien qui exprime  la douleur de ne pas avoir un foyer.

Réalité des origines, repoussée un temps mais retrouvée dans une intuition profonde, mystique,   Spielberg va en  exprimer  tout au long de sa carrière, la beauté, les sentiments, la générosité. (Neptune est sous la maîtrise de Vénus conjointe à Jupiter dans la maison de la création).  La reconnaissance unanime pour son film « La liste de Schindler » (7 oscars dont l’Oscar du meilleur réalisateur) dont il dit qu’il est « à la fois la mission, le devoir et l’honneur les plus profonds et personnels de ma vie », replace Spielberg dans sa judéité jusque là difficile à assumer. A 48 ans, la quatrième boucle cyclique de Jupiter (qui a maîtrise sur le Milieu du Ciel : l’expansion dans le monde) porte le cinéaste au delà de lui-même dans un mouvement philanthropique qui se concrétise dans la Shoah Fondation Institute destinée à recueillir partout sur la planète, les témoignages des survivants du génocide et de les diffuser aux jeunes générations.

SCHINDLERS

La liste de Schindler

Avec le temps, le cinéma de Spielberg s’est chargé d’inquiétude, passant de l’affect pur, joie, tristesse, frayeur, à l’expression du doute, de l’inconfort moral. A partir de la « liste de Schindler » et de »il faut sauver le soldat Ryan », avec  « intelligence artificielle » et « la guerre des mondes », quelque chose a été bouleversé, l’affect est amené à la conscience et le regard des personnages de ses films témoigne d’une blessure. Le don de soi, le sacrifice, transforment les héros, la guerre ouvre un espace vers la  spiritualité. Spielberg cherche dans des périodes tourmentées de l’Histoire, des conduites exemplaires,  des éclats de lumières au plus noir des épreuves. Il part du pire, la guerre et en  extrait du miraculeux sans doute porté par les mots du Talmud « Celui qui sauve une vie sauve le monde entier« .

Cinéaste étonnamment protéiforme, nourri par les films d’Hitchcock, de John Ford, d’Howard Hawks, de Kubrick,  il enchaîne les tournages, menant souvent de front des films très contrastés comme « Jurassic Park » et « la liste de Schindler », il lance des modes, des formes, une esthétique des films de guerre tandis qu’il est lui-même indifférent aux modes, réalise Tintin dont il partage les valeurs, dit-il, ou Cheval de guerre  en hommage aux chevaux sacrifiés pendant la première guerre mondiale.

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Cheval de guerre

Il dit en 1978 : « Plus je m’intéresserai à ce et ceux qui m’entourent, plus mes films acquerront de la profondeur. Et je pense que je ne deviendrai un bon cinéaste que quand j’aurai la capacité de prendre ce tournant, d’appréhender ce matériau émotionnel : partir d’un problème personnel et laisser ce problème personnel faire naître l’exaltation de créer. »  Tant de films ont été réalisés depuis qui donnent à cette phrase toute la densité prémonitoire de l’accomplissement d’un destin.

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